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GENRES DE CONIFÈRES PALÉOZOÏQUES

modifiées et étroitement imbriquées. L'examen attentif de ces écailles tend à prouver qu'elles résultent d'une soudure de leur base épaissie et horizontalement attachée à l'axe avec le support ovulaire. Les graines petites, libres, inverses, étroitement ailées, paraissant avoir été au nombre de 1 à 3 sur chaque écaille. C'est

Fig. 77. — Type de Coni/ère paléozoïque. — Walckia Grand' Euryi Sap., d'après un échantillon provenant du carbonifère supérieur de Saint-Etienne (Loire), découvert par M. Grand'Eury. — A, rameau; — B, portion grossie pour montrer la forme et l'agencement des feuilles. — Le rameau A est diminué de moitié.

là une structure qui n'est pas sans rapport avec celle des cônes de Dammara et de Cunninghamia. On n'a qu'à supposer une soudure moins complète du support ainsi que la présence d'une graine unique adnée à ce support et par lui à la bractée transformée en écaille, pour obtenir l'organisation distinctive des Araucaria, L'extrême analogie d'aspect qui relie les rameaux des Walchia à ceux des Araucaria du type excelsa et Cookii entraîne, de son côté, entre les deux genres, une présomption d'affinité en rapport avec les considérations précédentes. La ressemblance des Albertia triasiques avec les Dammara n'est pas moins frap-

pante, et ce même genre paraît remonter jusque dans le carbonifère. Voilà donc une série de jalons résultant des caractères visibles des plus anciennes Conifères et qui, ayant leur point de départ dans le carbonifère récent, conduisent sans effort des Walchiées jusqu'aux Araucariées.

Que Ton conçoive maintenant une absorption moins complète du support ovulaire, à l'état de bourgeon plus avancé, par cela

Fig. 78. — Type de Cbnifère paléozoïque. — A, Alberlia aloidea (Gr.) Sap., d'après un échantillon du carbonifère supérieur de Saint-Etienne, déposé dans la collection du Muséum de Paris. — B, cône de Walchia^ d'après un échantillon du permien de Lodève. — Dimension réduite légèrement.

même plus indépendant de la bractée, contractant avec celleci une fusion moins absolue qui permette aux deux éléments de demeurer distincts jusque dans l'écaillé, nous obtiendrons aussitôt l'organisation qui caractérise la tribu des Taxodinées (Taxodiées et Séquoïées réunies), tribu dont les Volztia nous fournissent un exemple saillant dès la seconde moitié du permien. Cette tribu, comme celle des Araucarinées, s'est continuée jusqu'à nous; elle comprend encore de nos jours les arbres les plus colossaux de la création, les Séquoia de la Californie ; mais on peut dire que le groupe a atteint son apogée vers la fin du trias et dans le lias inférieur. Depuis cette époque il n'aurait cessé de décliner; les genres peu nombreux, qu'il comprend maintenant, sont tous en voie de décroissance et de retrait, relativement à ce qu'ils étaient autrefois et aucun d'eux n'a réussi à se maintenir sur le sol européen.

