‹ L'évolution du règne végétal: Les phanérogamesChapitre 42 sur 162 · ÉVOLUTION FLORALE DES QUERCINÉES · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION FLORALE DES QUERCINÉES

périanthe à 5-6 divisions pour les mâles, un bourgeon avorté à prophylles soudés en cupule involucrale pour les femelles, et qu'ils n’aient plus offert, en fait de supports, au lieu du rameau feuillé du début, que le chaton garni de bractéoles qui supporte actuellement les fleurs.

Le châtaignier, dont la transformation s’est arrêtée plus tôt, montre une des phases antérieures de l’évolution florale dont les chênes représentent le terme le plus avancé. Chez lui les axes de l’inflorescence sont tous érigés et homomorphes; c’est à l’aisselle des bractées de ces chatons que paraissent les fleurs, correspondant ainsi à des bourgeons de troisième venue ou même de quatrième, lorsque les chatons sont rameux. Les plus inférieurs de ces chatons ne portent que des fleurs mâles ; mais à mesure que l’on remonte vers le sommet de l’axe primaire, les chatons de-

-viennent androgynes et les fleurs les plus inférieures de chacun

d’eux exclusivement femelles. Le nombre 3 préside ici au plan de la fleur; le périanthe à six segments des fleurs mâles entoure une douzaine d’étamines, avec un rudiment d’ovaire dans le milieu. Le style à six divisions des fleurs femelles est l'indice de la présence originaire de six carpelles soudés entre eux et avec le périanthe également à six divisions. Trois de ces fleurs sont enfermées dans chacun des involucres ou bourgeons avortés, à écailles transformées en piquants, destinés à envelopper le fruit. Tout dans le châtaignier confirme les métamorphoses présumées que l'examen du chêne laissait entrevoir. Les fleurs femelles, au nombre de trois par involucre, attestent que cet organe a dù constituer primitivement un axe feuillé garni de fleurs axillaires, et la situation des fleurs femelles à la base des chatons androgynes, ou mâles dans le haut, fait toucher au doigt que c’est bien par un arrêt de développement que les appareils se sont formés. Les fleurs femelles appartiennent visiblement à une génération plus avancée d’un degré que les mâles et se trouvaient originairement situées à l’aisselle des feuilles d’un axe de troisième ordre; elles représentaient donc elles-mêmes des bourgeons de quatrième venue et les bractées sous-tendantes, rapprochées et soudées ensemble à la suite de leur transformation, ont donné naissance aux piquants de l’involucre.

On retrouve donc ici la trace d’une longue suite de transfor-

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mations par réduction, étiolement, point d’arrêt et élimination, dont les Quercinées ont été le siège à une époque primitive, antérieure à leur existence historique. Les Faginées, au moins aussi anciennes que les Castanées, et constituant un type parallèle et non pas dérivé par rapport à celles-ci, nous découvrent une combinaison assez différente, puisque chez elles, au lieu de chatons, on observe des glomérules ou réunions de fleurs en capitules pédonculés, sortant directement de l’aisselle des feuilles normales. Les périanthes campanulés qui entourent les fleurs mâles ne diffèrent que par le nombre plus variable et un degré plus avancé de soudure des segments qui les composent, des organes correspondants des Castaninées. L'involucre des fleurs femelles manifeste, de son côté, plus de complexité de structure ; les fleurs qu’il renferme, au nombre de trois, sont trimères et par conséquent tricarpellées. Au total, on remarque un degré de génération de moins dans l'appareil femelle des Faginées comparé à celui des Castaninées, en sorte que chez les premières il existe une homomorphie des organes mâle et femelle comparés entre eux. La déhiscence régulière de l'involucre, devenu capsulaire, la séparation plus marquée de deux catégories d'inflorescences dénotent chez les Faginées un degré spécial de transformation organique.

L'évolution explique donc les moindres particularités de la structure florale caractéristique de chaque groupe et elle nous montre iei les Faginées évoluant à part des Castaninées, bien que sorties originairement du même point de départ que cellesci, tandis que les chènes ou Quereinées propres, dérivés des Castaninées, ne constituent, malgré leur importance, qu’un groupe subordonné, parvenu à un degré de transformation plus avancé que ces dernières. Le moyen n’a pas varié; c’est toujours par voie d’appauvrissement et d'élimination, par une réduction graduelle des parties atténuées ou disparues, par la soudure s’appliquant surtout aux éléments de l'organe femelle que le groupe tout entier s’est différencié. En considérant particulièrement les carpelles primitivement distincts, on remarque leur fusion en un fruit divisé en autant de loges qu'il y avait de carpelles. C’est ce fruit que possèdent encore les Chataigniers; mais dont les cloisons, d'abord incomplètes , s’effacent finalement dans celui des Chênes ou gland, qui ne renferme le plus souvent

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