MICROSPORES OU GRAINS DE POLLEN DES ANGIOSPERMES
crospore n'a conservé qu'un reflet de son ancienne énergie végétative ; il n'est plus susceptible de différenciations histologiques importantes ses enveloppes sans doute ont pu s'adapter par des élaborations organiques peu complexes à des conditions physiques facilitant le transport par le vent ou par les insectes, mais s'il a gardé la capacité fécondatrice, qui était l'essence même et le caractère de sa substance, il a perdu à peu près com-
Fig. 90. — Microspores ou grain» de pollen des Angiospermes au moment de la formation du boyau ou tube polliniqae. — A, B et C, grains de pollen du Butomus umbeilalus avec cellule végétative fixe. — D et E, grains de pollen de Lathyrus sylveslris, avec cellule végétative migratrice; boyau pol Unique contenant les deux noyaux des cellules (d'après Elfring).
plètement la propriété d'élaborer des tissus prothalliens. Une dernière remarque est nécessaire. Tandis que la microspore prenait, au cours de l'évolution des Métaphytes supérieures, des caractères nouveaux par suite de l'atrophie progressive de son prothalle inclus, les microsporanges conservaient une grande part de leurs attributs primitifs. Les microspores sont toujours caduques, elles peuvent par conséquent être produites en très grand nombre dans les microsporanges, dont les tissus n'ont pas à subvenir longtemps à la nutrition de ces corpuscules. La fécondation même est subordonnée à cette condition dont la réalisation explique la pluie de pollen des Gymnospermes et l'abondance encore très remarquable de la poussière fécondatrice d'un grand nombre d'Angiospermes.
Ce court exposé nous semble suffisant pour indiquer les caractères principaux de la réduction subie par les éléments prothalliens mâles ou microsporiques. L'appareil femelle a été soumis à la même loi, mais il a dû se prêter à des combinaisons différentes exigées par les fonctions spéciales de la macrospore. Le sens du phénomène est toujours le même ; le prothalle femelle
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sortant primitivement de la spore, s'atrophie peu à peu, demeure inclus dans les téguments de cette spore, et finit par être réduit à la cellule prépondérante, dont l'embryon dérive. Mais l'atrophie ne porte point seulement sur le contenu de la macrospore. Tandis que les microsporanges laissent toujours tomber leurs corpuscules, les macrosporanges au contraire ont réalisé promptement une adaptation utile aux destinées de l'embryon. Ils se sont différenciés de manière à protéger et à porter les macrospores, de telle sorte que la réduction devait agir un jour, à l'intérieur du macrosporange, à la fois sur le contenu des macrospores et sur le nombre même de ces macrospores. Il nous suffit de jeter un coup d'œil sur les travaux d'embryogénie phanérogamique, pour reconnaître les effets de ce phénomène tel que nous venons de l'indiquer.
Les macrosporanges des Phanérogames (ovules) montrent d'ordinaire, au cours de leur développement, l'ébauche d'un certain nombre de cellules mères de macrospores, mais ces cellules mères elles-mêmes sont arrêtées dans leur prolifération ainsi que dans leur croissance. Les macrospores ne doivent plus se détacher. Elles luttent entre elles et une seule persiste après avoir subordonné toutes les autres, excepté dans quelques cas pour ainsi dire monstrueux de polyembryonie, véritables phénomènes de récurrence atavique dont la signification confirme notre point de vue.
Cette réduction normale du contenu de l'ovule à une seule macrospore (sac embryonnaire) s'est réalisée de diverses manières et suivant des processus essentiellement différents chez les Gymnospermes et chez les Angiospermes.
Nous voyons chez les premières, en étudiant leur développement embryogénique, que plusieurs macrospores s'ébauchent au début dans le nucelle, partie centrale du macrosporange. Ces macrospores sont représentées par plusieurs cellules spéciales. Mais ces ébauches sont promptement effacées. La lutte n'est pas longue; immédiatement, l'une des macrospores prédomine et se développe en absorbant toute la substance protoplasmique, ce que l'on pourrait appeler le vitellus nutritif des cellules sœurs qui l'avoisinent. Cette macrospore doit par conséquent posséder encore une capacité façonnatrice assez grande, de telle sorte que chez les Gymnospermes la réduction a porté