PRÉFACE VU
L' « évolution des Cryptogames » a fait voir comment la tige sporogonienne et l'appareil sexué prothallien s'étaient constitués à part, à l'aide d'une sorte d'alternance de génération; l'appareil sexué naissant chaque fois de la spore produite parla tige agame. — Nous avons assisté à la spécialisation, mais aussi à la réduction graduelle du prothalle, ramené aux seules fonctions sexuelles par l'effet d'une division de plus en plus prononcée du travail organique. Ce sont les phases dernières de cette spécialisation poussée à ses dernières limites, de cette division du travail atteignant ses plus lointaines conséquences , dont nous aurons à faire l'étude et à déterminer les résultats. Le principal de ces résultats consistera à réunir et à confondre, d'une façon indissoluble, les vestiges presque entièrement effacés du prothalle à la tige sporogonienne, tandis que celle-ci pourvue elle-même de tous les développements dont elle était capable prodiguera ses appendices modifiés dans le but d'accroître le nombre, l'étendue et la sécurité des organes reproducteurs, supportés et protégés par elle. — Telle est la marche constamment ascendante dont les Phanérogames nous offriront le spectacle : c'est par la multiplication des parties accessoires, par le groupement de celles qui sont essentielles, par l'extension, la cohérence et la transformation des organes secondaires, enfin par l'étalage d'éléments nouveaux, résultant d'un véritable luxe de combinaisons, que ces plantes ont atteint le plus haut degré de complexité qu'il ait été donné au règne d'acquérir.
L'exposé rapide et forcémeijt incomplet d'une telle accumulation de phénomènes, si difficile qu'il soit de le condenser en un petit nombre de pages, n'était pas à lui seul tout notre sujet. De même qu'en tète de 1' « évolution des Cryptogames » nous avions placé des notions géologiques