‹ L'évolution du règne végétalChapitre 58 sur 132 · COUP D^CEIL SUR L^ÉVOLUTION DES PHANÉROGAMES · texte numérisé non relu

COUP D^CEIL SUR L^ÉVOLUTION DES PHANÉROGAMES

inflorescence lobée et coriace, servant à protéger des fleurs polygames.

L'évolution, aux prises avec un type à la fois peu complexe dans ses éléments constitutifs et cependant très souple, peut entraîner les résultats les plus variés, sans sortir des limites d'un cadre déterminé. Cependant, s'il faut serrer la question, les vignes une fois détachées des Cisstis et formant à côté d'eux un rameau particulier, que restait-il de variable en elles et qui fût de nature par conséquent à servir à la différenciation des espèces? — Le contour des parties de la fleur, les détails du groupement de celle-ci en inflorescence, la forme de la graine, la consistance du fruit, le mode d' exfoliation de l'écorce, et finalement la découpure du limbe foliaire. Mais ce qui prouve que c'est bien à l'aide de dédoublements successifs que les formes se sont spécialisées, c'est que leur ensemble se subdivise en sections qui représentent, pour ainsi dire, les rameaux plus ou moins féconds en ramuscules auxquels l'espèce prototypique a donné naissance.

M. Planchon a séparé des Euvitis ou vignes propres les Muscaddnia dont le Vitis rotundifolia Michx. est le principal représentant et qui se distingue par ses baies se détachant une à une de la grappe à la maturité, son écorce non striée en long, mais recouverte de nombreuses lenticelles, enfin les rides qui marquent la face et le dos de ses graines. Un autre groupe, celui des vignes tubéreuses du Soudan, a reçu du même savant le nom A'AmpelO' Cissus * , parce qu'il semble destiné à rejoindre les Vitis aux Cissus et Ampélopsis, Leur souche tubéreuse et leur inflorescence qui tient du thyrse et de la cyme les rattachent à ceux-ci, tandis que leur fruit succulent les range plutôt auprès des Vitis, C'est là une section propre à l'intérieur de l'Afrique, où elle doit avoir acquis ses caractères, de même que les régions tempérées des deux continents ont donné naissance aux Euvitis ' ou vignes propres. Mais, après toutes ces oscillations et ces caractères de détail successivement fixés, que reste-t-il à l'espèce ou du moins aux collections de formes locales auxquelles on applique ce terme, sinon des nuances infinitésimales, plus ou moins arrêtées par l'hérédité?

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