‹ L'évolution du règne végétal: Les phanérogamesChapitre 10 sur 162 · ÉVOLUTION DES ÉLÉMENTS DE LA FLEUR · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION DES ÉLÉMENTS DE LA FLEUR

rejetée sur les parties accessoires; elles les a modifiées de proche en proche et les a utilisées en les accommodant aux nouvelles fonctions qu’elles étaient destinées à remplir. De là est sortie une nouvelle ordonnance plus complexe et tout aussi régulière que la première, dans laquelle la fleur, perdant de son individualité, n'a plus été qu’un élément secondaire, faisant partie intégrante d’un ensemble d’un ordre plus élevé, puisqu'il résulte du rapprochement symétrique d’une réunion de fleurs, dépendant d’un support commun ou réunies dans une même enveloppe.

Parmi ces combinaisons organiques très diverses et indéfiniment variées, il est juste de distinguer, comme représentant un des types floraux les plus anciennement fixés des Monocotylées, le spadice, d’où les Spadiciflores, qui comprennent actuellement les Aroïdées et les Pandanées, tirent leur nom. Le spadice est un axe modifié, converti en support sur lequel les fleurs, réduites généralement à leurs éléments les plus indispensables, sont directement implantées et le plus souvent en très grand nombre, comme si elles provenaient de bourgeons sexués diversement distribués à la superficie de cet axe, ordinairement muni à la base d’une spathe, c’est-à-dire d’une ou plusieurs feuilles lui servant d’involucre.

Ainsi, le spadice dans son ensemble constitue un appareil, ou, si l’on veut, une combinaison florale d’une complexité supérieure à celle qui a prévalu dans l’immense majorité des Angiospermes, où chaque fleur garde son individualité. Ce n’est point ici un axe primaire, un simple rameau dont la réduction immédiate aurait entraîné la naissance de l'organe ; il s’agit plutôt du groupement d’axes rudimentaires, sortis du premier à l’état de bourgeons et finalement distribués dans un ordre déterminé. Sous ce rapport, le spadice ressemble au strobile des Conifères; il appartient, à ce qu'il semble, au même ordre de génération et a dû atteindre de bonne heure le degré de complexité que nons lui connaissons. C’est là une ordonnance florale essentiellement inadaptive, c’est-à-dire qui, une fois constituée, n’a plus donné lieu qu’à des variations secondaires, sans pouvoir se prêter à des combinaisons ultérieures. Le spadice réalise une disposition comparable à celle d'où la fleur des Magnoliacées est sortie; mais on voit immédiatement que cette analogie est surtout apparente; au fond, l'appareil spadiciflore est moins plasti-

20 STADE ANGIOSPERMIQUE. — MONOCOTYLÉES.

que et il résulte d’une combinaison organique plus avancée d’un degré. Il existe, il est vrai, plusieurs manières de la concevoir, mais la plus simple et la plus naturelle consiste à reconnaître dans le spadice un axe en voie d'évolution, privé ou dépouillé de ses feuilles, sur lequel prendraient naissance des bourgeons

Fig. 112, — Appareil reproducleur spadiciforme d’une Aroïdée. — Le spadice A est celui d'un Scindapsus, il est enveloppé inférieurement de sa spathe et entièrement recouvert d'organes reproducteurs contigus et connivents, distribués en rangées spirales multipliées. — B, représente une des fleurs vue isolément et par côté; l'ovaire surmonté d’un bouton stigmatique et [dépourvu de périanthe porte à sa base les étamines au nombre de 6, dont les deux antérieures manquent. — C, montre le même organe vu par dessus; on constateÿque l'ovaire est à six pans et qu’à chacun des pans correspond une étamine dont le filet supporte une anthère terminale à son sommet,

de seconde génération, précocement formés et arrêtés dans leur développement par la sexualité. On conçoit que sur le spadice

les éléments sexués, ne répondant pas à des feuilles, mais

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