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ESPÈCES PRIMITIVES DE NOISETIERS

le noisetier ordinaire (Corylus avellana L.), le noisetier d'Orient (€. colurna), le noïsetier de Mongolie (C. heterophylla Fisch.), enfin les noisetiers d'Amérique (C. rostrata Ait. et C. americana

Fig, 136. — Organes caractéristiques de Corylacées vivantes el fossiles comparés. — A, fruit présumé du Corylus Mac-Quarii (Corylus Lamottii Sap.), du miocène inférieur de Ménat. — B, Corylus americana Walt., fruit revêtu de son involucre, — C, Corylus

ferox Wall. (Acanthochlamys), du Népaul, fruit revêtu de son involucre, d’après des dessins communiqués par M. E. Bureau. — D, Carpinus cuspidata Sap., du miocène inf, de Saint-Zacharie (Var), feuille complète. — E, feuille du Corylus ferox montrant le passage des Corylus aux Carpinus. — À, Bet C sont figurés de grandeur naturelle; D et E sont diminués de moitié,

Walt.). Originairement, les Corylus paraissent avoit dévié des Carpinus et, ce qui tend à le prouver, c’est l’existence de deux

espèces asiatiques actuelles qui opèrent une transition plus ou moins prononcée vers le dernier de ces groupes : l’une est le Corylus ferox Wall., du Népaul, qui constitue à lui seul la section Acanthochlamys; l'autre est l’Ostryopsis Davidiana Dne, qui se distingue par la nature de son involucre fructifère formé de de deux bractées tubuleuses, dont l’une enveloppe la noisette, qui est fort petite, tandis que l’autre se trouve rejetée sur le côté. Les feuilles de ces deux Corylacées rappellent celles des Charmes par le contour extérieur et la disposition des nervures .

Si le fruit de Ménat, signalé par l’un de nous sous le nom de Corylus Lamottii représente, comme tout porte à le croire, celui d’une Corylacée prototypique, il dénoterait l’une des étapes que ces sortes d'organes auraient traversées avant de revêtir la forme définitive que nous leur connaissons. On observe effectivement dans le Corylus Lamottii les éléments essentiels de structure des fruits de Corylacées, c’est-à-dire une noisette enveloppée par un involucre denté sur les bords et occupé par des nervures anastomosées à l’aide d’un réseau de veinules intercalées. On distingue même la trace des deux rameaux stigmatiques subulés qui surmontent l’ovaire. Seulement la noisette est ici des plus petites ; l’involucre la dépasse beaucoup et l'organe fructifère, loin d’être sessile, est soutenu par un assez long pédoncule ?. Dans cet état, l'appareil fossile n’est pas sans ressemblance avec celui des charmes, principalement du Carpinus orientalis. Le pédoncule se serait amoindri chez les Corylacées, à mesure que la noisette prenait de l’extension et que l'involuere lui-même accentuait, en les diversifiant, ses incisures marginales. Ces incisures, dans l’organe supposé primitif, ne consistent que dans de simples dentelures. Ce sont des lobes simples et acuminés dans le Corylus heterophylla et des lacinies compliquées d’une frange de lobules secondaires dans la plupart des espèces de la section Avellana.

1. Voy. à cet égard le Prodromus Syst. nat. regni veget., auct. Alph. de Candolle, XVI, sect. post., p. 129, Corylaceæ, q. Corylus, Tourn., sect. Acanthochlamys. Voy. en outre, Decaisne, ir Bull. soc. bot. de Fr., XX, p. 55, et Baillon, Hist. des pl., NI, p. 224.

2. On observe ce même pédoncule chez les noisetiers actuels dont les fruits sont pédonculés, lorsqu'ils se trouvent géminés, c’est-à-dire quand il existe deux noisettes accolées sur le même support. Les noisettes solitaires sont sessiles ou n’offrent généralement qu’un très court pédoncule.

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