Bâillon, HiiU da PlanUi, 1, p. IBS-ISS
126 STADE ANGIOSPERMIQUE. — DICOTYLÉES PRIMITIVES.
à un dans des alvéoles creusées à la surface d'une expansion de Taxe floral, en forme de cône renversé (voir les figures 121 et 128). G*est là une combinaison organique qui a dû se réaliser de bonne heure et à une époque où les Nymphéinées n'avaient pas encore leurs carpelles réunis en un seul ovaire pluriloculaire. D'autre part, les feuilles peltées des 7Ve/iim6tiim résultent, à ce qull paraît, de la soudure des lobes auriculaires d'une feuille primitivement échancrée en cœur, soudure dont les Nymphaea font voir les divers degrés. Il s'agit donc d'un groupe dont la complexité croissante tient au rapprochement et à la soudure plus ou moins avancée de parties originairement libres. Cette soudure promptement efiectuée, en ce qui concerne les feuilles, chez les Nelumbium^ ne se réalise dans le gynécée que chez les Nymphxa^ pour atteindre son maximum avec les Barclaya, Euryale et Victoria, Dans ces derniers, les feuilles sont entièrement peltées, tandis que l'ovaire, enfoncé dans le réceptacle floral, devient infère; c'est une culmination. Au contraire, il existait encore, dans le milieu du tertiaire, un genre de Nymphéacées, Anœctomeria^ dont le fruit par la déhiscence naturelle de ses parois, dénotait les vestiges d'une soudure moins complète des éléments de la fleur que chez les Nymphxa proprement dits.
Quant au groupe immense des Légumineuses, il est facile de comprendre que la complexité croissante et les transformations successives ont eu pour conséquence la diversification de la fleur et avec elle du carpelle. C'est ainsi que la fleur, originairement régulière et hermaphrodite, s'est différenciée soit par la séparation des sexes, soit par l'irrégularité dans le groupement des parties, d'où la forme papilionacée est venue, soit enfin en rapprochant les fleurs sur des réceptacles ou des inflorescences des plus variés; tandis que, de son côté le fruit monocarpellé subissait tous les changements de forme et de consistance, toutes les réductions qui le caractérisent chez les Légumineuses.
En réunissant ces divers indices, on reconnaît, sans trop de peine, que les traces encore visibles d'une évolution relativement récente et en voie d'achèvement se découvrent dans l'examen des éléments de la végétation crétacée, tels que les documents fossiles nous les font voir.
Il faut bien s'arrêter dans cette direction, au risque de s'égarer