‹ L'évolution du règne végétalChapitre 3 sur 132 · STRUCTURE FERMÉE DES FAISCEAUX CAULINAIRES · texte numérisé non relu

STRUCTURE FERMÉE DES FAISCEAUX CAULINAIRES

destinés à rester à tout jamais ce qu*ils étaient à Torigine. Ils descendent librement et profondément, dépassant dans cette direction la longueur de plus d*un entrenœud ou intervalle allant d'une feuille à Tautre. On conçoit que cette indépendance réciproque donne lieu à des combinaisons, à des entrecroisements et à des anastomoses. C'est en cela en effet que consiste la constitution propre des tiges monocotylées ; et les plus fermes, les plus érigées, ont dû certainement leur puissance au mode d'agencement* des faisceaux émis inférieurement et passant des feuilles dans Tintérieur de la tige, à mesure que celles-là se succèdent au sortir du bourgeon. La tige devient ainsi la résultante de ces émissions de faisceaux foliaires. De plus^ les faisceaux, le plus souvent très nombreux (il peut y en avoir au delà d'une centaine), d'une même trace ou provenance foliaire *, une fois à l'intérieur de la tige, ne s'y engagent pas uniformément; les médians dans leur trajet s'avancent plus loin et tracent en se recourbant, pour reprendre la verticale, une ligne plus convexe que les latéraux; et, comme cette marche inclinée, d'abord oblique, puis repliée sur elle-même et se dirigeant par une course inverse vers la périphérie, entraîne un entrecroisement forcé de tous ces faisceaux, les plus jeunes viennent, après avoir plus ou moins cheminé, s'accoler aux plus anciens vers la périphérie du tronc, de telle sorte qu'il se forme, à cette place, une zone cylindrique, d'une densité souvent très prononcée, composée de tous ces faisceaux accumulés en treillis. Seulement, comme ces faisceaux réunis n'ont chacun, pris à part, qu'une étendue limitée, l'effet général de ces entrecroisements a aussi une limite qui, une fois atteinte, ne varie plus, et ainsi la tige des Monocotylées, de ce type normal ou type des Palmiers, a pour caractéristique de croître en épaisseur pendant un certain temps et de conserver ensuite indéfiniment la dimension une fois obtenue et cela pour chaque partie déterminée d'une même tige.

Cette ordonnance des faisceaux caulinaires, libres et entremêlés, est donc une conséquence, pour ainsi dire forcée, de Tabsence de zone génératrice du cambium. Il en est tellement ainsi, que nous verrons cette même absence entraîner, par cela seul, des efTets absolument analogues, chez certaines Dicotylées, comme

1. Voy. Luersen, Medicinisch-pharmaceutische Botanik, H, p. 138 et suiv.

6 STADE AnGlOSPEHMIQUE. — HONOCOTTLÉES.

les Nymphéacécs, dont les faisceaux caulinaires, dénués de cambium, se comporlenl à la façon de ceux des Monocolylées, aoit qu'ils demeurent indépendants, soit qu'ils se soudent el s'anastomosent entre eux. — Des anastomoses variées, soit par soudures réciproques, soit par dédoublements et soudures réunis, ont lieu

Fiï. lÛS. Typrt caulinairrs aimparii rimM CmiiMjj/njf et dutu \jirip4 b ï — Lc> Hj^urei A et B. empronlécs à l'ouvrajte clusiqua de Bary nnr I Annlrmie compnm dti trgama dt la àgétalion. gont dcnlmét* k [oiro Toir l'anulogio qui rupproeh» W» Ugea dei Dicotylfes el de> Monocotylée», Aét que IM premiirei » Irouvcnt dépourvue», nomme Ici aecondes. do laua d'sccrnivDino.il curnbiogj^ns. — A. rcpréMnla la coupe IrinrtergalB d'une lige de Nil\aiJiiim ,'Nymphéocéo>) pratiquée k Iriven l'entre-niEud d'un

Tajiieaax afrieiu, de nombraui faiKeaui Ûbro-iaiiiulalrei', dislribuii dnna un ordre rayonnant et d'aprAi une .dispoxitlon ré^uJière. ddcralsuat de dimeniion et Bu;iineiilant rn nombre du eenlre k la cireonfôreooe. L«> faûceaui piripbériqueg >ont purenieni foliaires; le> intériaura MRt dci faiaceaui caulinairea. — B. coupn tranavenale d'un» lige jeune de Commélince {TtadHcanl'n nthifiim); au eentre. on diatinïne quatre [aia-

ciïectivement chez un certain nombre de Monocolylées, spécialement dans les Aroïdëes cL chez plusieurs Pandanées et Palmiers; <le même qu'en dehors du cylindre des faisceaux ordinaires, il peut s'en détacher qui se rendent dans l'écorce et descendent à travers celte région pour rentrer ensuite au milieu des autres. Ce sont là des conséquences directes de l'indépendance mutuelle des faisceaux foliaires, se prêtant, dans leur trajet à riolérieur de la tige, à un certain nombre de dispositions secondaires et de connexions acquises; l'ordonnance primitive une (ois admise, le

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