‹ L'évolution du règne végétalChapitre 22 sur 83 · GRAINES DE PROGYMNOSPERMES CONVERTIES EN SILICE · texte numérisé non relu

GRAINES DE PROGYMNOSPERMES CONVERTIES EN SILICE

figurées par M. Grand'Eury et rapportées par lui au Sigillana spinulosa *, lui prêtent un certain degré de vraisemblance. Ce qui est certain, c'est que par leur structure caulinaire les Sigillarinées nous transportent immédiatement au-delà des Cryptogames, en nous offrant un plan d'organisation nouveau, destiné à se développer graduellement ; mais, comme tout ce qui commence, ce plan comporte à la fois le germe des évolutions futures et d'inévitables liaisons avec l'état de choses antérieur.

Avant d'achever le tableau des caractères du stade progymnospermique, il noqs reste à insister sur la structure intime de certains organes reproducteurs, ayant appartenu à des végétaux de ce môme stade, organes isolés de leurs tiges et observés en grand nombre dans les couches du terrain carbonifère.

Ce sont des graines converties en silice, accompagnées de grains de pollen, recueillies soit auprès de Saint- Etienne, soit aux environs d'Autun. Leur analyse microscopique a été l'objet de magnifiques travaux de la part de M. A. Brongniart et de M. B. Renault, son élève et son continuateur. Ces graines offrent une structure des plus variées et des plus achevées, plus parfaite même à bien des égards par la complexité des tissus que celle des graines de beaucoup de Gymnospermes actuelles. Elles rappellent particulièrement, par le double système vasculaire de leur tégument, les organes correspondants des Cycadées, des Taxinées et surtout des Salisburiées. M. Brongniart les a distribuées dans un certain nombre de genres, sans tenir compte de leur rapprochement probable avec d'autres types déterminés de tiges et d'empreintes de feuilles ; mais ce rapprochement ne pouvant être opéré d'une manière certaine ou du moins très vraisemblable que pour un nombre restreint de ces graines observées au contact ou dans le voisinage des rameaux qui les portaient, il est plus naturel de les laisser provisoirement dans des genres spéciaux, en tenant compte des particularités qui les distinguent. Les genres établis par M. Brongniart sont divisés en deux groupes, l'un contenant les graines comprimées à symétrie binaire, l'autre réunissant les graines à symétrie rayonnante, c'est-à-dire polygones, ou circulaires. Le premier comprend les genres Cardiocarpus, Rhabdocarpus, Diplotesta, Sarcotaxus, Taxospermum et

i. Grand'Eury, l, c, I, p. 163, pU xiv, fig. 7 et 7 *.

58 PROGYMNOSPERMES. — GRAINES SI LICI FIÉES.

Leptocaryon ; dans le second se placent les Pachy testa, Trigonocarpus, Triptero8permum y genres trigonea;les Ptychotesta, Hexapterospermum, Polypterospermum, Polylophospermum à six parties ou côtés; les Eriotesta, Codonospermum^ à huit parties; enfin les Stephanospermum et JEthiotesta, dont la structure est toute particulière. On sait du reste, par l'exemple du Ginkgo,

Fig. 25. — Structure intérieure d'une graine de Progymnosperme , genre Siepkanos» permuta Brngt. — Coupe longitudinale d'une graine entière assez fortement grossie de Stephanospermum akenioidet Ad. Brngt. A l'intérieur du testa d ou enveloppe extérieure de nature cornée, on distingue, en 6, la membrane du sac embryonnaire. Cette membrane, détachée du nuoelle dans le haut, est tendue horizontalement de manière à laisser un espace vide ou cavité intérieure, qui constitue la chambre pollinique, c, et renferme plusieurs grains de pollen, p. — Ces grains de pollen ont dû s'introduire par le canal micropylaire, mi, creusé dans la partie supérieure du testa terminé en pointe aiguë . A l'intérieur du sac embryonnaire , on distingue l'endosperme ou albumen qui représente un prothalle inclus et laisse voir, à son bord supérieur, les traces de deux corpuscules ou archégones, organes femelles destinés à recevoir l'imprégnation fécondante par l'intermédiaire de la vésicule pollinique, provenant de la germination des grains de pollen. Ici les grains de pollen se rapportent à une époque antérieure aux préliminaires de la fécondation qui n'est pas encore opérée. Seulement un degré plus fort de grossissement les montre, en p p, subdivisés à l'intérieur en un corps pluricellulaire. Cette subdivision, correspondant au prothalle mâle, ne se produisait, à ce qu'il parait, qu'au sein de la chambre pollinique, et lorsque l'ancienne graine était déjà détachée de la tige.

avec quelle facilité les graines à deux carènes peuvent passer à la forme triangulaire. Cette multiplicité de formes est en résumé bien en rapport avec les variations secondaires, inhérentes au plan caulinaire, que nous avons constatées dans notre revue des tiges des Progymnospermes. En examinant cette foule do

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