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Léo Lesquereux, CoaUFL ofPensylv., pi. 14, fig

CANNOPHYLLITES VIRLETI BRNGT. 79

duquel se distribuaient des segments secondaires unilatéraux, les feuilles du Cannophyllites Virleti Brngt. mesuraient certainement une longueur totale de plusieurs pieds; elles dénotent ainsi la puissance des tiges dont elles étaient une dépendance.

Fig. 38. — Cannophyllites Virleti Brngt. — Fragments détachés d'une fronde de grande dimension : A et B, deux segments pourvus d'une côte médiane, avec des nervures obliques et très nombreuses, s'étendant jusqu'à la marge du limbe. CC, autre fragment, provenant de la partie inférieure de la fronde et montrant les deux faces du môme échantillon. On distingue latéralement une côte large et saillante, accompagnée, d'un seul côté, d'un lambeau replié sur lui-même et occupé par une multitude de nervures très rapprochées, qui suivent une direction oblique (1/2 grand, nat.).

Les Cordaïtées et les Salisburiées prototypiques.

A côté des Dolérophyllées, mais avec plus d'éclat, une autre branché progymnospermique avait pris naissance de bonne heure au sein de la végétation carbonifère et avait persisté en s'accen tuant et se ramifiant. Cette branche, dont la force s'était

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accrue, parvint à son apogée de splendeur dans la dernière moitié de l'âge des houilles, pouf disparaître ensuite lors du permien; c'est celle des Cordaïtées, particulièrement intéressante, non seulement parce qu'elle est bien connue, mais aussi parce que, toute distincte qu'elle est des Gymnospermes propres, elle tend cependant à s'en rapprocher beaucoup. Ce groupe marque, à vrai dire, une sorte de « summum » de puissance et de complexité organiques dans le stade progymnospermique ; il constitue dans une direction spéciale le plus haut degré de développement acquis par les végétaux de ce stade, à une époque où les Taxinées étaient absentes ou à peine en voie d'évolution, où les Conifères étaient rares et entièrement subordonnées, et où les Cycadées elles-mème demeuraient reléguées dans l'obscurité. On peut dire que la chute définitive des Cordaïtées, laissant un très grand vide, ouvrit la voie aux Gymnospermes, c'est-à-dire aux Cycadées et aux Acîculariées, réduites jusqu'alors au rôle le plus insignifiant, et devint la cause de leur rapide extension.

Les Cordaïtées ont été longtemps méconnues ou confondues avec d'autres végétaux, sous les noms de Poacites, Pychnophyllum, Nœggerathia; elles n'ont été bien définies qu'à la suite des travaux de M. Grand'Eury, auxquels ils est juste d'associer les découvertes récentes de M. L. Lesquereux et pardessus tout les belles études de M. Renault. Ce dernier savant a déterminé, au moyen d'échantillons convertis en silice, la structure du bois, des feuilles et des organes reproducteurs des Cordaïtées.

C'étaient des arbres puissants, variés en dépit de leur apparente uniformité, distribués en plusieurs genres et constituant par conséquent une famille distincte. Il est pourtant difficile de la classer parce qu'elle s'écarte à divers égards de celles que nous connaissons, tout en manifestant des points de contact non équivoques et des traits communs de structure avec les Cycadées d'une part, avec les Taxinées et même les Gnétacées, de l'autre. C'est à une distance égale de ces trois familles, parallèlement a elles, et sur un niveau de perfection organique des plus élevés, que les Cordaïtées doivent être placées. Elles restent inférieures, malgré tout, aux véritables Gymnospermes par suite des caractères archaïques qu'elles retiennent et que manifeste principalement leur processus embryogénique. On ne saurait admettre,

LES CORDAÏTÉES. 81

en constatant la transformation très avancée de leurs organes, que les Cordaïtées aient donné lieu à aucun rejeton direct ; le plus sûr est de les considérer comme représentant une branche aînée, plus hâtivement développée, issue du tronc commun d'où les Salisburiées et les Taxinées, ainsi que les Conifères, auraient latéralement émergé, tout en suivant une direction différente et en traversant d'autres termes successifs d'évolution. Mais ici, et pour le moment, nous n'aurons en vue que les seules Cordaïtées,

Fig. 39. — Organes et port caractéristique des Cordaïtées — A, feuille complète du Cordaites lingulatus Gr., d'après un échantillon de Saint-Etienne. — B, feuille complète de Cordaites pnncipalis Gein. — Ces feuilles, réduites de moitié, ont été choisies parmi les plus petites du genre. — C, tronçon de rameau d'une Cordaïte montrant, à des distances régulières, les cicatrices laissées par la chute des feuilles, c i; en f, une feuille encore en place ; en a a, plusieurs appareils fructificateurs ou axes munis de graines situées à l'aisselle d'autant de bractées ; on voit, en m, un appareil mâle. Tous ces appareils sont distribués sur le rameau' sans relation déterminée avec les feuilles (d'après M. Grand'Eury, 1/2 gr. nat.).

Leur tige n'était pas simple ou presque simple, comme celle

des Sigillaires et des Cycadées, ni pourvue d'axes secondaires

verticillés autour du principal, comme celle des Calamoden-

drées; mais elle donnait lieu à de nombreuses ramifications

Phanérogames. i. — 6

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successives, provenant, à ce qu'il semble, d'une ordonnance sympodiale, indéfiniment répétée et plus ou moins confuse. Quelques-unes de ces tiges devaient être énormes, puisque les feuilles qu'elles portaient mesuraient parfois une longueur de plusieurs pieds. Ces feuilles charnues ou coriaces, plus rarement minces et souples, au moins relativement, étaient pourvues de nervures longitudinales très nombreuses, parallèles ou faiblement divergentes et parfaitement égales entre elles. Il existait trois sortes de feuilles, et ces trois types foliaires dénotent autant de genres en réalité bien distincts ; dans le premier, le limbe est élargi et •tronqué en rond au sommet; dans le second, il se termine en une pointe un peu inégale ; il est étroit et longuement linéaire dans le dernier : ce sont les Cordaites, les Dory-Cordaites et les Poa-Cordaites de M. Grand'Eury, distinction fort juste qui n'a rien d'arbitraire ni d'artificiel. Les Cordaites vrais, à limbe foliaire tronqué au sommet, représentent pourtant le type normal, celui qui semble avoir persisté avec le plus de constance, tout en donnant naissance à des déviations partielles, que M. Lesquereux a eu soin de mettre en lumière et qui mènent assez vite à des formes dont l'analogie morphologique avec les Salisburiées ne saurait échapper. Les feuilles après leur chute donnaient lieu à des cicatrices transversalement discoïdes ou bien arquées et ellipsoïdes, dessinant parfois une saillie soutenue par un coussinet promptement décurrent. Ces cicatrices étaient disposées dans un ordre quinconcial.

C'était entre les feuilles, immédiatement au-dessus d'elles, que se développaient, sous forme de grappes simples spiciformes, plus rarement composées, garnies d'épillets généralement insérés dans un ordre distique, les régimes qui constituaient les organes reproducteurs des Cordaïtées. Les graines que portaient ces inflorescences à l'état de maturité affectaient des formes et des aspect très divers. Elles ont été de la part d'A. Brongniart et de MM. Grand'Eury et Renault l'objet d'un examen, d'autant plus difficile, qu'aux graines propres des Cordaïtées se joignaient évidemment, au sein des gisements carbonifères, d'autres graines appartenant à des groupes voisins encore qial définis ou dénotant la présence soit de Cycadées, soit de Taxinées ou même de Conifères.

Les vestiges de Cordaïtées en place, dans le sédiment de la

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