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ORGANES MÂLES DES GNÉTACÉES

avec l'ensemble des étamines de la fleur des Dicotylées, est assez caractéristique pour nous arrêter quelque peu. Il résulte de la soudure de deux androphylles ou feuilles sexuées mâles, supportant comme chez les Gymnospermes les loges à pollen. Ces loges que nous avons assimilées précédemment, ne l'oublions pas , aux microsporanges des Cryptogames , au lieu d'être disposées à la surface dorsale de la feuille sexuée , comme dans les Cycadées, vers sa base ou en-dessous d'elle, comme chez la plupart des Conifères, ces loges sont ici ter-

Fig. 83. — Organes reproducteurs des Gnetum (d'après Strasburger). — A, appareil mâle grossi montrant un androphore s'élevant d'un involucre bivalve, et surmonté de deux loges à pollen ouvertes, au moment de la dissémination des grains de pollen (grossi). — B, Coupe longitudinale schématique, grossie, de l'appareil femelle d'un Gnetum pour montrer l'ovule entouré de ses trois téguments et laissant voir dans son intérieur le début du sac embryonnaire.

m in aies. Elles sont ovales ou globuleuses, agglomérées par 2-4, par 6-8, s'ouvrant par-dessus à Taide de fentes apicales. Chacune d'elles est divisée en deux compartiments chez les Ephedra, mais elle reste simple chez les Gnetum dont le filet staminal ne supporte que deux anthères. Dans la fleur mâle, « pseudo-androgyne », du Welwitschia, le corps staminal, monodelphe et tubuleux inférieurement, se divise dans le haut en six supports cylindriques terminés au sommet par des anthères globuleuses à trois compartiments, s'ouvrant par-dessus à l'aide d'une triple fente. De semblables étamines ne sont pas sans analogie avec celles de plusieurs Dicotylées ; les Euphorbiacées particulièrement en offrent des exemples. Mais, dans une direction opposée, TafBnité morphologique de ces organes avec les andro-

pbylles à logettes réunies en étoile, au sommet d'un axe, des Ifs et des Ginkgos, n'est pas moins évidente. La déhiscence seule diffère de part et d'autre, puisque chez les Taxées et les Salisburiées elle s'opère à l'aide d'une fente située sur le côté inférieur. L'assimilation, malgré tout, n'en reste pas moins des plus naturelles et la vraisemblance d'un rapprochement conçu au point de vue génétique s'accroît encore par la comparaison des organes mâles des Gnétacées avec ceux des Cordaïtées, que nous avons figurés précédemment, d'après M. Renault. On découvre alors une concordance parfaite dans la symétrie du plan de structure, avec cette seule différence que les loges à pollen du type paléozoïque sont très allongées au lieu d'être globuleuses, comme celles des Gnétacées. D'ailleurs la structure des grains de pollen n'est pas la même dans les deux groupes; le corpuscule pollinique des Cordaïtées est nettement pluricellulaire, tandis que celui des Ephedra, probablement aussi du Welwitschia, est ellipsoïde, marqué sur l'exine de stries ou cannelures longitudinales en côtes de melon qui rappellent singulièrement les sillons de même nature existant à la superficie des corpuscules polliniques de certains types paléozoïques. A l'intérieur des grains de pollen des Èphedra, on distingue, selon le témoignage de Strasburger \ les deux cellules caractéristiques des Gymnospermes; mais la membrane qui les sépare est amincie ; elle ne constitue qu'une faible limite, difficile à apercevoir, et dans cette structure il est permis de reconnaître la trace, sur le point de s'effacer, d'une formation prothallienne que les Gymnospermes tenaient des Cryptogames et dont le grain de pollen, à peu près unicellulaire des Angiospermes, nous offrira, pour ainsi dire, un dernier vestige. Ces mêmes caractères de transition morphologique, de progrès qui gravite dans la direction des Phanérogames les plus élevées, reparaissent lorsque l'on interroge ce qui tient à la fleur femelle et à l'ovule des Gnétacées. L'ovule n'adhère plus directement à une feuille, comme chez les Cycadées; il n'est plus reporté avec son support à l'aisselle d'une bractée, ni protégé par l'accrescence simultanée de ces deux organes plus ou moins soudés ; comme chez les Taxinées, il termine un axe feuille, appauvri; mais ici cet axe moins débilité, si l'on peut s'exprimer ainsi,

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