‹ L'évolution du règne végétal: Les phanérogamesChapitre 32 sur 162 · FEUILLE A LIMBE RUDIMENTAIRE DES SARRACENA · texte numérisé non relu

FEUILLE A LIMBE RUDIMENTAIRE DES SARRACENA

sommet d'une gaine repliée en cornet. Les premières phases de l'évolution foliaire, traversées par les autres Dicotylées à un moment donné de leur existence antérieure, se trouvent ici reproduites d’une façon normale et permanente, et le type en

Fig. 121. — Modification graduelle des organes foliaires et floraux du groupe des Nymphéinées. — A, Sarracena, plante montrant des feuilles non différenciées et d'autres dont le degré de différenciation demeure normalement rudimentaire. — B, carpelles libres d'un gynécée de Cabomba. — C, carpelles libres, mais encastrés dans des alvéoles creuses, à la surface du réceptable accrescent d'un Nelumbium, N. luteum. — D, fleur fécondée d'un Nuphar montrant les carpelles soudés en un ovaire pluriloculaire, surmonté d’une rosette stigmatique., — (D'après Baillon).

question nous ramène à une époque où la elasse entière ne possédait encore que des feuilles imparfaitement évoluées.

En examinant l'embryon en germination du Darlingtonia, on voit que les cotylédons se trouvent justement réduits à la seule partie vaginale, par conséquent au plus haut degré de

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simplicité. Les feuilles suivantes, repliées en cornet tubulaire, s’allongent en un appendice terminal, et cet appendice, épanoui en une double languette, donne lieu à la feuille normale de ce type, qui n’est elle-même que la feuille normale des Dicotylées demeurée rudimentaire.

La feuille des Sarracénées se rapporte donc au début du stade pendant lequel cet organe, chez les Dicotylées, commença à se diversifier et à acquérir un limbe distinct de l’appendice vaginal. C’est ce même stade auquel se rapportent la plupart des cotylédons foliacés, et un certain nombre de types, tels que ceux que nous citions plus haut, ne sont pas allés au delà. Ils présentent par conséquent des feuilles normales semblables soit à leurs propres cotylédons, soit à ceux des autres plantes qui, à l’état adulte, développent des feuilles différentes des embryonnaires. Le type cotylédonaire est reconnaissable aux nervures latérales, au nombre d’une à plusieurs paires, qui accompagnent la médiane et vont rejoindre celle-ci, soit en se prolongeant jusqu'au sommet de l'organe, soit en s’anastomosant avec des rameaux sortis de la médiane. — On observe des feuilles semblables dans le Parnassia palustris, où elles ont sept nervures; dans le Cornus mascula, où elles en ont cinq à sept. Dans certains Convolvulus (Calystegia), les Aristoloches, les Polygonées, ete., les feuilles embryonnaires et les feuilles normales sont en assez étroit rapport de forme et de nervation. — L’ÆHedera caucasica conserve toujours des feuilles ovalo-cordiformes, trinerves, qui diffèrent peu des cotylédons de la plantule (voir la figure 118). Il en est de même des Celtidées, Morées, Pipéracées, Ménispermées. Les feuilles triplinerves de plusieurs Caryophyllées, Myrtacées, Laurinées (Cinnamomum), Protéacées, Coriariées, ete., affectent ce même caractère, Leur différenciation n’est pas allée au delà de celle de la moyenne des feuilles embryonnaires dicotylées, celles des Cucurbitacées, des Laurinées et Hédérées étant choisies comme type. En adoptant un ordre ascendant, on peu dire que les Sarracena marquent le point de départ et les feuilles normales des Viscum, Conospermum, Protea, Cinnamonum, Cornus, Parnassia, Hedera,. Coriaria, ete., le point d'arrivée de l’évolution foliaire dont les cotylédons d’une façon générale nous traduisent les termes variées et les résultats partiels. C’est à ce moment de l’évolution foliaire que, le limbe se trouvant

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