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MACROSPORES OU SACS EMBRYONNAIRES

plus énergiquement sur le nombre des macrospores que sur le contenu de ces organes.

En effet la macrospore précocement privilégiée des Gymnospermes germe sur place et donne encore naissance à un rudiment de pro thalle femelle inclus, dans lequel on reconnaît des cellules végétatives (endosperme) et des archégones (corpuscules) .

Il est clair que, par suite de cette adaptation particulière, les Gymnospermes ont dû mieux garder que les Angiospermes, l'empreinte de leur première et commune origine.

Fig. 91. — Formation des macrospores ou sacs embryonnaires dans les Angiospermes. — Cette figure est destinée à montrer la pluralité primitive de ces macrospores, leur antagonisme et l'irrégularité de leur évolution qui détermine la prédominance définitive d'un seul de ces organes. — A, Cytisus Laburnum L., montrant le développement de la cellule basilaire de la file unique de macrospores. — B et G, formation du sac embryonnaire du Primula acaulis; dans l'un des cas, B, la seconde macrospore se développe en laissant deux anticlines ; dans l'autre cas, G, le développement favorise la troisième macrospore et il n'existe plus qu'une anticline. — D, macrosporange de JRosa livida; il existe plusieurs files de macrospores dont toutes les basilaires offrent un commencement de développement, jusqu'à la prédominance exclusive de l'une d'entre elles (très fort grossissement, d'après Vesque et Strasburger) .

Toutefois, le sens de l'évolution des Angiospermes nous semble facile à définir. Il se dégage nettement à nos yeux des nombreux mémoires publiés sur l'embryogénie de ces plantes et des contradictions apparentes offertes par les observations de savants également habiles et estimés.

Le nucelle macrosporangique des Angiospermes, admirablement protégé, à la fois par ses propres téguments et par la feuille qui le porte, donne naissance dans sa partie sous-épidermique à une cellule mère macrosporique ou à plusieurs cellules mères placées côte à côte (Ribes, Viola, Cheiranthus, Persea, Sempervivum, certaines Rosacées, quelques Composées, etc.).

198 STADE PROANGIOSPERMIQUE.

Quelquefois la cellule mère primordiale demeure incapable de se segmenter en cellules de second ordre et joue elle-même le rôle de macrospore en se transformant directement en sac embryonnaire. Le plus souvent les cellules mères se cloisonnent et forment une ou plusieurs files de 2, 3 ou 4 cellules superposées dont Tune seulement se développe d'ordinaire. Mais le rang de cette macrospore privilégiée n'est pas fixe. Le plus ordinairement, le développement favorise la macrospore inférieure de la file. Elle absorbe toute la substance des éléments figurés voisins, et refoule les cellules supérieures qui finissent par disparaître.

Quelquefois l'apport nutritif agit sur la cellule supérieure de la file et un phénomène inverse de croissance refoule les cellules inférieures qui demeurent assez longtemps visibles (anticlines). D'autres fois enfin, la seconde cellule se développe ou bien plusieurs cellules s'accroissent en même temps comme chez les Narcisses, le Convallaria, le Cercis, comme chez certaines Rosacées ; plusieurs macrospores tentent alors de se transformer en sacs embryonnaires, aussi bien que dans le cas où plusieurs séries de cellules mères primitives s'étaient constituées.

On comprend que ces processus si divers aient été d'une étude difficile et qu'ils aient égaré des observateurs préoccupés du désir de les faire tous rentrer dans la même règle. Il est bien établi à nos yeux que l'élaboration des macrospores dans l'ovule des Angiospermes n'a rien de fixe, et qu'elle peut différer d'une famille à l'autre, d'un genre à un autre genre du même groupe. Mais nous ne pourrions croire que cette variété du phénomène fût sans signification. Elle nous indique que chez les Angiospermes primitives, contrairement à ce qui avait eu lieu chez les Gymnospermes, la lutte entre les nombreuses macrospores contenues dans l'ovule dut être longue et variée. On peut dire que chez les Gymnospermes une seule cellule mère macrosporique était immédiatement privilégiée, tandis que chez les premières Angiospermes la concurrence entre les diverses macrospores était assez égale pour que la prépondérance ne s'affirmât qu'au bout d'un certain temps, tantôt à l'avantage d'une cellule, tantôt à l'avantage d'une autre. Tandis que les macro'spores opprimées disparaissaient promptement chez les Gymnospermes, elles persistaient quelque temps chez les Angiospermes primitives, de même, par exemple, que chez les animaux nous voyons quel-

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