‹ L'évolution du règne végétalChapitre 35 sur 83 · STRUCTURE ANATOMIQUE DES GYGADÉES · texte numérisé non relu

STRUCTURE ANATOMIQUE DES GYGADÉES

présente, du centre à la circonférence, cinq zones successives qui sont : la moelle centrale, l'anneau du bois primaire, la région libérienne du bois secondaire, le parenchyme cortical et enfin Phypoderme ou zone d'accrescence périphérique. En dépit de quelques analogies de détails, c'est là un plan caulinaire qui n'a rien de commun avec celui des Conifères, encore moins avec celui des Angiospermes, soit Monocotylées, soit Dicotylées. Mais si, à la croissance rapide, à la tige élancée et aux

Fig. 49. — Structure anatomique d'une foliole de Bowenia. — Coupe transversale (perpendiculaire au plan du limbe) montrant, entre les deux épidermes, un tissu parenchymateux, entremêlé de nombreuses cellules scléreuses et dépourvu de canaux gommeux. On distingue, en f /", deux faisceaux doubles, c'est-à-dire formés de deux parties, l'une centripète, l'autre centrifuge, encadrant des éléments spirales très petits (d'après un dessin de M. B. Renault, sous un grossissement d'environ cinquante fois).

ramifications multiples qui caractérisent les Gordaïtées, on substituait par la pensée la lenteur de développement, Taxe simple et les bourgeons solitaires ou peu nombreux des Gycadées, il suffirait de cette substitution pour faire ressortir aussitôt, entre le type paléozoïque aujourd'hui éteint et celui qui est venu jusqu'à nous, l'analogie la plus étroite et la plus saisissante. Toutes les régions que nous avons énumérées plus haut se retrouvent dans la tige des Cordaïtées; il n'y a de différence que dans leur étendue proportionnelle et le bois cortical du genre fossile n'affectait pas, à ce qu'il semble, d'une façon aussi régu- Uère, la distribution en zones concentriques qu'il présente dans les Cycas et qu'il doit à l'extrême longévité de ces végétaux, jointe à la lenteur de leur végétation qui ne se prononce que d'une façon intermittente. Le contraire existait chez les Cordaïtées et les lacunes transversales de leur région médullaire attestent l'activité de leurs fonctions végétales, obéissant pour ainsi dire à un essor continu. Ce sont là des divergences de détail dues à des circonstances et à des aptitudes particulières, mais qui voilent à Phanérogames. i. — 7

peine des analogies fondamentales dont il est difficile de méconnaître la réalité.

Ainsi, les Cycadées, par la structure anatomique de leur tige, touchent directement au stade progymnospermique ; il nous reste à voir ce que dénotent leurs feuilles et leurs organes reproducteurs.

Fig. 50. — Structure anatomique d'une foliole de VEncephalartos horrida. — Coupe transversale (perpendiculaire au plan du limbe) montrant la fermeté des deux épidermes, renforcés par plusieurs rangées de cellules hypodermiques à parois épaisses et, en haut, au-dessous des cellules hypodermiques, une rangée de cellules palissadées qui augmentent cette densité. Entre ces deux couches, s'étend une région parenchymateuse en partie lacunaire, qui comprend un grand canal gommeux g, placé au-dessus et au milieu de deux faisceaux ûbro-vasoulaires, fg, entourés chacun d'une rangée irrégulièrement circulaire de cellules scléreuses (d'après un dessin de M. B. Renault, sous un grossissement d'environ soixante fois).

Les Cycadées portent des feuilles pinnées, c'est-à-dire pourvues de segments distincts, insérés sur les côtés d'un support ordinairement simple, beaucoup plus rarement divisé (genre Bowenia). Mais si Ton considère, d'une part, la nature des feuilles primordiales et, de l'autre, l'apparence des androphylles et des carpophylles qui ne sont que des organes foliaires modifiés pour servir de supports aux parties sexuées, on est conduit à admettre que les feuilles des Cycadées ont dû être originairement soit entières et simples, soit plus probablement lobées ou incisées le long des bords (Cycas, Zamia) ou bien encore pourvues d'un limbe biparti (Ceratozamia). Il est impossible de ne pas remarquer l'affinité de ces feuilles primitives présumées, avec celles de certaines Cordaïtées anomales et des Salisbûriées prototypiques. L'analogie de structure qui relie les feuilles de ces

Page 1