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APPAUVRISSEMENT ET ÉLIMINATION DES PARTIES

chez les Magnoliacées, la fleur se trouve ramenée à de faibles dimensions, dépouillée de la plupart des éléments accessoires et réduite à peu près aux seuls organes sexués.

Si nous considérons un de ces groupes, les Quercinées, par exemple, nous reconstituerons sans trop d'efforts les appareils primitifs, en retrouvant, à l’aide des vestiges des parties avortées ou diminuées, l’aspect qu’ils ont dû avoir à un moment donné. C’est une évolution d’une nature différente de celle à laquelle on doit les soudures, ayant également pour but la sûreté de la

Fig. 121. — Exemple d’une récurrence vers la slruclure hermaphrodile des fleurs normalement unisexuées des Quercinées. — A, rameau de Quercus lex L., présentant en « un chaton femelle et en & plusieurs chatons mâles érigés, pourvus de fleurs semi-androgynes. — a représente une des fleurs femelles grossies et b b deux fleurs androgynes très fortement grossies dont une dépouillée de son périanthe laisse voir un ovaire rudimentaire entouré de plusieurs étamines (d’après nature).

reproduction. Le résultat voulu est identique, mais il a été poursuivi dans des temps divers et des conditions distinctes, à l’aide de procédés variables. Nous verrons plus tard que la fécondation croisée est un de ces procédés et que la forme, la structure, l’éclat même et l’odeur de la fleur n’y ont pas été étrangers. Mais la PHANÉROGAMES. au —\7

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fécondation croisée s’opère surtout au moyen de la monœcie et de la diœcie, par la séparation des sexes ; elle résulte autant de l'intervention du vent que de celle des insectes, et, dans le premier cas, l'abondance des poussières de pollen est un des facteurs du phénomène. Nous pensons que la structure des appareils floraux par appauvrissement des parties accessoires, en agglomérant les fleurs mâles sur des axes séparés et flexibles, après les avoir distraites des inflorescences femelles, a dû rendre plus efficace l’action du vent, comme agent de fécondation et par conséquence de croisement. Il est certain que les Amentacées, dont nous allons dire un mot, sont au premier rang des plantes dicotylées anémophiles.

Prenons un chène : les sexes sont ici séparés sur des chatons qui diffèrent entre eux par la situation, la structure et la consistance. Les mâles, grêles et décombants, occupent la base d’un jet nouveau, à l’aisselle des feuilles; les femelles, plus courts et plus raides, se montrent vers le haut de ce même jet. Ces chatons sont pourtant homologues et l’on observe exceptionnellement des individus chez lesquels ils tendent à s’égaliser, en manifestant une disposition plus ou moins prononcée vers l'androgynie. Ils deviennent alors uniformément érigés et pourvus à l’aisselle de leurs bractées de petits bourgeons dont les écailles servent de collerette à une fleur centrale, qui porte à la fois des étamines insérées sur le périanthe et un ovaire, celui-ci soudé partiellement avec ce périanthe et surmonté d’un style tripartite équivalent à trois carpelles.

D'après cela, les chatons ou axes sexués des Quercinées auraient été d’abord des rameaux axillaires, c’est-à-dire de seconde venue par rapport à un rameau principal, qui de l’aisselle de leurs propres feuilles auraient donné naissance à des bourgeons de troisième venue, arrêtés dans leur développement et dont les feuilles modifiées auraient involucré une fleur unique primitivement terminale. Mais ces bourgeons de troisième venue, ayant subi un point d’arrêt, ont dù eux-mêmes répondre originairement à des axes feuillés plus ou moins longs et hermaphrodites, ensuite diversement modifiés et ne retenant que l’un des sexes. On jugera sans peine de la série d’appauvrissements successifs qu'il faut nécessairement présumer, avant que ces axes floraux primitifs aient été réduits aux seules parties indispensables : un

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