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ORGANES REPRODUCTEURS DES DOLÉROPHYLLÉES

grains de pollen disséminés; néanmoins la vraie nature de ces * résidus serait restée forcément ignorée, si M. Renault n'avait découvert un fragment des mêmes organes, converti en silice et offrant sa structure intérieure en parfait état de conservation. On voit, en examinant cette pièce sous le microscope, les logettes se présenter sous la forme de canaux ou cavités étroites,

Fig. 36. — Grain de pollen fortement grossi d'une Dolérophyllée. — A, grain de pollen vu par-dessus, présentant un double sillon longitudinal destiné à faciliter la déhiscence. — B, coupe transversale du même, montrant à l'intérieur la subdivision cellulaire, qui correspond à un prothalle inclus (d'après M. B. Renault).

Fig. 35. — Appareil mâle ou Androphylle des Dolérophyllées . — D'après une empreinte moulée qui reproduit i'aspeci de l'ancien organe et laisse voir, à la surface d'un androphylle discoïde, de nombreuses rangées de logettes à pollen, disposées en séries rayonnantes et constituant autant de canalicules ou cryptes engagés dans la substance de l'organe et renfermant les grains de pollen reproduits par la figure 36 (d'après les indications de MM. Grand'Eury et B.

Renault).

inclus dans le tissu parenchymateux de l'organe et renfermant des grains de pollen régulièrement disposés et remarquables par leur grosseur relative. Chacun de ces grains de pollen a dû s'ouvrir par une double déhiscence, selon deux sillons longitudinaux très reconnaissables. Dans leur intérieur, on distingue très clairement une formation pluricellulaire, le nombre des cellules pouvant s'élever jusqu'à 16.

On doit faire ressortir ici, comme ayant une réelle importance, la dimension relativement énorme du grain de pollen, sa

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forme ovoïde et les deux plis longitudinaux, destinés à favoriser la déhiscence, enfin la structure intérieure pluricellulaire et la régularité de ces cellules prothalliennes assez égales pour faire douter que Tune d'elles ait pris le dessus sur les autres, pour s'allonger en tube fécondateur servant à déverser le contenu protoplasmique.

D'après un échantillon dont la découverte est due à M. Grand'- Eury, l'appareil fructificateur des Dolérophyllées consisterait en une bractée orbiculaire et coriace, atténuée en un onglet d'in-

Fig. 37. — Appareil fructificateur présumé des Dolérophyllées. — Cet appareil, recueilli par M. Grand'Eury dans les lits charbonneux de Saint-Etienne, comprend, en A, on support ou carpophylle en forme de bractée écailleuse, et, en B, une graine détachée, semblable par son apparence à celles des Bhabdocarpus (gr. nat.).

sertion à la base et présentant dans son milieu, un peu audessus de cette base, une partie creusée en alvéole où se trouvait implantée une graine ovale, épaisse, à tégument filamenteux et dont l'aspect rappelle celui des Bhabdocarpus. Nous figurons ce curieux organe dont l'attribution demeure cependant entachée de quelque doute. On voit, en admettant la réalité de ces faits, qu'ici les logettes en forme de conceptacles tubuleux, semiinclus, dans le parenchyme foliaire, correspondent bien à des microsporanges dont les grains de pollen sont assimilables à de

APPAREIL FRUCTIFICATEUR DES DOLÉROPHYLLÉES. 77

vrais microspores par leur rôle, comme par leur structure et leur dimension relativement considérable. L'appareil femelle montre de son côté une macrospore unique posée sur une feuille faiblement transformée qui lui sert de support; la macrospore germant sur place est devenue une véritable graine et la bractée axillante a la signification d'une feuille carpellaire ; elle supporte et entoure l'ovule et persiste à sa base. Ces divers caractères nous transportent # dans un âge et nous découvrent une famille de plantes, où le passage de l'organisation cryptogamique à la phanérogamie, déjà opéré, était cependant encore récent et gardait plusieurs traits de l'état antérieur partiellement modifié.

