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TABLEAU RAISONNÉ DE L'ENSEMBLE DES CARACTÈRES

phénomène cambiogène, originairement sans doute peu prononcé ou sujet à des irrégularités et à des déviations, réalisant des retours partiels vers le type caulinaire des Monocotylées, a dû se développer de façon à acquérir enfin une fixité, une intensité et une régularité distinctives de l’ensemble des types ligneux de la classe. — De leur côté, les types vivaces non caulescents, c’'està-dire à rhizome souterrain, rampant ou oblique, ont pu acquérir leur structure par des adaptations variées à des conditions spéciales d'existence, surtout en se subordonnant aux végétaux à tige ligneuse verticale, tandis que les types purement herbacés se différenciaient jusqu’à devenir annuels, c'est-à dire ne survivant pas à l’accomplissement de leurs fonctions reproductrices.

20 Proportion générale et mode de ramification de la tige: — structure des feuilles et phyllotaxie. — Par un phénomène qui n’est pas sans liaison avec les conséquences du plan caulinaire, la tige, non plus massive ni résultant, lorsqu'elle est érigée, d’une accumulation de faisceaux foliaires descendants et entrecroisés, ne reçoit qu'un nombre relativement restreint de ces faisceaux, promptement réunis en anneau. Elle est par cela même plus menue et non pas encombrée, au sommet de l’axe végétatif, de feuilles engainantes par la base. De nombreux bourgeons secondaires facilitent la ramification de la tige principale qui s'opère normalement par dichotomie sympodiale, mais dont la régularité s’altère par suite de l’avortement constant d’une notable partie des bourgeons. — On constate une réduction, sans doute graduelle, de la partie vaginale primitive de la feuille, exceptionnellement développée par l'effet d’une régression, le plus souvent ramenée à la partie dilatée la plus inférieure du pétiole ou disparaissant totalement dans les feuilles sessiles. — Région limbaire terminale développée aux dépens de la précédente; le pétiole représentant le point de jonction et d’articulation des deux parties. — Limbe très diversifié; nervation généralement ramifiée en réseau. Nous reviendrons plus loin sur ces divers points. L’amoindrissement de la région vaginale et le développement corrélatif de la région supravaginale constituent visiblement le trait dominant de la feuille dicotylée. Celle-ci, à la fois différenciée et amoindrie, n’embrasse plus qu'une faible partie de l'étendue périphérique correspondant à son plan d'insertion, et par là elle influe sur la conformation de

66 STADE ANGIOSPERMIQUE. — DICOTYLÉES.

la tige, au sein de laquelle elle n’introduit qu’un nombre de plus en plus limité de faisceaux fibro-vasculaires primitifs. — Feuilles soumises à deux ordonnances principales qui cependant, chez les Laurinées par exemple, offrent des passages de l’une vers l’autre, témoignant contre leur fixité absolue : tantôt opposées, c’est-àdire gardant sur la tige adulte l’ordre primitif représenté par les deux cotylédons égaux, chaque paire se croisant avec la précédente et la suivante, tantôt spiralées et alors subordonnées le plus souvent à la formule phyllotaxique 2/5, c’est-à-dire constituant un cycle de cinq feuilles, avec deux tours de spire avant que la première feuille du cycle suivant se retrouve au-dessus de la première du cycle que l’on considère. Ces ordonnances, malgré leur prédominance, n’excluent cependant pas une spirale plus simple, entre autres celle qui est exprimée par la formule 1/3, plus particulièrement affectée aux Monocotylées et que beaucoup de Dicotylées ont cependant retenue.

3° Axe floral, constitution de la fleur et signification de ses différentes parties. — L’axe floral ne diffère pas, à l’origine, du rameau ordinaire; seulement, il porte des feuilles sexuées au lieu de feuilles normales : ce sont les androphylles et les carpophylles; ceux-ci toujours placés à la partie supérieure de l'axe, conformément à ce qui existe également chez les Monocotylées. Les feuilles sexuées, supports d’anthères en bas, supports d’ovules au-dessus des premiers, ont pu occuper du reste une étendue variable du rameau floral, soit son extrémité terminale seulement, soit une portion notable ou la totalité du rameau floral, soit encore son milieu. Elles comprennent une ou plusieurs paires, un ou plusieurs cycles successifs, obéissant aux mêmes tendances phyllotaxiques que les feuilles normales, soumises par conséquent, comme celles-ci, à la prédominance de l’ordre opposé ou de l’ordre quinconcial, plus rarement de la formule 1/3, ou enfin obéissant à des formules spirales plus compliquées. Le rameau floral, ainsi constitué, tend à se modifier et à se transformer par la réduction et le rapprochement des paires et des cycles convertis en verticilles, alternes et successifs, ou en lignes spirales très denses. De ” la prédominance originaire des rangées par paires ou par disposition en quinconce sont sortis les verticilles de 4 — 8 — 5, tantôt simples, tantôt redoublés et toujours alternants, qui gouvernent la symétrie florale des Dicotylées. — Les cycles de

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