SIGNIFICATION DE LA STRUCTURE FOLIAIRE
Les plantes Monocotylées,au cours de leur évolution spéciale, ont conservé, mieux que tous les autres]types, la structure de ces feuilles primitives des Proangiospermes. Elles ont toutefois élaboré des parties nouvelles, des limbes secondaires au sommet de l'appendice engainant, mais la portion vaginale a gardé, dans cette classe, des proportions considérables et une importance notable.
Les Dicotylées, au contraire, se sont détachées de la même souche proangiospermique, douées d'une tendance très accentuée aux différenciations organiques. Le sommet de l'appendice primitif s'est promptement allongé chez les plantes de cette classe pour former un pétiole et un limbe. Ces parties nouvelles ont bien respecté quelquefois la région vaginale, mais elles devaient, le plus souvent, la subordonner totalement, au point que, dans la plupart des cas, l'appendice ancestral n'est plus représenté que par une petite portion engainante du pétiole, par des expansions stipulaires fort réduites, ou bien encore par ure lame soudée avec la tige, le pétiole semblant alors naître directement de Taxe. — De toutes manières, si la feuille des Dycotylées ne reproduit plus qu'exceptionnellement (Eryngium) dans les familles actuelles l'appendice des Proangiospermes, cet organe reparaît dans les plantes de ces mêmes familles toutes les fois que l'on considère des parties appendiculaires arrêtés précocement dans leur différenciation par des adaptations spéciales, c'est-à-dire les écailles des bourgeons ou bien les pièces des axes floraux.
On comprend que ces adaptations de l'appendice primitif aient dû se réaliser très anciennement, au cours de l'évolution des premières Angiospermes. La fleur est incontestablement un appareil commun aux Monocotylées et aux Dicotylées, et les parties qui la constituent ont dû se façonner antérieurement à la divergence des deux classes, au moment du stade proangiospermique, c'est-à-dire chez des types végétaux dont les feuilles, non encore différenciées, consistaient seulement dans ces lames vaginales amplexicaules que nous avons décrites. Ce point de vue suffirait pour expliquer la structure élémentaire des bractées, des sépales et des pétales, dont les traits fondamentaux sont exactement calqués sur ceux de la gaine ou de l'écaillé gemmaire. Le mucron terminal est souvent reconnaissable et la nervation est identique. Le passage de la bractée au pétale est
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d'ailleurs parfaitement ménagé. Sans doute cette disposition primitive n'est pas constante. Elle est apparente dans diverses fleurs, dans celles des Magnoliacées, de plusieurs Renonculacées, des Nymphéacées, par exemple ; elle s'efface dans la plupart des cas par suite des différenciations subséquentes que les pièces du périanthe ont subies dans leur adaptation aux causes multiples et diverses de la fécondation. Mais dans le façonnement d'un calice ou d'une corolle irrégulière, presque toutes les parties réalisées dérivent des transformations d'un appendice foliaire réduit à la portion vaginale primitive, dépourvue de pétiole et de limbe.
Les feuilles sexuées, microsporangifères et macrosporangifères, étamines et carpelles, n'ont pas une autre origine. Elles se sont évidemment constituées chez les Proangiospermes à l'aide de l'appendice primitif portant, dans l'un des cas, des loges à pollen promptement limitées à quatre, parallèlement étendues dans le sens de la longueur, sur la face supérieure de l'organe ou vers le bord de cette face en ce qui concerne la paire extérieure. Dans le second cas au contraire, l'appendice primitif élaborait des ovules ou macrosporanges, généralement pédicellés, naissant en nombre illimité et variable sur l'étendue entière de la face supérieure de l'organe ou seulement insérés le long de sa marge, jusqu'au moment où les bords de la feuille carpellaire, en se repliant, se rejoignant ou même faisant retour en dedans, abritèrent les ovules dans une sorte de loge fermée ou ovaire correspondant à la lame de la gaine originaire. Le mucron de cette gaine, en se différenciant, aurait ensuite donné naissance au style et au stigmate, par une élaboration progressive, analogue à celle d'où est venue la feuille secondaire.
Cette structure du carpelle est bien reconnaissable chez le Magnolia; d'autres types de plantes monocotylées et dicotylées nous offriraient aussi d'intéressantes particularités morphologiques confirmant les données que nous ne faisons qu'énoncer ici, mais que nous reprendrons en détail, dans les chapitres suivants, à propos de chacune des deux classes angiospermiques. Il nous suffira d'avoir indiqué comment nous devons rattacher à l'appendice primitif les pièces florales originairement simples dans leur structure et dans leur disposition, mais dont la simplicité a été fortement modifiée par les différenciations subsé-