‹ L'évolution du règne végétalChapitre 39 sur 132 · MARCHE ÉVOLUTIVE DES QUERCINÉES · texte numérisé non relu

MARCHE ÉVOLUTIVE DES QUERCINÉES

unisexués, excluant Tandrogynie, inclinant les chatons mâles, tandis que Tinvolucre de la fleur femelle, devenue solitaire, réduisait graduellement ses bractées à n'être plus que de simples pointes ou des languettes appliquées contre la paroi extérieure de la cupule. C'est ce que Ton observe en effet dans les LepidobalanuSj les plus éloignés de tous les chênes actuels du point de départ originaire. Cependant, par le fait de Tatavisme, on rencontre assez souvent des Lepidobalanus dont les chatons mâles, redressés et devenus rigides, portent des fleurs androgynes, affectant ainsi une sorte de retour partiel vers le type dont ils émanent (voir la figure 124). Il est donc fort naturel que Ton ait à signaler dans la craie, à partir du cénomanien, de nombreux Dryophyllum, c'est-à-dire un type qui représente la tige commune des châtaigniers et des chênes. Ces Dryophyllum se montrent en Silésie, à Moletein en Moravie, mais surtout à Aixla-Chapelle et dans l'étage sénonien de la craie de Westphalie '. Le Dakota-group semble renfermer déjà un vrai châtaignier, le Quercus primordialis Lesqx. (voir la figure 125). Les chênes, s'ils existaient dans cette première époque étaient nouveaux et subordonnés; ils se montrent cependant sur l'horizon de la craie récente, soit dans la flore campanienne de Haldem en Westphalie, vers le moment du déclin des Credneria^ soit avec plus de certitude encore dans la craie récente de Patoot, au Groenland, où l'on observe de vrais Quercus tout à fait analogues à ceux du paléocène de Gelinden. Dans cette dernière localité, les chênes se montrent en abondance et d'une façon non douteuse, associés à des Dryophyllum qui sont, à notre sens, de véritables châtaigniers. Du reste, ces premiers chênes se rapprochent, par la morphologie de leurs feuilles, des espèces actuelles les plus analogues aux châtaigniers, spécialement de celles des sections Cerris et Cyclobalanus ; les formes assimi-

1. Voy. Ueber einige Dicotyl, d. Westfal. Kreidefàrm,^ von prof. D' Hosius (Palœont,, XV, tob. 12-16) el Die FL d, Wettfal. Kreideform., v. prof. Hosius und ly von der Marck; p. 60-64. — Les Dryophyllum, dans ces deux ouvrages, sont décrits sous le nom de Quercus et sous celui de Ficus, en ce qui concerne les formes à bord entier. — Voy. aussi le mémoire de M. le Dr Debey Sur les feuilles querciformes des sables d'Aix-la-Chapelle ; Bruxelles, 1881; — Essai sur Cétal de la végét. à P époque des marnes heersiennes de Gelinden; Bruxelles, 1873; et Revision de la flore heersienne de Gelinden; Bruxelles, 1878; par G. de Saporta et A.-F. Marion.

124 STADE AHGlaSPERHlQIIE. — DICOTVLÉBS PRIIimVES.

labiés à celles de l'Europe moderne et notamment les types à feuilleB caduques ne se montreroDt que bien plus tard. Ainsi, les notions retirées de l'étude des documents fossiles concordent avec la théorie en ce qui concerne les Cupulifères. Les Paginées et les Castanioées ont visiblement précédé dans le temps les Quercioées propres, encore indéterminées et flottantes.

L'attribution plus que probable des Polytxnia et Dewatquea aux Helléborées rend certaine l'existence de Renonculacées à fleurs régulières et à carpelles normalement au nombre de 5 à IS, réduits à 3 ou à â libres ou plus ou moins soudés entre eux, mais toujours distincts jusque dans le Trait. La transformation de ta feuille carpellaire est évidemment peu avancée dans cette section des Renonculacées qui représente bien le type floral le plus primitif dont les Polycarpées offrent l'exemple.

Nous en dirons autant des Magnoliœées, puisque les deux genres, dont la présence est constatée dans le cénomanien,

MACHOLUCÉES ET nTMPHtilNâES. iîB

Magnolia et Liriodendron, sont loin d'offrir les complexités, les soudures et les réductions qui caratérisent la plupart des genres compris dans les tribus des Schlzandrées, lUicinéee, Euptélées et Cannellées, rangées à la suite des Magnoliées propres '.

Les Nympbéacées sont à considérer et donnent lieu d'ailleurs aux mêmes coDclusions, puisque le Nelumbium, le seul genre de l'ordre des Nymphéinées, dont la présence soit absolument certûne dans la craie, est le seul aussi, en exceptant les Oabombées, qui présente des carpelles libres et distincts, bien que nicbés un

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