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LE LUTHERANISME. LES EGLISES LIBRES

Le luthéranisme, introduit en France sous Louis XIV, par la conquête de l'Alsace et du pays de Montbéliard, reconstitué officiellement comme le calvinisme par le décret de 1802 (1), ne laisse pas dans la suite de participer aux agitations du protestantisme français.

Au commencement du xix® siècle, le rationalisme prévaut dans le protestantisme, en Alsace comme en France. Mais, grâce à la souplesse conciliante de l'esprit alsacien, le Réveil lui-même en pénétrant dans le pays, avec ses ardeurs et ses foudres, n'y produira que des troubles passagers. Blessig et HaefTner qui le représentent, et plus tard le professeur Bruch, hommes d'intelligence et de carac-

(1) La première paroisse luthérienne de Paris, celle des Billettes, fut fondée en 1809.

tère, lui impriment leur marque. Sousleur direction, le rationalisme, tout en manquant de vie et de chaleur religieuse et même de notions chrétiennes bien précises, est fécond en œuvres sociales, écoles, patronages, sociétés d'évangélisation pour les protestants disséminés. Toutefois, une réaction se manifeste peu à peu contre la sécheresse de sa prédication et de ses formules.

En 1831, à Strasbourg, le pasteur Haerter qui l'avait d'abord professé, l'attaque résolument et y substitue une conception de la foi, plus vivante, analogue à celle du Réveil, sans en sortir directement. En 1842, sous l'influence d'Ami Bost, de la société de Genève, Haerters'adonne à de nombreuses œuvres de charité et de relèvement, entre autres, il fonde à Strasbourg une maison de diaconesses, qui avaient été créées par Fliedner en Allemagne. Luthérien sans étroitesse, Haerter collabore volontiers avec tous ceux qui entendent le salut et la vie chrétienne à sa manière. Un groupe nombreux le suit, dans lequel, toutefois s'introduit bientôt un esprit piétiste exclusif et étroit, qui suscite des dissensions et des querelles.

Vers la même époque, le pasteur Hornîng, d'un tout autre esprit, reproche à Haerter de négliger la doctrine confessionnelle de Luther en s'unissant aux réformés.

Regardant l'église locale comme le centre de l'activité chrétienne, Horning remet en honneur les

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