‹ L'évolution du règne végétalChapitre 58 sur 83 · H0M0M0RPH1E DES APPAREILS MALE ET FEMELLE · texte numérisé non relu

H0M0M0RPH1E DES APPAREILS MALE ET FEMELLE

liaisons qui dénotent un degré analogue de complexité relative. Ces axes en effet se trouvent distribués sur une inflorescence garnie de bractées, c'est-à-dire de feuilles diversement modifiées. Les strobiles allongés, aux larges écailles étroitement imbriquées sur quatre rangs et disposées en cymes dichotomes, du Welwitschia, ressemblent si peu aux étroites collerettes cyathiformes dont les anneaux successifs garnissent le rameau floral des Gnetum que les deux genres, en dépit des traits intimes qui semblent démontrer leur affinité organique, ont dû être séparés depuis une époque des plus lointaines et par une quantité de types intermédiaires depuis longtemps éliminés. Dans le pre- . mier cas, celui du Welivitschia, les appareils sexués sont situés à l'aisselle des bractées étroitement emboîtées qui composent le strobile; dans le second, ils sont distribués en verticilles dans l'intervalle des ceintures bractéales destinées à les protéger. On voit que toutes les Gnétacées tendent en définitive vers une, symétrie structurale des appareils reproducteurs. Chez elles, les axes sexués, d'abord simples et plus ou moins réduits, dépendent d'autres rameaux modifiés à leur tour : ainsi donc, les diversités apparentes conduisent aisément l'esprit qui les analyse de près à des processus organiques uniformes en réalité.

Il est encore certain, et ce sera la seconde de nos remarques, que dans les Gnétacées, contrairement à ce que montrent la généralité des Conifères et même des Aciculariées, les appareils mâle et femelle sont homomorphes, c'est-à-dire qu'ils se rapportent au même degré de génération et qu'ils se développent toujours sur des axes d'égale valeur. Si l'on joint à cette circonstance la possibilité pour Fovule d'occuper une situation déterminée au-dessus des androphylles, au sommet de l'axe floral devenu éventuellement androgyne, on aura obtenu la mesure morphologique du lien qui rattache les Gnétacées aux Angiospermes et la raison d'être du rang que tient ce groupe au milieu de l'espace qui sépare les Gymnospermes des Dicotylées .

En se rapportant aux Cycadées, qui se rattachent, nous l'avons fait ressortir plus haut, au stade progymnospermique, on voit effectivement les organes de l'un et l'autre sexe directement attachés aux feuilles modifiées, mais encore reconnaissables, de Taxe reproducteur. Il en est de même chez les Aciculariées; seulement ici les axes tendent à se modifier diversement, selon

qu'ils sont destinés à supporter des feuilles sexuées mâles ou femelles. Les axes mâles demeurent simples; mais les axes femelles se compliquent et s'appauvrissent tout à la fois en passant à l'état de supports ou bourgeons avortés, situés à Faisselle des feuilles d'un rameau préexistant, et les feuilles de ce rameau se modifient à leur tour de façon à engendrer le cône. — Enfin, chez les Gnétacées, le mouvement de transformation s'étend à la fois aux appareils des deux sexes; les axes mâles éprouvent les mêmes modifications que les axes femelles et suivent la même marche. Tous sont également disposés à l'aisselle ou au-dessus de feuilles bractéales qui les soutiennent et les enveloppent ; seulement, ces axes modifiés et réduits à un petit nombre de parties demeurent reconnaissables, et, de plus, ils peuvent, dans un cas au moins, réunir les deux sexes avec un mode de groupement qui rappelle la symétrie florale des Angiospermes : telle est en résumé l'économie de la fleur des Gnétacées; elle se rapproche de celle qui préside aux Angiospermes; mais c'est seulement à l'aide d'une combinaison accidentelle et par l'analogie qui se manifeste dans le plan organique, que le rapprochement s'accomplit; il s'opère avec des éléments appauvris et des parties tellement atteintes par l'avortement que l'axe sexué n'a pu en se contractant réaliser le type d'une véritable fleur. La fleur des Gnétacées considérée dans ses éléments constitutifs, en dehors des éléments accessoires destinés à lui servir d'abri, ressemble effectivement aux plus rudimentaires et aux moins parfaites parmi celles des Dicotylées, comme le sont les fleurs des Santalacées et des Loranthacées. C'est là pourtant une fleur au sens propre du mot, c'est-à-dire un assemblage de parties sexuées disposées de telle façon que l'organe femelle ait éventuellement sa place au centre de l'appareil. La symétrie est binaire, c'est-à-dire constituée au moyen de membres distribués par paires alternantes ; mais, sauf dans le Welwitschia, les deux sexes ne se trouvent jamais réunis dans une même enveloppe florale. Dans ces limites, on constate que la fleur mâle des Gnétacées se compose d'une seule paire (Ephedra, Gnetum), au maximum de 2-3 paires de folioles bractéales, plus ou moins soudées latéralement de manière à constituer une sorte de périgone autour du corps staminal. L'organe que nous nommons ainsi, parce qu'il affecte une étroite ressemblance avec l'androcée, c'est-à-dire

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