Revue hortic., 1881, n°s 21 et
2. Les Vignes américaines, par E. Planchon, Montpellier, 1875.
AMPÉLIDÉES PRIMITIVES. 174
Ces nuances sont tellement faibles et l'intervalle qui les sépare si aisé à franchir dans la plupart des cas, que l’hybridation s’exerce d’une espèce à l’autre, aussitôt que l’action de l’homme ou le hasard de l'extension géographique viennent à les mettre en présence. L’isolement seul a constitué l’espèce et seul aussi il est capable de la maintenir. Mais le métissage luimême est proportionnel à l’amplitude de la différenciation ; son action s'affaiblit ou s’accroit selon qu’elle est plus où moins prononcée, et ici le degré d’affinité plus ou moins intime n’est que l'expression exacte de la parenté généalogique des formes sorties d'un même rameau, encore plus d’un même ramule, se touchant de plus près et se mêlant plus aisément que celles qui proviennent d’une bifurcation plus ancienne de la branche des Vitées et encore plus des Ampélidées réunies.
L'application des idées qui précèdent à l'examen des espèces fossiles d'Ampélidées, loin de les contredire, leur apporte l'appui de la vraisemblance, et c’est bien ainsi, c’est-à-dire à l’aide de dédoublements successifs, aboutissant à un ensemble de formes alliées de très près, que le groupe entier a dû sa multiplication et sa diffusion à travers les périodes géologiques, à partir de la craie supérieure.
Ce serait à cette époque qu'il faudrait rapporter les premiers vestiges d’Ampélidées non encore différenciées, si les Chondrophyllum d’Ettingshausen et les Cissites insignis et formosus de Heer, le premier de la craie du Nébraska, le second de celle du Groënland, avaient été attribués justement aux Ampélidées. Mais le Chondrophyllum tremulæfolium Brngt., de Niederschæna, le mieux caractérisé de tous, ressemble tout autant à une Hamamélidée qu’à une Ampélidée, tandis que, de leur côté;les Cissites insignis et formosus répondent mieux à des Araliacées.
Il faut donc se placer sur l’horizon paléocène de Sézanne et de Gelinden pour rencontrer à la fois et sous une apparence déterminable, avec des Viburnées, des Araliacées, Cornées, etc., de vraies Ampélidées, c’est-à-dire tout un ensemble de familles réciproquement alliées et dont la présence simultanée est un indice de plus de leur commune divergence d’une tige mère, dont les premiers rameaux se seraient montrés dès l'âge précé-
4. Voy. Phyllites du Nébraska, p. O. Heer, tab. 2, fig. 5, el FT. foss. arctica, von O. Heer, VI, 2 Abtheil, p. 85. tab. 21, fig. 5-8.
dent; ce fait est au moins certain pour l’une de ces familles, celle des Araliacées.
Les genres issus et Vitis ont à la fois des représentants dans la flore de Sézanne. Le Vitis sezannensis Sap. et le Cissus primaæva Sap., ont des feuilles qui se ressemblent assez pour avoir été d’abord confondues en une seule et même espèce. Ces feuilles sont dentées le long de la marge, mais entières et par conséquent tracées sur un modèle relativement simple.
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