IUd., tab. 6, fig. 1-2 et
3. Dans une étude récente (Etudes sur les Stigmaria, extr. des Ann. de c. géol.y t. XII), M. B. Renault, après avoir établi la nature rhizomatique des vrais Stigmaria et leur mode de végétation sous forme de stolons massifs, horizontalement étalés, pourvus concurremment de feuilles sou-
54 PROGYMNOSPERMBS. — SIGILLARIÉES.
Les Stigmariopsis, à l'exemple des vrais Stigmaria dont le St. fïcoides est le type, se terminent souvent en dehors par une souche massive, atténuée supérieurement en dôme, comme si elle n'avait donné lieu à aucun prolongement vertical ou que ce prolongement eût été épais et court. Cette apparence qui a donné lieu à d'étranges suppositions est encore plus prononcée chez les Stigmaria. Ceux-ci diffèrent, en apparence au moins, des Stigmariopsis par des ramifications plus nombreuses, plus allongées, plus régulièrement cylindriques et dirigées dans le sens horizontal. Les Stigmaria, souvent observés en place, se croisent, se superposent et sont toujours pourvus d'appendices fusiformes, distribués en quinconce et que l'on suppose avoir été de consistance charnue. Ces appendices ont été pris pour des feuilles par les uns, pour des radicules par les autres et chacune des deux opinions avait des arguments plausibles à invoquer jusqu'au moment où M. B. Renault est venu les concilier en démontrant * que ces organes présentaient, tantôt la structure foliaire et tantôt la structure radiculaire. Les appendices qui recevaient de la tige des cordons foliaires, toujours distribué» dans un ordre phyllotaxique parfaitement régulier, dominent parfois, à l'exclusion de tout autre, dans certaines parties du végétal souterrain, particulièrement à la partie antérieure. Le mélange des organes foliaires et des organes radiculaires ou enfin la présence exlusive de ces derniers se laissent reconnaître
terrai nés et de radicules, admet que ces plantes singulières, à mesure qu'elles produisaient des tiges verticales, pouvaient donner lieu à une souche pourvue d'un système purement radiculaire, plongeant et rapidement décroissant. Cet appareil, particulièrement propre à certaines Sigillaires, serait celui auquel M. Grand'Eury avait appliqué le nom de Stigmariopsis et qui servait de support aux Syringodendron. Ces derniers seraient alors des bases de tiges décortiquées, passant supérieurement au type des vraies Sigillaires. Les Stigmariopsis et Sytingodendron disparaîtraient ainsi de la nomenclature, sinon à titre de parties accessoires; ils représenteraient l'appareil purement rbizolde et la souche enracinée de certaines Sigillaires. — L'évolution aérienne des tiges de Sigillaires, d'après le même auteur, se serait produite beaucoup plus rarement dans les époques les plus anciennes. La vie souterraine, à l'aide d'un rhizome horizontal et submergé, aurait constitué l'état primitif et le plus ordinaire, chez les Sigillaires des périodes reculées. Plus tard, le type aérien aurait tendu à prévaloir, et les Sigillaires les plus récentes se seraient surtout manifestées sous cette forme.
1. Voy. B. Renault, Cours de botanique fossile, première année, p. 159- 160. Paris, 1881.
APPAREIL RHI20ÏDE DE SIGILLARIÉES. BS
dans d'autres parties. Il en résulte que les Stigmaria, au moins ceux du type Ficoides, étaient de véritables rhizomes pouvant vivre soutçrrainement d'une vie propre et émettre à certain moment, mais non pas toujours ni dans tous les cas, des tiges
Fig. 24. — Appareil rhixoide {Stigmaria) et développement végétatif des Sigillaires. — a, b et c représentent l'appareil rhizolde ou rhizome souterrain ramifié-dichotome des Sigillaires, connn sons le nom de Stigmaria {Stigmaria ficoides (Brngt.), d'après les figures de M. Grand'Enry. e montre un tronçon grossi dn même appareil avec les cicatrices d'insertion des organes appendiculaires qui répondent à de vraies feuilles charnues et submergées, comme les rhizomes qui les portaient et dont elles se détachaient, en donnant lieu à une cicatrice caractéristique. A ces feuilles (selon M. B. Renault), étaient associées des radicelles qui tantôt se mêlaient aux feuilles ou leur succédaient et tantôt garnissaient les prolongements rhizoides du Stigmaria. d représente une tige aérienne et verticale en voie de développement, surgissant d'une base stigmarioïde, d'après un exemplaire trouvé en place dans un tunnel près de FriedriohsthaJ. La tige aérienne, en se développant, produisait inférieurement de vraies racines et formait la souche, le plus souvent décortiquée, qui correspond aux Syringodendron. f représente l'écorce du Sigillaria Cortei Brngt., avec une feuille située près de la place qu'elle occupait naturellement,
aériennes et verticales, constituant les vraies Sigillaires. La structure anatomique du Stigmaria ficoides, examinée dans les plus petits détails, le démontre suffisamment par le rapport in-
56 PROGYMNOSPERMES. — GRAINES S1UCIFIÉES.
time qu'elle manifeste entre les deux catégories de tiges. Les différences ne proviennent que du rôle distinct qui leur était attribué, les unes demeurant ensevelies et traçantes au sein de la vase molle des marécages, les autres s'élançant en colonne à un moment donné pour se couronner d'un faisceau de feuilles et donner finalement le jour aux organes reproducteurs.
Ainsi, les Stigmaria formaient la souche permanente de la plante dont la Sigillaire représentait la production adventive; celle-ci rapidement évoluée, mais lente à se constituer, sortait d'un bourgeon souterrain configuré en dôme, peut-être susceptible de demeurer longtemps à l'état latent avant de s'allonger. Ce bourgeon se serait conservé dans quelques cas très rares.
La même particularité organique, consistant en ce que les tiges aériennes auraient pris naissance sur un rhizome souterrain, paraît avoir été commune aux Calamités, aux Lépidodendrées et aux Sigillaires. S'ensuit-il que celles-ci aient été des Cryptogames au même titre que les deux premiers groupes? Nous ne le pensons pas, et la structure intime de leurs tiges et de leurs rhizomes nous affermirait plutôt dans une opinion opposée. Elle nous découvre qu'il s'agit de plantes chez lesquelles les éléments histologiques étaient déjà distribués d'après une ordonnance à laquelle les Phanérogames n'ont elles-mêmes cessé de se conformer. Il est vrai que ces mêmes plantes confinaient encore aux Cryptogames par leurs organes reproducteurs, sans- que pourtant la mesure exacte de cette affinité ait pu être. déterminée jusqu'ici, faute de document précis et en l'absence de toute analyse microscopique de ces organes.
Mais on conçoit, à priori, que cette affinité présumée a dû se manifester par une structure des microspores presque semblable à celle de ces mêmes organes chez les Cryptogames. Cette microspore, mise en contact avec les macrospores peut-être déjà adhérentes à la superficie du support bractéal, a pu en opérer la fécondation avec ou sans l'intervention d'un anthérozoïde mobile. L'ovule macrosporique fécondé sur place se serait détaché plus tard à l'état de graine, en développant une sorte d'embryon. Telle est la série des phénomènes que l'esprit peut entrevoir. Il ne saurait être question que d'une conjecture, mais l'étude des grains de pollen fossiles qui va suivre tend à la confirmer, et les feuilles fructifiées avec empreinte d'une graine unique à leur base,