Ce que l'on doit surtout remarquer, c'est une transformation incomplète de la feuille qui supporte les organes reproducteurs, caractère que nous remarquerons dans les Cycadées. Ici le limbe demeure reconnaissable ; il ne supporte qu'un seul ovule dans le sexe femelle ; mais, dans l'autre sexe, les organes fécon* dateurs ou microsporanges (sacs ou loges à pollen) recouvrent l'une ou l'autre des deux surfaces, en nombre indéfini. Plus tard nous verrons au contraire ce nombre devenir défini, puis tendre à se restreindre, et la feuille se transformera'en un simple support ou androphylle. Mais, dans cette voie il existe une gradation, même en dehors des formes fossiles, et les feuilles fertiles des Cycadées présentent à cet égard une moindre réduction des éléments organiques insérés sur elles que les androphylles des Conifères. Ces dernières, à leur tour, n'atteignent pas la transformation, ni la réduction, qui distinguent les feuilles staminales des Angiospermes. En nous plaçant à ce point de vue, il nous semble probable que les Dolérophyllées aient correspondu à l'un des termes partiels du stade progymnospermique, dont elles nous traduiraient fidèlement l'aspect.

C'est auprès des Dolérophyllées qu'il convient de placer selon nous, un type moins' connu, mais peut-être plus curieux encore, celui des Cannophyllitées de Brongniart (Megalopteris Daws.). Les Cannophyllitées semblent être vis-à-vis des Dolérophyllées ce que les Stangeria actuels sont aux autres Cycadées. Leurs feuilles, qui atteignaient de grandes dimensions, étaient partagées en de nombreux segments, unilatéralement émis et pourvus d'une côte médiane. Ces segments, dont le

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limbe inférieureraent décrurent, souvent élargi dans la partie moyenne, était occupé par des nervures obliques, très nombreuses et ramifiées par dichotomie , rappelaient par leur aspect les organes foliaires des Cannées. On dirait en les voyant des feuilles de Scitaminées, subdivisées en segments secondaires d'après une ordonnance pédalée.

Brongniart, après avoir attribué aux Cannées, sous le nom de Cannophyilites Vifieti S un fragment de feuille provenant du carbonifère de Maine-et-Loire, en avait observé d'autres semblables dans le cuira de Bretagne (mine de Kergogne) et ailleurs. Ces divers fragments sont génériquement assimilables au Megalopteris Dawsoni Hart. *, du précarbonifère de TAcadie et du New-Brunswick, ainsi qu'aux Megalopteris Southwelii, fasciculata, abbreviata et marginata Lcsq. 8 , du carbonifère des États- Unis. On voit qu'il s'agit d'un type partout assez rare, plus particulièrement caractéristique de la partie ancienne du carbonifère, mais dont l'existence a dû se prolonger ensuite plus ou moins longtemps. Brongniart, dans son Tableau des genres de végétaux fossiles (p. 92), parle de fructifications observées par lui sur une de ces feuilles et qui seraient de nature à les faire reporter parmi les Fougères, à côté des Asplenium; mais nous avons pu nous assurer que c'était là une erreur d'appréciation, basée sur une fausse apparence, et la consistance coriace, le mode de partition, Fépaisseur du rachis principal et sa structure fibroligneuse, la disposition même des nervures secondaires, au lieu d'annoncer une filicinée, dénotent plutôt les organes foliaires d'une plante phanérogamique. Il est vrai que cette plante ne saurait être comparée directement à rien dans la nature actuelle; elle rappellerait pourtant de fort loin les Stangeria et se rattacherait de plus près aux Dolérophyllées. mais surtout aux Psygmophyllées, dans lesquelles nous penchons à reconnaître des formes alliées aux Salisburiées prototypiques.

Nous n'insisterons pas davantage sur un groupe qui conserve malgré tout quelque chose de problématique, mais que des observations nouvelles finiront sans doute par mettre en lumière,

En tenant compte de l'épaisseur du rachis principal, le long

i. Voy. BrongniarJ, Prodr., p. 129 et 430,

2. The foss. pi. of the Devon. andupp. SU. form. of Canada, p. 51, pi. 17.

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