‹ L'évolution du règne végétalChapitre 53 sur 83 · ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DU STROBILE · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DU STROBILE

dû se réduire dans beaucoup de cas et cette réduction, jointe à l'hypertrophie des parties non éliminées, qui prenaient de l'extension à mesure qu'elles devenaient moins nombreuses, semble attestée par la présence répétée, à l'époque du trias et de l'infralias, de strobiles remarquablement allongés, reproduisant

Fig. 76. — Origine et signification des éléments constitutifs du strobile des Conifères» — A, cône perfolié du Cunninghamia sinensis par l'effet d'une récurrence atavique qui montre que cet organe a dû originairement occuper la partie moyenne du rameau fructifié. — B, cône du Leptostrobus microlepis Hr., Taxodiée éteinte du jurassique de la région d'Irkutsk, pour montrer la conformation en rameau allongé de certains strobiles des terrains anciens. — C, écaille détachée d'un slrobile de Cryptomeria, vue par dehors et montrant la structure du support ovulaire, équivalant à un bourgeon modifié, placé à la base d'une bractée axillante. Ici, le jet qui sert de support aux ovules demeure distinct de la bractée et la déborde. Ce jet semble formé de six feuilles rapprochées et plus ou moins soudées inférieurement .

l'aspect du rameau primitif faiblement contracté et garni d'écaillés peu cohérentes. Il en est ainsi des Volztla, des SchizolepiSj des Glyptolepis et des Leptostrobus et même du Geinitzia cretaceaUng. Les Séquoia actuels reproduisent en partie cette forme cylindrique allongée des strobiles, qui caractérise souvent le type des Conifères primitives, moins éloignées que les nôtres du point de départ commun de l'ensemble du groupe. On peut avancer encore que les bractées ou écailles consti-

tutives des strobiles des plus anciennes Conifères sont généralement moins transformées que celles des genres venus postérieurement. Cette remarque s'applique aux Walchia paléozoïques; mais elle s'adresse encore aux Ulmannia triasiques, aux Brachyphyllum jurassiques et même aux Araucaria et Dammara qui, bien que vivant encore, se rattachent pourtant à des âges reculés, si l'on tient compte du moment où leurs traits caractéristiques se sont définitivement fixés. Dans toutes ces séries, les écailles du strobile diffèrent peu des feuilles normales plus ou moins épaissies, contractées et rapprochées de manière à se recouvrir mutuellement, tout en protégeant les ovules.

Les strobiles des Conifères primitives sont au total comparables à des pousses jeunes, à demi évoluées, dont Taxe cesserait promptement de s'allonger et dont les feuilles prendraient de l'extension, après avoir contracté une soudure précoce avec les ébauches de bourgeons situés à leur aisselle.

On conçoit sans peine la diversité dans la nature et la conformation des écailles, et par cela même du cône, que cette soudure complète ou incomplète, mais toujours suivie d'accrescence, a dû entraîner nécessairement. De là, plusieurs combinaisons principales donnant lieu à autant de plans partiels, d'après lesquels les différentes tribus de Conifères ont été établies. Chacune de ces tribus, considérée séparément, a son histoire, puisqu'elle résulte d'une évolution spéciale. Toutes n'ont pas paru simultanément et certaines ont bien pu dériver les unes des autres, de même qu'il serait possible que les Abiétinées eussent eu un point de départ distinct de celui d'où sont provenues les autres tribus de Conifères. Un des types les plus anciens dont on ait connaissance est celui des Walchia auxquels se rattachent les Ulmannia et probablement aussi les Brachyphyllum. Les Walchia commencent à se montrer dès le carbonifère, bien que l'âge de leur plus grande extension coïncide avec le permien, c'est-à-dire avec la fin de l'époque paléozoïque. A ce moment, les Conifères prennent l'essor pour la première fois, mais auprès d'elles on remarque des Salisburiées (genres Ginkgophyllum et Trichopitys) associées aux dernières Cordaïtées et Dolérophyllées, groupes de végétaux à la veille de disparaître.

Les cônes des Walchia sont relativement petits, oblongs, formés d'écaillés lancéolées provenant de feuilles bractéales faiblement

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