ORGANES FEMELLES DES GYGADÉES
Dans la catégorie de végétaux, influencée de cette seconde façon, et qui comprend, non seulement les Cycadées, mais ausssi, toutes les vraies Phanérogames, le prothalie, prodigieusement simplifié,
Fig. 54. — Organes femelles et fécondation des Cycadées. — A, carpophylle ou support fructifère du Cycas revoluta Thbg. (1/2 gr. nat.). — B, coupe longitudinale axile d'une graine de la même espèce, montrant la structure intérieure, au moment de l'apparition des corpuscules, d'après Warming. On distingue sur cette coupe, sous un double tégument dont l'intérieur est osseux et l'extérieur charnu et fibreux, dans le haut, le canal du micropyle par où s'engagent les grains de pollen qui pénètrent dans la chambre pollinique, c p, et, au centre, le sac embryonnaire présentant deux corpuscules vers le sommet, immédiatement au-dessous de la chambre pollinique. — C, coupe longitudinale de la partie supérieure du nucelle d'un Ceratozamia, pratiquée un peu en dehors de l'axe, de manière à éviter le micropyle et à traverser la chambre pollinique, c p. On voit dans cette chambre un certain nombre de grains de pollen qui n'ont pas encore donné naissance au tube pollinique. — D, carpophylle ou écaille peltée supportant deux graines inverses, détaché d'un strobile de Zamia (gr. nat.).
ne consiste plus qu'en une seule cellule extérieure, résumant toute la partie de l'organe destinée à paraître au dehors. Deux
autres cellules entièrement subordonnées, demeurées intérieures et sur le point de disparaître, ne sont plus que des vestiges faiblement accusés de la structure antérieure, tandis que la principale, devenue tubulaire et hypertrophiée, au lieu de donner naissance aux cellules mères des anthérozoïdes, se trouve occupée par un protosplama diffluent et granuleux, semé tout au plus de quelques vacuoles.
Les ovules ou macrosporanges des Cycadées sont au nombre de ceux qui naissent du bord ou de la superficie des feuilles carpellaires. On voit clairement dans les Cycas que chacun d'eux tient la place d'un segment de la fronde sexuée ou carpophylle, et Ton compte sur ce dernier organe plusieurs paires d'ovules enchâssés un à un dans les crans qui correspondent à la base du segment modifié. Dans les autres genres, il n'y a plus que deux ovules situés vers la base ou sous un repli de la feuille carpellaire. La réduction du nombre des ovules a dû s'opérer graduellement chez les Cycadées et l'exemple des Cycas dont les carpophylles portent des ovules plus nombreux, en même temps que l'organe lui-même rappelle davantage une feuille normale, cet exemple devient un indice révélateur de ce qui a dû se passer autrefois lors de l'évolution des types primitifs. Nous allons voir effectivement que cette appréciation n'est nullement en désaccord avec les faits.
En résumé, les présomptions basées sur l'interprétation des organes rendent probable l'existence originaire de Cycadées à feuilles simples, à nervures longitudinales parallèles mais plus ou moins divergentes, à limbe frangé le long des bords, puis fissuré ou segmenté, finalement penné. Les mêmes présomptions autorisent à admettre des feuilles sexuées, fixées sur l'axe primaire ou sur des axes particuliers, portant les unes des microsporanges ou sacs polliniques groupés en sores sur leur face dorsale, les autres des ovules ou macrosporanges d'abord nombreux et couvrant la superficie du limbe, puis réduites graduellement et tenant finalement la place d'un segment avorté. Ces Cycadées proto typiques, d'après le plan de structure caulinaire que leurs descendants ont gardé, n'auraient pas été bien éloignées des Gordaïtées. Cette affinité supposée se trouve d'ailleurs en concordance directe, non seulement avec les détails anatomiques qui distinguent la feuille dans les deux groupes, mais elle ressort