‹ L'évolution du règne végétalChapitre 71 sur 83 · TIGE ANCESTRALE DES ANGIOSPERMES · texte numérisé non relu

TIGE ANCESTRALE DES ANGIOSPERMES

à rechercher quels devaient être le port et les attributs morphologiques de ces Proangiospermes. Nous devons suivre les modifications que leurs organes appendiculaires ont pu subir, les transformations que leurs organes reproducteurs ont éprouvées. On comprend bien qu'entre les Cryptogames hétérosporées et les Angiospermes actuelles, dont la diversification et la propagation ont subordonné tous les autres types du règne végétal, il y ait place pour des évolutions organiques et morphologiques importantes et cet autre point de vue nous ramène encore à l'idée d'un stade intermédiaire, d'un état proangiospermique. Nous ne saurions taire que le sujet est absolument nouveau sous la forme que nous lui donnons et qu'il offre une foule de côtés obscurs. Nous l'aborderons avec réserve, en suivant rigoureusement les indications de la méthode embryogénique dont les zoologistes se sont servis avec tant de succès. Nous admettrons en principe que toute structure organique, que toute combinaison de parties associées en vue de fonctions déterminées, possédées à la fois par les Monocotylées et les Dicotylées, ont dû exister dans la souche dont ces deux groupes se sont détachés.

En recherchant ce fond commun, nous devrons nous attacher à définir pour chaque système organique quelle est la partie importante, quel est le caractère primitif, dans quelle mesure les évolutions subséquentes ont pu les modifier.

Nous arriverons nécessairement par cette voie à atténuer les divergences, au premier abord si accentuées, entre les deux sections principales des Angiospermes et nous verrons peu à peu se dégager à nos yeux le type ancestral dont la reconstitution nous est imposée. Nous avons hâte de sortir des considérations générales et d'aborder l'étude détaillée du problème.

La détermination des caractères de l'appendice primitif des Angiospermes doit nous occuper en premier lieu. La feuille se montre dans les types actuels des plantes Dicotylées et Monocotylées comme un organe très polymorphe, complexe dans sa structure et très variable d'ailleurs dans toutes ses parties. Les Dicotylées nous le présentent arrivé au terme de ses différenciations, avec une base parfois engainante, des stipules, un pétiole, un limbe souvent décomposé en folioles secondaires d'une délicatesse extrême. La feuille des Monocotylées* alors qu'elle con-

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siste comme dans les Yucca en une sorte de lanière, engainante à la base, semble avoir gardé des caractères plus primitifs; mais, dans la même classe, les Aroïdées et les Smilax portent des appendices foliaires tout aussi compliqués que ceux des Dicotylées et établis presque d'après le même plan. Il serait bien peu rationnel de supposer que de tels organes se soient façonnés brusquement avec toutes leurs parties et qu'ils aient garni, sous leur apparence actuelle, la tige des Angiospermes primitives. Les Proangiospermes portaient -elles des feuilles analogues à celles de nos grands arbres, ou bien des feuilles de Monocotylées'? Nous ne pouvons résoudre cette question qu'à l'aide d'une série de recherches spéciales.

Nous remarquerons en premier lieu que, malgré leurs caractères différentiels habituels, les feuilles des Monocotylées peuvent quelquefois être confondues avec des feuilles de Dicotylées. Elles offrent suivant les types des traces de modifications assez importantes. Il y aura donc lieu de déterminer quelle est la région de l'appendice au détriment de laquelle ces modifications s'effectuent; quelle est, pour ainsi dire, la portion fondamentale de la feuille. Un moyen certain nous est offert d'arriver à une solution positive. Au milieu du polymorphisme extrême de l'organe appendiculaire, variable aussi bien dans les Monocotylées que dans les Dicotylées, l'étude de la feuille arrivée à son entier développement ne nous donnerait aucune notion nouvelle ; aussi nous suivrons l'évolution de cette feuille chez divers types, en recherchant en elle les parties qui se manifestent les premières et les transformations qu'elles éprouvent. Par une méthode semblable et dans une branche voisine de la science naturelle, les zoologistes ont su déterminer, par l'étude du développement, la forme nauplienne commune à tous les crustacés, aux cirripèdes aussi bien qu'aux écrevisses, ou bien encore le type ancestral des batraciens.

Nous nous adresserons immédiatement à des types caractérisés par des appendices foliaires très complexes, mais en même temps à des plantes vulgaires à l'aide desquelles le lecteur pourra aisément suivre les divers points de notre étude.

Parmi les Légumineuses, les fèves ou les pois chiches portent des feuilles composées, c'est-à-dire des appendices dont le limbe est subdivisé au-dessus d'un pétiole embrassant plus ou moins

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