‹ L'évolution du règne végétalChapitre 37 sur 83 · ORGANES MÂLES DES GYGADÉES · texte numérisé non relu

ORGANES MÂLES DES GYGADÉES

là du"reste le degré de simplification le plus grand dont les Phanérogames puissent donner l'exemple et par une juste consé-

Fig. 53. — Organes mâles des Cy codées. — A, androphylle ou écaille détaché d'un slrobile mâle du Cycas revoluta Thb., vu par la face dorsale, pour montrer le mode de groupement des sacs polliniques ou microsporanges. On distingue, en a, une portion dénudée qui laisse voir les points d'attache, sur lesquels los logettes se trouvent groupées quatre par quatre ; en /, une des logettes grossie qui montre l'enroulement en cornet qui suit la déhiscence. — B, androphylle d'un Macrozamia, vu de dos, comme le précédent, et montrant les logettes distribuées en rosettes ou agglomération de 3-4-5, la plupart ouvertes ; l 1, logettes agglomérées et grossies, après leur déhiscence. — C, grain de pollen du Macrozamia longifolia Miq., avant la germination, sous un très fort grossissement (d'après Juranyi) ; on distingue à l'intérieur un corps cellulaire à trois divisions, une des cellules étant beaucoup plus grande que les deux autres. — D, le même, après la germination, montrant le développement du tube pollinique qui présente, à son extrémité antérieure, deux nucléoles en voie de formation. L'exine ou tégument extérieur sert de coiffe au corpuscule; l'on distingue de nombreux grains de fécule épars dans le protoplasme, et, dans le haut, les deux cellules végétatives demeurées rudimentaires (grossissement de trois cents fois environ).

quence les carpophylles des Cycas représentent des feuilles faiblement transformées. Ces organes sont ainsi de nature à nous instruire de la façon dont les choses ont dû se passer au moment où les végétaux phanérogames les plus anciens commencèrent à revêtir leurs caractères, en se détachant de leur souche cryptogamique pour s'élever à un stade supérieur.

Dans les Cycadées, les logettes polliniques ou microsporanges sont distribuées par sores ou groupes de trois à cinq sur la face inférieure des androphylles, disposition qui rappelle ce qui a lieu chez les Filicinées. La proportion relative des grains de pollen, leur forme souvent elliptique, le sillon médian qui les partage et qui facilite la sortie de l'intine composent autant de traits spéciaux, caractéristiques des Cycadées. La segmentation intérieure existe, mais elle est réduite à un très petit nombre de cellules, dernier vestige du prothalle. Une première bipartition engendre deux cellules, dont une beaucoup plus grande donne lieu à l'expansion tubuleuse ; l'autre, très petite, occupe le pôle opposé, mais elle subit une nouvelle partition, en sorte que le grain de pollen des Cycadées est normalement tricellulaire. Il faut croire que cette simplification du corpuscule pollinique, par laquelle le groupe végétal que nous examinons se trouve assimilable aux Gymnospermes propres, se sera autrefois réalisée graduellement. Sans doute elle a dû sortir d'une tendance, pour ainsi dire inévitable, qui aura entraîné des résultats similaires dans des catégories préalablement différenciées et n'ayant entre elles rien de commun, si Ton fait abstraction de leur point de départ originaire.

On pourrait dire encore que la microspore des Progymnospermes, dans sa marche inévitable vers une simplification croissante, a bien pu obéir à deux impulsions différentes, bien que destinées à produire des résultats analogues, mais non précisément identiques. L'une de ces impulsions aurait entraîné la formation à l'intérieur des grains de pollen, d'un corps pluricellulaire, prothalle rudimentaire dont les cellules seraient restées^ égales entre elles ; c'est effectivement ce que nous avons observé chez les Dolérophyllées, les Pachytesta et les Cordaïtées. — L'autre impulsion n'aurait pas abouti aux mêmes résultats : impliquant la présence originaire d'un prothalle semi-inclus,, elle aurait réalisé une modification plus profonde de ce dernier*

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