GRAINS DE POLLEN DES PROANGIOSPERMES
linique ménagent un accès, le contact des élément* mâles; — ces derniers ont aussi une signification importante.
Les grains de pollen, à peu près unicellulaires chez les Angiospermes, bi-tricellulaires chez les Gymnospermes, se montrent nettement pluricellulaires chez les Progymnospermes. Ils présentent ainsi la trace certaine du mouvement évolutif auquel ils ont cédé et qui a opéré en eux la réduction graduelle de parties devenues inutiles. Cette subdivision intérieure en plusieurs cellules est visible dans tous les grains de pollen de l'âge carbonifère, observés jusqu'ici soit à l'intérieur des ovules convertis en silice, soit isolément dans les magmas siliceux. Elle représente incontestablement le prothalle mâle inclus, en voie de déclin et sur le point de devenir rudimentaire. Il n'est pas vraisemblable effectivement, bien qu'il n'y ait pas d'impossibilité à le concevoir, que le corps cellulaire de l'endospore mâle fût encore destiné à donner naissance à des anthérozoïdes. L'intervention du mamelon nucellaire et les indices de passages ou canalicules qui semblent avoir conduit de ce mamelon aux corpuscules impliqueraient plutôt le contraire et il semble admissible que les grains de pollen fossiles, lors de la rupture de l'exine, aient dû livrer passage à une vésicule provenant de l'une des cellules absorbant le contenu protoplasmatique de toutes les autres. Mais le processus fécondateur des grains de pollen progymnospermiques nous étant inconnu, il vaut mieux s'en tenir à ce qui a été constaté à leur égard, grâce aux observations de M. B. Renault.
Leur dimension en rapport avec leur complexité endosporique est des plus remarquables. D'après des documents que nous devons à la bienveillance de M. Renault, des grains de pollen observés en grand nombre dans la chambre pollinique d'un Pachy testa atteignent jusqu'à un demi-millimètre, sous leur plus grand diamètre, c'est-à-dire qu'ils excèdent huit fois et demi les grains de pollen des Mélèzes qui sont les plus gros de ceux des Conifères et près de douze fois ceux des Cycadées, des Salisburiées ou des Éphédrées. Les grains de pollen des Dolérophyllées sont presque aussi gros que les précédents; ils présentent sur une de leurs faces un double sillon longitudinal qui répond aux lignes selon lesquelles s'opérait, dans cette espèce, la déhiscence de l'exine. Les grains de pollen d'un sEthiotesta, déjà plus petits, ont cependant leur grand axe huit fois plus long que celui des
Fig. 28. — Structure et dimension comparées des grains de pollen des Progymnospermes paléozoïques et de ceux des Phanérogames actuelles. — Pour faciliter la comparaison, les grains de pollen depuis A jusqu'à J ont été représentés sous un même grossissement, d'environ cinquante fois. Les grains de pollen A, B, C, D, E, sont fossiles et appartiennent à des types paléozoïques. Les grains de pollen F, G, H, 1 et J sont ceux de Gymnospermes vivantes et choisis parmi les plus gros; — A, grain de pollen d'un Dolerophyllum, recueilli sur l'appareil mâle présumé de ce type. On distingue à sa surface deux sillons dans le sens desquels s'opérait la déhiscence et, à l'intérieur, les traces d'une division pluricellulaire de l'endospore ; il en est de même pour tous les grains paléozoïques. — B, grain de pollen observé dans la chambre pollinique d'un Pachytesta ; il représente la plus forte dimension qui ait été encore constatée. — C, autre grain de pollen observé dans la chambre pollinique d'un Pachytesta, associé à plusieurs autres de nature diverse. — D, grain de pollen renfermé dans la chambre pollinique d'un ASthiotesta; la division cellulaire est très visible dans l'original. — E, grain de pollen dont le tégument est rompu à l'aide d'une fente longitudinale, observé dans la chambre pollinique d'un Codonospermum. — F, grain de pollen d'un Larix. — G, id., d'un Thuya. — H, id., du Ginkgo. — I, id., d'un Ceratozamia. — J, id., de YEphedra campylopoda. Ce dernier présente à sa surface trois sillons longitudinaux marquant le sens selon lequel s'opère la déhiscence. Tous les autres laissent voir à leur base la trace d'une subdivision cellulaire, dernier vestige de l'endospore pi uricellu- « laire des grains de pollen paléozoïques. — K, grain de pollen très fortement grossi d'un Cordait es, observé à l'intérieur de la chambre pollinique de l'ovule d'une espèce de ce type. Sous un tégument ûnement réticulé à la surface, on dislingue la division cellulaire centrale qui commence à s'effectuer. La dimension, sur la ligne du plu grand diamètre, mesure un douzième de millimètre. — L, contour d'un autre grain de pollen rencontre dans l'ouverture micropylaire d'un Pachytesta. On distingue l'exine ou tégument extérieur résistant, l'intine repliée sur elle-même et, dans l'intérieur, quelques divisions cellulaires. Ce grain de pollen mesurait un diamètre réel de 1/2 millièmtre. — Les figures précédentes sont dues à M. B. Renault, qui a bien voulu les exécuter à notre intention.