CHAPITRE PREMIER
STADE PROGYMNOSPERMIQUE
Les Sigillarinées. — Les Poroxylées. — Les Galamodendrées. — Les graines fossiles silicifiées.
L'étude de l'évolution des Cryptogames, exposée dans un volume précédent, a montré que les principales différenciations de cette catégorie de végétaux avaient leur raison d'être dans une division de plus en plus prononcée du travail organique. En effet, chez les plantes élémentaires ou « Protophytes », les fonctions les plus diverses se trouvent, pour ainsi dire, associées et confondues. Les cellules purement végétatives ne se distinguent ni par leur position, ni par leur structure propre, de celles qui sont affectées à la propagation, et les organes reproducteurs n'ont encore rien de rigoureusement localisé. .11 existe dès lors cependant plusieurs modes ou procédés de reproduction, les uns agames, les autres sexués ou par conjugation; mais ces divers procédés peuvent se suppléer, ou encore se trouver réunis dans toutes les régions d'un même agrégat cellulaire ou individu végétal défini. C'est là le point de départ incontestable de tout le règne; l'évolution est venue ensuite accomplir son œuvre, c'est-à-dire opérer la spécialisation des éléments originairement confondus et le végétal, devenu « métaphyte », a cessé de présenter des cellules susceptibles de se prêter indifféremment à tous les actes de la vie organique. C'est ainsi que les fonctions n'ont pas tardé à se localiser; de là, l'existence, même chez les « Protophytes » d'un rang tant soit peu élevé, de cellules reproductrices distribuées dans un
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ordre et à des places déterminés ; de là encore la distinction et la séparation de deux états reproducteurs, l'un agame, l'autre sexué; — de là enfin, chez les Métaphytes, l'apparition de deux appareils antagonistes, l'un purement végétatif et incapable d'une autre reproduction que la multiplication par agamie, autrement dite par spores; l'autre voué exclusivement à la propagation sexuée : le premier représenté par le sporogone, le second par le pro thalle. La division du travail organique ainsi établie chez les moins parfaites des « Métaphytes » a dû aller en s'accentuant et, par une marche continue, aboutir enfin à la disposition, on serait tenté de le dire, la plus ingénieuse.
Ainsi dégagés et agissant à la fois dans deux directions parallèles, sans plus jamais se confondre, les deux appareils poursuivent sans trêve leur développement respectif. Ce sont deux phases juxtaposées, pouvant se succéder, se toucher et même rester dans une mutuelle dépendance. La phase végétative, agame ou sporogonienne, acquiert donc à la longue tout ce qui ^tait de nature à accroître la force, l'étendue et la complexité des organes purement nutritifs; elle tend en un mot vers une culmination qui réalise les combinaisons les plus avantageuses •dont l'être phytique était susceptible à ce seul point de vue. — De son côté, la phase reproductrice sexuée, loin de demeurer stationnaire, ne cesse d'accomplir de nouveaux progrès, et le plus considérable de tous consiste pour elle à devenir de plus en plus exclusive. De même que le sporogone s'est constitué par l'élimination des parties sexuées, de même le prothalle s'amoindrit dans ses parties végétatives, se montre fugace, puis rudimentaire. Son rôle se restreint bientôt à la seule production des •éléments sexués, et cela au moyen de leur apparition hâtive, par l'atténuation graduelle des parties accessoires, enfin par la séparation des sexes placés désormais sur des prothalles ou supports différents.
Le progrès dans cette même direction ne s'est pas arrêté à ce stade; il a amené, comme une conséquence dernière, après l'atténuation, l'effacement des cellules purement végétatives du prothalle et finalement la perte de son indépendance, en tant qu'organe distinct. C'est ainsi que le prothalle, ne quittant plus la spore d'où il sortait à l'origine, a dû rester inclus et se confondre