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ASSIMILATION DES PIÈCES FLORALES A L'APPENDICE PRIMITIF

quentes auxquelles nous devons la réalisation des diverses fleurs monocotylées et dicotylées de la nature actuelle.

A l'origine, dans les types ancestraux proangiospermiques, la fleur consistait en un axe portant les appendices sexués, dispo-

Fig. 98. — Différenciation de V appendice foliaire primitif dans la formation des pièces florales des Angiospermes. — A, pièce interne de la corolle d'an Magnolia, — B et C, feuilles carpellaires de la même plante.

ses en spirale les uns au-dessus des autres, les feuilles à microsporanges à la base, les feuilles ovulifères au sommet. La fleur a dû se réaliser par le raccourcissement de cet axe sur lequel feuilles staminales et feuilles ovulifères étaient de même génération, contrairement à ce que nous ont offert les Gymnospermes. Nous avons montré comment, chez ces dernières, la fleur ne pouvait résulter de l'arrangement des organes mâles et femelles fatalement destinés, par suite de leur différence d'origine, à une séparation presque immédiate. Le rameau hermaphrodite des Proangiospermes ne portait au contraire que des appendices floraux homomorphes. La disposition spirale primitive de ces pièces est encore conservée dans une foule de familles angiospermiques.

Toutes les simplifications consécutives, ainsi que nous le

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verrons bientôt, portent sur des détails organiques de valeur secondaire, mais sur des parties, il est vrai, très plastiques, susceptibles de revêtir des formes très diverses et de se prêter à une grande variété de combinaisons. De même que l'appendice primitif, la fleur ancestrale évoluait; l'appareil floral, d'une nature originairement uniforme, était destiné à se différencier et ses évolutions devaient modifier à la fois l'aspect morphologique, les dimensions relatives des parties et leurs rapports réciproques.

Nous sommes donc arrivés à esquisser les traits principaux des Proangiospermes. Nous concevons clairement l'aspect de ces Angiospermes primitives, combinant certains caractères des Monocotylées à ceux des Dicotylées. Nous les voyons avec leurs feuilles engainantes se différenciant peu à peu, avec leurs axes floraux tels que ceux des Magnoliacées ou des Renonculacées, plus simples encore, se prêtant promptement à des combinaisons diverses. Leur port devait différer soit de celui des Monocotylées proprement dites, soit de celui des Dicotylées arborescentes ordinaires. Ici encore nous devons admettre que des adaptations diverses ont pu se réaliser promptement. Sans doute les formes herbacées des Dicotylées et des Monocotylées sont récentes, mais en ne considérant que les types arborescents des deux classes, nous voyons qu'il y a place pour une foule de combinaisons et de différenciations des axes, et que la distinction établie d'une manière si tranchée entre les deux types principaux est susceptible de s'amoindrir ou de s'effacer dans bien des cas. En effet, pour ce qui est du plan caulinaire des deux classes comparées, on se tromperait en admettant entre elles, à ce point de vue, à l'exemple des anciens botanistes, une distinction absolue, un hiatus infranchissable. En définitive, le fond des choses est toujours sensiblement le même, puisque tout dépend, comme nous le ferons voir dans les chapitres suivants, d'une part, de la présence et de la permanence, d'autre part, de l'absence ou du déplacement d'une région productrice du cambium. Ce phénomène dont l'importance est si considérable, puisqu'à lui seul il assure l'accroissement du bois secondaire, tandis que son absence entraîne l'indépendance mutuelle et l'entrecroisement des cordons foliaires, ce phénomène a fort bien pu ne pas présenter originairement la fixité que nous constatons actuellement

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