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LE LUTHÉRANISME

vieilles traditions ; confession de foi, cantiques ; il enrichit le culte de divers éléments liturgiques, qui passeront plus tard dans l'Eglise réformée. Sous son influence, l'église luthérienne de Paris devient confessionnelle avec Hoseman, Berger, Meyer.

Verny, son prédicateur le plus éloquent, reste étranger à ce mouvement. De là vint qu'on mit son orthodoxie en question, bien qu'il ne fût nullement rationaliste (1).

On a vu comment, quelques années plus tard(1850), la Revue de Strasbourg détermina un nouveau mouvement de critique sacrée qui, ramenant les études théologiques à l'interprétation scientifique des Ecritures et la foi au pur sens spirituel, mit le trouble au comble. Ces dissidences, cependant, tout en provoquant de grandes émotions dans l'Eglise, ne la divisèrent pas. En octobre 1871, sous le coup de la défaite nationale, elle vota avec enthousiasme, à la suite d'un rapport du pasteur Recolin, un appel à toutes les forces vives du protestantisme évangélique pour s'unir dans l'action nationale et chrétienne, indépendamment des dissidences de doctrines.

L'année d'après, le 23 juillet 1872, elle se réunit à Paris en un synode analogue à celui des réformés. Les luthériens de France, séparés par suite de la guerre de leurs frères d'Alsace, adoptent dans ce

(1) Verny mourut en chaire, à Strasbourg, en 1854,

synode les principes du régime synodal réformé en les combinant avec le système plus hiérarchique du luthéranisme (1). Adater de cette époque, les luthériens, au lieu de se livrer aux polémiques violentes des réformés, s'accordent à reconnaître l'unité de leur Eglise, fondée sous l'autorité des Saintes Ecritures et ils maintiennent intacte la Confession d'Augsbourg, laissée à l'interprétation de la conscience individuelle, comme la base historique et légale de la foi.

Ainsi, en dépit de quelques divisions théologiques d'ailleurs peu importantes, le luthéranisme continue à se développer en France, dans une tolérante fraternité.

Les Eglises libres nées du Réveil n'ayant pas, comme le calvinisme et le luthéranisme, un passé historique sur lequel elles pussent s'appuyer, ont formé entre elles, en 1849, comme on l'a vu, un groupe nouveau d'Eglises unies. Les facultés de théologie leur faisant défaut, elles constituent en 1856 une commission d'études en vue d'assurer à chaque groupe un ministère régulier. Composée au début de trois membres, MM. Rosseuw Saint-Hilaire, Edmond de Pressensé et Armand Delille, celte commission, siégeant à Paris, entretient avec les étudiants des relations régulières, leur accorde des

(1) D'autre part l'Eglise réformée emprante à l'Eglise luthérienne certains éléments de son culte mis en pratique au cours des années suivantes.

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