‹ L'évolution du règne végétalChapitre 9 sur 83 · LE MONDE DES ANIMAUX ET LE MONDE DES PLANTES · texte numérisé non relu

LE MONDE DES ANIMAUX ET LE MONDE DES PLANTES

iienne opprimant l'activité sensitive du protoplasme , et, de l'autre, à l'exagération croissante de la sensibilité de ce protoplasme et au perfectionnement consécutif de la vie de relation. •L'opposition fonctionnelle, qui s'est manifestée au point de départ, constitue à elle seule une raison suffisante des destinées contraires des deux règnes : l'un, celui des plantes, doit précocement céder à la tendance qui l'entraîne vers la vie aérienne ; c'est par elle qu'il subira les impressions les plus actives et qu'il réalisera les différenciations les plus profondes; l'autre, celui des animaux, progressera en se ramifiant et se perfectionnant, sans abandonner pour cela son milieu primitif. — S'il laisse à divers moments quelques-uns de ses rameaux s'allonger pour quitter la souche et gagner le sol émergé, ce n'est là pour lui qu'un accident, un épisode dont l'importance ne se révélera que tardivement, alors que l'évolution de l'ensemble sera presque entièrement achevée.

Les Protozoaires sont tous aquatiques. Les Cœlentérés, qui nous représentent l'individualisation des premiers stades des animaux métazoaires, sont tous demeurés fidèles au milieu primitif. Les Gœloniates donnent lieu à des remarques analogues. S'il existe des Vers terrestres ou parasites d'animaux terrestres, on les rattache sans effort aux types marins ou des eaux douces. Le rôle des Mollusques pulmonés est insignifiant au point de vue morphologique. Les Arachnides, les Myriapodes et les Insectes semblent bien jouir d'une certaine importance systématique; mais; en définitive, les Arthropodes ont eu dans la mer leurs principales différenciations. Les Echinodermes et les Tuniçiers sont tous marins et, jusqu'au moment où les Dipnéens se sont adaptés à une double respiration, l'évolution des Vertébrés a été entièrement aquatique. Un fait considérable s'offre immédiatement à notrç esprit comme une conséquence naturelle de cette adaptation spéciale du règne animal. — Tout en étant le siège d'une foule de conditions biologiques dont l'énergie constante a dû correspondre sans cesse à l'impulsion interne

des organismes, le milieu marin a: présenté constamment une uniformité d'action particulière dont la surface terrestre ne jouissait pas. C'est par là que les grands groupes d'animaux ont conservé, tout en se subdivisant, les traces de leurs origines et les représentants mêmes de leurs premiers stades. En zoologie, les données embryogéniques sont à chaque instant confirmées par les études systématiques, et la faune actuelle suffît bien à elle seule pour rétablir les traits principaux de l'arbre généalogique des animaux. Tous les types fondamentaux, tous les embranchements nous sont conservés. Ils ont tous leur point de départ dans la mer, de telle sorte que l'histoire des animaux marins suffit pour nous dévoiler les plans organiques essentiels de l'animalité. Mais le spectacle change si, descendant des grands types d'embranchement, nous ne considérons plus que les groupes secondaires, les classes, par exemple, dont les représentants, tout en gardant le cachet de leur origine, ont dû s'adapter à un moment donné aux conditions de la vie aérienne. Immédiatement, nous sommes frappés par une curieuse particularité et nous constatons que les liens nous font défaut, dans la nature actuelle, pour rejoindre sans interruption ces animaux à la souche antérieure dont ils se sont détachés. Les Arachnides, les Insectes et les Myriapodes, malgré l'existence des Mérostomates marins, ne nous laissent pas découvrir leurs stades originaires et nous sommes forcément réduits, pour nous éclairer, à invoquer l'espoir des recherches paléontologiques futures. Les hiatus s'offrent à chaque instant aussitôt que l'on interroge les séries juxtaposées des Vertébrés terrestres. Gomment rattacher aux Mammifères les Batraciens, les Reptiles et les Oiseaux, si nous n'avons recours à tous les types éteints, Batraciens- Reptiles, Reptiles-Oiseaux, Reptiles-Mammifères, dont les uns nous sont déjà rendus par la paléontologie et dont les autres viendront quelque jour justifier les prévisions des transformistes. Là pourtant, il nous est donné de saisir un phénomène des plus saillants et dont la signification ne doit pas nous échapper :

Page 1