VI PRÉFACE
fonction; il subsiste cependant presque toujours des vestiges de l'état antérieur. Le monde des végétaux, sorti du même fond commun que le monde animé, n'a jamais atteint au niveau de celui-ci ; mais sur le plan d'adaptation qui lui est particulier, il s'est étendu aussi loin, en réalisant une multiplicité à peu près égale de combinaisons différentielles.
Le règne végétal a été unicellulaire au début; mais il a obéi ensuite à une double tendance morphologique et il a constitué par cela même une double série. — D'une part, en effet, la cellule demeurée simple s'est amplifiée en se prêtant à toutes les diversités dont une cavité utriculaire peut être susceptible; elle a engendré de cette façon les Protophytes dites « Siphonées », qui ont dû dominer dans les anciennes mers. Nous avons eu soin de mettre en lumière le rôle et l'importance, à l'état fossile, de ces organismes curieux, en rejetant le système qui invoque l'intervention des seules actions mécaniques pour rendre compte de leur apparence morphologique. Cette première catégorie de Protophytes, depuis longtemps dépouillée de la prépondérance qu'elle avait obtenue, se trouve réduite au groupe insignifiant des Siphonées actuelles.
D'autre part, la cellule primitive, en se subdivisant et se multipliant, a fait naître des agrégats cellulaires, dont le tissu est devenu susceptible d'extensions et de différenciations, pour ainsi dire illimitées. De là les Protophytes « pluricellulaires » ou Algues conçues en dehors du plan des Siphonées; mais aussi et par l'effet d'une transition dont nous ne possédons plus les termes échelonnés, les plantes terrestres, vivant à l'air; il convient d'ajouter dans un air originairement baigné de vapeurs tièdes , ruisselant sous les averses renouvelées, par cela même très peu distinct du milieu natal, purement aquatique.