PORT ET STRUCTURE PRÉSUMÉS DES PROANGIOSPERMES
chez lui dans un sens comme dans l'autre. Si Ton remonte très loin dans le passé, il a dû faire place à plus de mobilité, de telle sorte qu'en se transportant vers un âge où les saisons elles-mêmes n'avaient ni la constance de caractères ni la périodicité rigoureuse que nous leur connaissons, les tiges proangiospermiques, conformément à ce que laissent voir celles des Gymnospermes primitives, sans être dénuées de la faculté d'engendrer une zone cambiale, l'auraient possédée d'une façon irrégulière et passa-
Fig. 99. — Développement de l'embryon chez les Monocotylées et les Dicolylées comparées, — A, embryon d'une Dicotylée au moment où les feuilles ou membres cotylédonaires commencent à se prononcer. — B, embryon d'une Monocolylée parvenu au même stade de développement. — C, embryon monocotylé, entièrement formé, un peu avant la germination. — Ces embryons sont représentés renversés au point de vue morphologique, c'est-à-dire que l'endroit où surgira latigelle est tourné en bas, tandis que le coté radiculaire est en haut ; mais cette direction est conforme à la situation physiologique de l'embryon au sein de l'ovule (les figures A et B sont grossies au moins cent fois).
gère. Un point de départ ambigu a dû, par le fait d'une différenciation croissante et d'une adaptation de plus en plus prononcée des organismes, aboutir enfin à la distribution du cadre primitif en deux séries arrêtées dans leurs traits respectifs, telles que nous les montrent les Dicotylées, d'une part, les Monocotylées de l'autre. C'est dans ce sens que nous pensons entrevoir la marche de l'évolution caulinaire chez les Proangiospermes. Par là nous arrivons effectivement à la notion de végétaux dont la tige aurait renfermé un corps ligneux de structure plus ou moins variable, susceptible par conséquent, en se modifiant dans une direction déterminée, de revêtir à la longue les caractères exclusifs de l'un ou de l'autre des deux types qui ont à la fin prévalu. Les ramifications peu complexes de ces plantes primitives s'opéraient à l'aide de bourgeons soit solitaires et ter-
222 STADE PROANGIOSPE^RMIQUE.
minaux, soit accompagnés d'un nombre restreint de bourgeons latéraux. De là sans doute une dichotomie sympodiale plus ou moins régulière semblable à celle dont les tiges de certaines Dicotylées : Euphorbes, Araliacées, Paeoniées, etc., donnent l'exemple et qui se rapproche ou ne s'écarte guère du mode de subdivision propre à plusieurs Monocotylées , telles que les Pandanées, Aroïdées, Dracénées et Aloïnées.
Nous obtenons ainsi une idée schématique assez nette de l'état proangiospermique : un accroissement plus limité de la tige ; des ramiûcations moins irrégulières et plus restreintes en nombre, pourvues de bourgeons plus épaisjet presque toujours terminaux; quelque chose de trapu dans le port; des feuilles toujours amplexicaules ou vaginantes; le limbe assez peu différencié; les organes floraux en voie de transformation, formés le plus souvent d'éléments libres et généralement multiples; telle serait la moyenne de caractères qu'aurait présentée la souche mère d'où les deux classes auraient dérivé en divergeant graduellement l'une par rapport à l'autre. Il n'est pas jusqu'aux cotylédons dont l'examen ne permette d'attribuer aux deux sections angiospermiques un point de départ commun. On n'a qu'à supposer ces organes doubles, mais inégaux entre eux à l'origine : il suffit alors que le développement de la paire primordiale soit allé en s'égalisant, dans une direction ; tandis que, dans l'autre, l'inégalité toujours plus prononcée aboutissait à l'arrêt de croissance de l'une des feuilles, pour expliquer les cotylédons opposés des Dicotylées, de même que les cotylédons solitaires et alternes des Monocotylées. L'inégalité des cotylédons ne s'observe-t-elle pas chez les Nymphéacées qui servent justement à diminuer la distance interposée d'une classe à l'autre ? Si l'on interroge la nature, c'est seulement à Paide de traits épars et par l'examen attentif des effets d'atavisme qu'il nous est donné de reconstituer théoriquement le stade proangiospermique depuis longtemps disparu, et n'ayant sous nos yeux d'autres réprésentants morphologiques que les descendants détachés les premiers du tronc commun, ayant gardé quelques traits directement empruntés à l'ancêtre dont ils proviennent et caractérisés par une moindre transformation de leurs principaux organes.
Mais une dernière question se présente : en dehors des