Les Cupressinées, dont la diffusion, dans l'état actuel des con-

GUPRESSINÉES ET ABIÉTINÉES PRIMITIVES. 161

naissances, ne remonte pas au delà des temps jurassiques, constituent sans doute un rameau latéral issu de la même branche que les Taxodinées, avec un degré de plus de soudure dans les éléments de l'écaillé, avec une réduction plus avancée du nombre des parties du strobile, enfin avec une disposition décussée ou verticillée de ces mêmes parties, qui marque l'existence d'une tendance pareille dans l'ordonnance des feuilles, chez les prototypes, dont les Gupressinées tirent leur origine. Il ne faut pas oublier que les plus anciennes Cupressinées connues se rapprochent de nos Widdringtonia dont les feuilles sont alternes ou inexactement opposées et dont les écailles, au nombre de quatre, valvaires dans le fruit, résultent, à ce qu'il paraît, du rapprochement des feuilles décrivant un tour de spire sur la tige. Les feuilles des Cupressinées, d'abord inexactement, puis régulièrement opposées, comme le font voir les formes jurassiques de cette tribu, affectèrent finalement dans certains genres une disposition rigoureusement adaptée, lorsque les faciales de chaque paire se distinguèrent des latérales repliées en carène. En dernier lieu, le plus haut degré de complexité organique que le groupe ait réalisée se montre justement dans le type le plus récent, celui des Juniperus ou Genévriers, dont les écailles charnues et soudées ont converti le strobile en une baie comestible. Les plus anciens Juniperites qui aient été encore signalés remontent à l'éocène. On suit donc pas à pas dans la marche de cette tribu, la plus féconde en espèces dans le monde actuel, après celle des Abiétinées, les caractères d'une évolution graduelle et progressive.

Les Abiétinées, comme nous l'avons dit, occupent une place à part et semblent avoir eu une autre origine que les tribus précédentes, dont la divergence d'une souche commune semble si naturelle et justifiée par tant de traits soit organiques, soit paléontologiques.

Les Abiétinées pourraient bien être issues de la même souche que les Taxées, et leur berceau doit être reculé vers l'extrême nord. Encore aujourd'hui, ce sont des plantes presque exclusivement confinées dans les limites de l'hémisphère boréalj de plus leur importance y est demeurée considérable et souvent elles composent à elles seules la masse des grandes forêts montagneuses de notre hémisphère.

Phanérogames. i. — 11

Les caractères de structure du strobile des Àbiétinées sont des plus saillants. Chez elles, le support ovulaire, qui représente un jet axillaire réduit à une seule phyllode et soutenant deux ovules, ne contracte avec la bractée ou feuille de Taxe fructiûé qu'une soudure superficielle et passagère. Après la fécondation, c'est le support seul, devenu accrescent, qui finalement constitue l'écaillé, tandis que la bractée avorte ou garde l'apparence d'une feuille ordinaire. En outre, chez les Abiétinées, les ovules toujours inverses et enchâssés dans la substance de l'écaillé s'entourent généralement d'une aile membraneuse, empruntée à la couche superficielle cellulaire de cette écaille. Les caractères réunis des Abiétinées, tirés soit de leurs feuilles, soit de leur structure anatomique, soit de leur mode de végétation, soit enfin du développement de leurs organes reproducteurs, impliquent pour ces plantes une présomption d'ancienneté et une origine polaire que les indices paléontologiques sont venus confirmer. En définitive, c'est aux approches du 60c degré lat. N. ou plus loin encore, à l'intérieur du cercle polaire, en Scanie, en Sibérie, en Norvège, dans le Spitzberg et le Groenland que l'on observe les vestiges d' Abiétinées les plus anciens et les plus nombreux. Dans l'Europe centrale, les Abiétinées sont encore inconnues ou du moins excessivement rares à l'époque jurassique; mais dès les premiers étages de la craie, lors du néocomien, du gault, du cénomanien, elles commencent à se répandre, et l'on observe des formes très curieuses de Cèdres, de Pins, de Tsuga, de Sapins même, dans la craie inférieure de Belgique, du nord de la France, de la Normandie et de l'Angleterre. La craie inférieure marque une ère de diffusion pour cette tribu qui dès lors a peu changé. Cependant, il faut observer que ces premiers Pins rentrent difficilement dans le cadre des sections actuelles du genre et que les types répandus originairement avec le plus d'abondance, comme les Cèdres et les Tsuga, sont justement, parmi les Abiétinées de nos jours, celles qui s'avancent le plus loin dans la direction du sud.

Les plus anciennes Abiétinées que l'on ait encore découvertes ont été recueillies par M. A. Nathorst dans le rhétien de Scanie. L'une est certainement un vrai Pinus, dont les graines seules ont été rencontrées jusqu'ici ; l'autre est un type que ses caractères ambigus rangent dans une position intermédiaire aux Mélèzes

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