‹ L'évolution du règne végétalChapitre 52 sur 83 · ORIGINE ET SIGNIFICATION DU STROBILE · texte numérisé non relu

ORIGINE ET SIGNIFICATION DU STROBILE

la présence du cône est venue distinguer un jour et qu'elle n'a cessé depuis de caractériser. Toutes ces séries auront obéi à une même tendance évolutive et le même mouvement les aura entraînées vers la réalisation précoce ou tardive de combinaisons organiques dont le degré d'analogie se sera trouvé strictement déterminé par la mesure même des ressemblances que présentaient entre eux les divers types d'inflorescence, au moment de leur transformation. Précisons en quelques mots Porigîhe du strobile et sa signification morphologique...

Le strobile est un axe ou rameau soit totalement, soit par» tiellement modifié pour servir de support aux organes femelles et, après la fécondation, aux graines jusqu'à leur maturité. Nous avons vu qu'il en était de même chez les Gycadées et nous constaterons plus tard que la fleur des Angiospermes n'est également qu'un axe d'inflorescence modifié. Mais il existe entre le strobile des Conifères et celui des Cycadées une différence essentielle en ce que, sur ce dernier, les feuilles transformées ou carpophylles supportent directement les ovules, tandis que sur le strobile des Conifères ces organes sont situés à l'aisselle des feuilles et attachés à des supports que tout engage à considérer comme des jets axillaires avortés. De cette sorte, les vraies feuilles, nommées « bractées », quand elles fournissent, en se développant, l'élément principal de l'écaillé du strobile, se trouvent influencées par le voisinage immédiat des ovules, et leur soudure consécutive avec ceux-ci est un effet de cette influence, sans qu'il soit possible de reconnaître en elles de vrais carpophylles. Ainsi, chez les Conifères, la fleur femelle représente un organe de seconde génération, axillaire par rapport aux feuilles d'un rameau ou d'une partie de rameau, contractant des soudures variées et plus ou moins complètes avec les feuilles axillantes, de manière à provoquer une accrescence d'où sort, soit avec le concours, soit plus rarement en dehors du concours de ces feuilles, l'écaillé du strobile.

Il nous sera facile de prouver qu'il n'en a pas été de même chez les Angiospermes. La fleur, dans cette classe de plantes, répond à un rameau contracté dont les feuilles supportaient directement à l'origine les organes de l'un et l'autre sexe, c'està-dire que ce rameau primitif a dû être pourvu à la fois de carpophylles et d'androphylles, chaque catégorie occupant une

place déterminée de l'inflorescence , les premiers toujours situés au-dessus des seconds.

Dans les Conifères, non seulement les sexes se sont trouvés séparés de très bonne heure sur des axes différents, comme chez les Cycadées, mais les androphylles et les carpophylles ne répondent pas à une même génération d'organes et, tandis que les feuilles de rinflorescence mâle portent directement les logettes à pollen, on voit sur l'inflorescence femelle les ovules se développer à Faisselle de ces mêmes feuilles. C'est par une suite, de cette circonstance morphologique que sur les cônes androgynes d'Abiétinées, observés dans certains cas de monstruosité, les logettes se trouvent fixées sur le dos des bractées, tandis que les ovules se montrent à l'intérieur et à l'aisselle de ces mêmes bractées. On voit par là que le strobile des Conifères n'aurait, dans aucune hypothèse, donné naissance, en se contractant ou se modifiant, à un appareil construit comme la fleur des Angiospermes. Le point de départ n'étant pas semblable, les résultats devaient nécessairement différer; le seul point de contact est que, dans le3 deux cas, il s'agit d'un rameau modifié et servant de support aux éléments reproducteurs.

L'observation permet de reconnaître que, chez les Conifères primitives, la partie du rameau modifié par la présence des ovules qui a donné naissance au strobile n'a pas été la même pour tous les types. Cette partie, au contraire, a notablement varié dans son étendue comme dans son emplacement. Chez les Abiétinées, c'est un rameau entier qui est devenu l'infloresrence et ensuite le cône. Plus généralement, le cône représente la partie supérieure, souvent la majeure partie, d'un rameau modifié et contracté. Dans les Cupressinées cependant on voit que la sommité seulement, c'est-à-dire les dernières paires de feuilles du rameau ont été détournées de leur fonction ordinaire pour constituer le strobile; mais l'étude des cônes perfoliés des Cryptomeria et surtout des Cuninghamia semble démontrer que, dans certaines catégories au moins, et particulièrement dans la tribu des Taxodinées, c'est originairement la partie « moyenne » d'un rameau sur laquelle les ovules ont dû se développer. Dans ce dernier cas, le strobile s'est constitué par l'atrophie devenue permanente de la partie terminale et stérile du rameau sexué.

Les éléments essentiels du strobile, c'est-à-dire les écailles, ont

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