CHAPITRE IX
INFLUENCE DES MILIEUX — CONSÉQUENCES DU REFROIDISSEMENT POLAIRE. — LES MIGRATIONS ET LES LOCALISATIONS
Si, depuis qu'il existe des plantes terrestres, le globe avait toujours conservé le même aspect physique et la même température, sensiblement égale de Téquateur au pôle, le règne végétal aurait peu changé ou, plutôt, il n'aurait donné naissance qu'à des variations locales et partielles, provenant de ce que l'uniformité n'aurait jamais été assez complète pour ne pas laisser se produire des diversités de stations, diversités que les époques primitives ont elles-mêmes comportées. Mais en dehors de cette diversité nécessaire du milieu ambiant, que le contraste entre l'habitat aérien et l'habitat aquatique a accentuée dès l'origine, nous savons qu'il a existé des changements qui n'ont cessé de se prononcer à travers les siècles et qui ont tenu, s'il faut les résumer, à trois causes principales : !<> la distribution géographique du sol émergé ; 2^ le relief de la surface, 3*^ enfin l'abaissement de la température et les oscillations climatériques.
Ce sont là les moteurs et les agents de toutes les différenciations morphologiques des plantes. C'est pour s'adapter aux accidents innombrables que ces trois ordres de phénomènes ont fait naître que les végétaux, et parmi eux les Phanérogames, se sont diversiGés à l'infini, et ces trois ordres, remarquons-le, au lieu d'opérer isolément, se sont presque toujours trouvés dans une dépendance mutuelleplus ou moins étroite.
La distribution géographique s'est combinée avec l'orographie