ÉVOLUTION DE L* APPENDICE FOU AIRE
Graminées, exactement sur le prolongement de la lame vaginale. Il est formé par une émergence de faisceaux, qui se détachent à la face externe, un peu au-dessous du bord supérieur. — Sur la figure que nous donnons ci-dessous, il est possible de reconnaître que ce mucron dorsal s'allonge en lanière parcourue par des
Fig. 96. — Evolution de l'appendice foliaire Fig. 97. — Feuilles primordiales du Nipa
primitif chez les Monocotylées . — Jeune pousse de Bambou montrant la formation progressive de la feuille rubannée à l'extrémité supérieure de la gaine (dimension très réduite).
fruticans. — A, feuilles groupées d'une jeune plante dans leur situation naturelle. La coupe canaliculée dans le bas, cylindrique supérieurement, de Tune de ces feuilles se trouve indiquée. — B, feuille figurée isolément (dimension très réduite).
nervures parallèles, et s'accroît à mesure que Ton considère des appendices situés plus haut sur la tige. Lorsque la pousse est plus avancée, les premiers appendices, les gaines basilaires se détachent; les organes plus élevés au contraire se développent toujours davantage et se montrent composés d'une partie vaginale très importante encore, surmontée d'un limbe de seconde
316 STADE PROÀNGIOSPERMIQUE.
formation différant comme aspect et comme structure de celui des Dicotylées, mais tout à fait homologue. Le mode de formation de ce limbe ensiforme des Graminées, aux dépens d'un mucron dorsal et non terminal, permet à la gaine de persister audessus de l'insertion du limbe, sous forme d'une petite colerette appelée « ligule ».
Chez divers Palmiers, tels que les Chamaerops,le pétiole, correspondant à une véritable gaine allongée, se termine aussi par une sorte de ligule au-dessous de laquelle s'insère à la face externe un limbe secondaire étalé en éventail.
Dans d'autres types de la même famille, tels que les Chamœdorea, les Caryota, etc., le pétiole offre bien plus nettement les caractères d'une gaine. D'ailleurs cet appendice ancestral est le premier qui se manifeste à la germination (voir les figures 97 et 109), aussi bien chez les espèces du type des Palmiers vrais (Chamœrops, etc.) que chez les formes aberrantes du genre Nipa.
Les frondes de ces Monocotylées, bien particulières dans leur structure, ne sont réellement que des organes de seconde formation comme les feuilles des Dicotylées ou celles des Smilax, des Aroïdées, etc. Sur les axes floraux des Palmiers, les spathes et les écailles bractéales reparaissent encore, comme à la germination, pour rappeler à notre esprit l'organe primordial dans sa simplicité caractéristique.
Nous ne pensons pas qu'il soit utile de pousser plus loin cette démonstration. Le lecteur aura compris la signification desparcularités de structure que nous venons d'énumérer et il n'hésitera pas d'admettre avec nous que les Angiospermes ancestrales, les Proangiospermes, devaient porter des appendices analogues à ceux que nous retrouvons amoindris ou masqués dans les divers types actuels, c'est-à-dire des feuilles entières, rubannées, plus ou moins allongées, amplexicaules à la base, atténuées au sommet qui se terminait par un petit mucron, point de départ des différenciations secondaires subséquentes. Ces feuilles étaient parcourues par des nervures longitudinales, plus ou moins serrées, anastomosées à l'aide de nervilles transverses; mais elles ne présentaient pas de concentration des faisceaux sous forme de nervures primaires et secondaires, distribuées en réseau veineux. La nervation pouvait être quelquefois aréolée comme celle de certaines bractées.