APPAREIL REPRODUCTEUR DES SIGILLAIRES
saïquede compartiments; mais la diversité même des organes reproducteurs ou Sigillariostrobus, observés par divers auteurs, par Dawson, par Goldenberg, par Grand'Eury, dans le voisinage des tiges ou en connexion avec elles, engage fortement à admettre l'existence de plusieurs genres qui tous auraient fait également partie du groupe des Sigillaires.
Fig. 22. — Écorce du Sigillaria tessellata Brngt., du groupe des Favulariées. — Les cicatrices, à contour hexagonal et strictement contigoès, sont disposées en files longitudinales latéralement conni- ▼entes et couvrent entièrement les cannelures. L'échantillon montre l'écorce costulée, dépouillée de ses coussinets et en dessous la surface de la tige entièrement décortiquée.
Fig. 23. — Appareil reproducteur des Sigillaires ou Sigillariostrobus. — Epi pédicellé, strobiliforme, cylindroide-allongé, formé de bractées lancéolées, coriaces, lâchement imbriquées, dilatées à la base en un support se u telle triangulaire, où sont fixés les organes reproducteurs. On a figuré, en a, une bractée isolée et deux scutelles avec des traces de corpuscules, macrospores ou microspores? (d'après Sehimper) .
Les rameaux fructifies consistaient en épis latéraux, prenant naissance vers le haut des tiges, sur les parties anciennes et déjà dépouillées de leurs feuilles. Ces organes étaient articulés à leur point d'insertion ; ils formaient autour de la tige une ou plusieurs rangées circulaires ou verticilles, espacés à des distances et dans un ordre qui variaient selon les types et les espèces.
82 PROGYMNOSPERMES. — SIGILLARIÉES.
C'est à la base de bractées ou feuilles plus ou moins transformées et dilatées inférieurement en scutelle que se trouvaient situés les corpuscules reproducteurs des Sigillaires, variables de forme, de taille, de disposition, et sur lesquels il a été impossible jusqu'ici de formuler une opinion bien nette.
M. Grand'Eury figure, comme ayant appartenu peut-être au S. spinulosa \ des feuilles fructifiées dont la base élargie et concave semble présenter l'empreinte d'une graine unique, comprimée et à contours anguleux.
D'autre part, les fragments de strobiles ou épis fructifères de Sigillaires, figurés par Goldenberg et reproduits par Schimper *, montrent des bractées dont la base scutellée supporte un groupe de spores tétraèdres, dont les unes seraient des macrospores et les autres plus nombreuses et plus petites des microspores. D'après cette manière de voiries bases dilatées des feuilles bractéales feraient ici l'office de sporanges, soit que les spores aient été insérées à découvert, ce qui est fort possible, soit qu'il ait existé, à l'exemple de ce que montrent les Isoétées, un voile tégumentaire très mince et facilement détruit. Selon M. Schimper, les macrospores offraient un diamètre de 1 1/2 à 2 millimètres, tandis que les autres corps que l'on suppose répondre aux microspores atteignaient au plus une dimension transversales de 1 millimètre. Comme le regretté savant strasbourgeois donne, après Binney, des figures très exactes de ces deux sortes d'organes vus sous divers grossissements, il paraît difficile de révoquer en doute la réalité de ses observations non plus que celles de Goldenberg sur lesquelles il appuyé les siennes. — Ces sortes de fructifications ont été attribuées par le dernier auteur aux Sigillaria tessellata Brgnt. et intermedia, c'est-à-dire à des espèces de la section Rhytidolepis.
Les feuilles normales des Sigillaires, longues, raides, étroites, pliées longitudinalement en gouttière, étaient parcourues de la base au sommet par une nervure médiane unique.
A côté des Sigillaires propres, M. Grand'Eury place, comme genre subordonné, mais distinct, celui des Syringodendron dont les tiges cannelées n'avaient que des cicatrices foliaires superfi-
1. FL carbonifère de Saint-Etienne, I, p. 163, pi. xiv, fig. 7.
2. Fl. sarap., tab. 10, fig. 1 et 2; — Schimper, Traité de pal. vég. y pi. 67, fig. 12 à 21.
STIGMARIA ET SYRINGODENDRON. 53
cielles, moins nettes et quelque peu différentes de celles qui marquent, chez ces plantes, la face sous-jacente décortiquée. Ces cicatrices sont solitaires ou géminées et ne semblent se rapporter qu'à des organes appendiculaires très faibles, peut-être même normalement avortés, comme ceux de nos Cactées; mais ce qui ajoute de l'intérêt à l'étude des Syringodendron, c'est la certitude de connaître leur appareil radiculaire, observé souvent en place par M. Grand'Eury et nommé par lui « Stigmariopsis », tandis que ce savant réserve le nom de Stigmaria au type depuis longtemps désigné sous ce terme et qui représente l'appareil radiculaire des vraies Sigillaires. Un très bel exemplaire déposé au musée de l'école des mines de Saint-Étienne montre un Syringodendron debout, passant inférieurement à une souche stigmarioïde ; les subdivisions de cette souche donnent lieu à des branches radiciformes plongeant dans une direction très oblique, inégales et rapidement décroissantes en épaisseur. Les cicatrices qui parsèment la surface de ce Stigmariopsis, dont nous avons un second exemplaire sous les yeux, se distinguent de celles des Stigmaria. Ellipsoïdes et comprimées, elles dénotent une insertion oblique des radicules, et la surface de Técorce, entre les cicatrices, se trouve marquée de rugosités fines et sinueuses qui la rendent comme chagrinée. L'identification de cette espèce avec le Stigmaria abbreviata Gold., du carbonifère de Dutweiler *, ne saurait être douteuse. M. Goldenberg voit dans son échantillon l'appareil radiculaire du Sigillaria rimosa *, attribution qui semble des plus naturelles. C'est à ce type du Sigillaria rimosa, que M. Grand'Eury a appliqué le terme générique de Pseudo-Sigillaria. Les tiges de cette sorte se rencontrant justement éparses dans la même carrière de Saint-Etienne d'où provient l'échantillon de Stigmariopsis abbreviata que nous possédons, on peut se croire autorisé à considérer tous les éléments partiels que nous avons passés en revue comme se rapportant en réalité à un même végétal dont ils représenteraient les diverses parties 8 .