ORGANES PRÉSUMÉS DES CALAMODENDRÉES
M. Grand'Eury a encore attribué avec probabilité aux Oalamodendrées , comme représentant leurs rameaux feuilles , cer* taines Astérophyllites dont l'aspect lui paraît différer de celui des Astérophyllites cryptogames, entre autres VA . longifolius Brngt. du carbonifère moyen dont les feuilles sont indivises, mais fines et très allongées; puis VA. densifolius Gr.,aux feuilles denses, coriaces, et aux verticilles assez rapprochés pour recouvrir Taxe. Il y rapporte encore les Astérophyllites sublongifolius et viticulosus, et il remarque dans les feuilles de ce dernier la présence de plusieurs nervures fines, égales et parallèles, caractère qui l'éloigné des vraies Astérophyllites, à feuilles toujours uninerviées.
Enfin, M. Grand'Eury a attribué en dernier lieu aux Calamodendrées, et plus particulièrement aux Arthropitys, des rameaux épars à feuilles verticellées coriaces et bifurquées, auxquels il donne le nom de Bryon (voy. fig. 17 et 18). Ces rameaux montrent distinctement dans plusieurs cas des rachis latéraux, sortis de l'aisselle des feuilles et constituant autant de chatons lâches, à Taxe desquels sont attachés des supports terminés à leur sommet par des sacs polliniques groupés en assez grand nombre et ouverts dans le sens de la longueur. C'est Là une structure tellement en rapport avec celle des chatons mâles de Salisburiées qu'il n'est pas besoin d'insister pour faire ressortir une aussi étroite analogie *.
Si des doutes, malgré tout, s'attachent encore au rapprochement des tronçons de tige des Oalamodendrées et des rameaux feuilles qu'on leur attribue, les mêmes doutes ne sauraient raisonnablement s'élever au sujet de la relation des parties caulinaires dont nous avons précédemment analysé la structure avec les organes végétatifs des Sigiliaires. Ici, l'incertitude porte seulement sur la vraie nature des organes reproducteurs encore très obscure. Mais, tout en tenant compte du contingent de lumière que l'on peut attendre des découvertes futures, il semble pourtant raisonnable d'avancer dès maiatenant, qu'avec les Sigiliaires nous abordons une série dont le développement a eu lieu sous une impulsion toute particulière. Le développement de cette
i. Voy. Grand'Eury, Feuilles et chatons des Oalamodendrées; — Associât, française, pour Vavanc. des sciences, Comptes rendus de la 7« session, p. 578-80.
48 PROGYMNOSPERMES. — SIGILLAR1ÉES.
série a été le résultat d'une évolution sans connexité d'aucune sorte avec celle d'où proviennent d'une façon générale les vraies Gymnospermes. Par les Sigillaires, il ne nous arrivera pas, comme avec les Galamodendrées, de toucher au stade suivant, ni de le côtoyer de plus ou moins près. En nous attachant aux Sigillaires, nous nous engageons plutôt dans une voie divergente; nous aboutissons à une impasse. Les caractères communs à ces plantes et aux autres Phanérogames que nous avons à signaler tiennent, il est vrai, à l'identité d'origine des uns et des autres, mais celle-ci est trop éloignée pour se refléter ailleurs que dans les lignes IeS plus générales de leur plan de structure. L'affinité cryptogamique dans une autre direction, se révèle chez les Sigillaires par des traits tout aussi caractéristiques *. Il ne faut jamais oublier, en traçant le tableau de leur organisation, que des vestiges reconnaissables de ces plantes accompagnent les Filicinées, les Calamités et les Lépidodendrées dans les plus anciennes couches où la végétation terrestre ait jusqu'ici laissé des traces.
M. Grand'Eury, en parlant de l'ensemble des Sigillaires dont il fait un ordre éteint sous le nom de « Sigillarinées », considère ce groupe comme le plus extraordinaire de ceux que renferme la flore du terrain houiller. Le même auteur, après Geinitz et
i. Il est juste de tenir compte, dans l'appréciation des Sigillaires, d'une observation toute récente due à M, R. Zeiller et qui a fait l'objet d'une note présentée par ce savant à l'Académie des sciences, le 30 juin 1884. — M. Zeiller a découvert chez M. Brun, directeur des mines de l'Escarcelle (Nord), toute une série de cônes fructificateurs de Sigillaires, se rapportant soit au S. elliptica Brn^t., soit au S. polyploca Bout. Sur ces cônes,conformes à ceux de Goldenberg, mais beaucoup plus grands, M. Zeiller a observé, entre les bractées qui les composent et vers la base brusquement dilatée et inférieurement cunéiforme de ces organes, des corps ronds très nombreux qui paraissent avoir été réunis par tétrades et qui, malgré leur dimension exceptionnelle, atteignant m ,002 de diamètre, ont été considérés par l'auteur de la découverte qui a pu les détacher et les examiner au microscope, comme représentant autant de macrospores, sans qu'il ait été possible de discerner aucune trace du sporange qui aurait dû les contenir. Ces macrospores supposées auraient été vraisemblablement recouvertes, sur la base atténuée en coin des bractées du strobile, par un tissu dont la destruction les aurait mises en liberté, à peu près comme chez les Isoetes. — La conclusion de M. Zeiller est que les Sigillaires seraient décidément des végétaux cryptogames; mais « le degré et la nature de cette cryptogamie seraient encore à déterminer. » {Note ajoutée au moment de l'impression.)