‹ L'évolution du protestantisme francais au XIXe siècleChapitre 7 sur 32 · DIVERGENCES DOCTRINALES. ORTHODOXIE ET LIBERALISME · texte numérisé non relu

DIVERGENCES DOCTRINALES. ORTHODOXIE ET LIBERALISME

Pendant la longue période de la persécution, le protestantisme français, absorbé par sa propre défense, n'avait pu suivre au dehors le mouvement des idées. Aussi, la théologie enlisée dans la pensée calviniste et oubliant la confrontation avec les Ecritures, expressément recommandée par le Maître, se résume dans une orthodoxie aussi absolue que celle du Vatican.

Le principe individuel delà Réforme devait pourtant bientôt reprendre ses droits.

A la fin du xviii® siècle, bien que les édits n'aient pas été rapportés, les mœurs adoucies tolérant la présence des chefs protestants à Paris, ils y accourent en vue de défendre leur cause et se trouvent mêlés aux débats philosophiques du temps qui la favorisent. S'ils rejettent résolument le matérialisme de V Encyclopédie, par contre le sentimentalisme

religieux du Vicaire savoyard, où ils retrouvent quelques grands traits de l'Evangile, les attire ; certains d'entre eux, le rapprochant de l'Ecriture, en tirent, au moyen d'une analyse extérieure des faits, une sorte de rationalisme chrétien qui, tout en modifiant la nature de la foi, en garde les formules. Les autres, plus nombreux, restent enfermés dans la tradition du xvi® siècle.

Telle est l'origine des divergences doctrinales qui, sous le nom d'orthodoxie et de libéralisme, vont partager en deux groupes distincts des hommes qui ont jusqu'ici travaillé de concert avec le même dévouement à la restauration de l'Eglise : les frères Rabaut, Daniel Encontre parmi les orthodoxes, et pour le libéralisme : Marron, Athanase Coquerel père qui en fera la théorie. Ces hommes ont chacun dans son groupe un caractère propre très marqué.

Tout d'abord les frères Rabaut, élevés au Désert, en gardent l'inefiFaçable empreinte : un esprit enclos dans la tradition, mais une âme forte, un dévouement absolu à la cause sainte. On les a vus partout sur la brèche au fort de la mêlée. Aussi, le temps leur manque pour se livrer aux spéculations de la pensée pure. Il leur suffit, à l'exemple des Pères, de combattre et de prier.

Daniel Encontre appartient à une famille huguenote originaire du Languedoc, dont le nom figurait déjà sur les listes de fugitifs nimois lors de larévoca-

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