ESPÈCES PRIMITIVES DE PEUPLIERS
L’involucre du Corylus ferox se trouve hérissé de dents épineuses ramifiées (fig. 136, en C).
Il serait aisé de multiplier les exemples et de faire voir les charmes et les bouleaux suivre la même marche et se montrer aux environs du pôle avant de se répandre et de se multiplier dans l’Europe du centre et du midi. Le même phénomène est visible en ce qui touche les peupliers.
Nous avons signalé le type des peupliers coriaces (Sect. Zuphratica) dans la craie arctique. Bien plus tard, dans le miocène, nous le retrouvons en Suisse et maintenant il se trouve relégué au sud de la Méditerrannée. Mais le type des peupliers à feuilles crénelées, représenté de nos jours par les Populus nigra, ciliata, candicans, angulata, ainsi que le type Zremula, ne se sont pas autrement comportés.
Il existe déjà des peupliers à feuilles crénelées dans la craie américaine du Dakota-group ‘, et le Populus primigenia Sap., du paléocène de Sézanne, qui se rattache par l'aspect de ses feuilles aux Populus candicans Aït., et laurifolia Lebeb., atteste l'ancienneté du type en Europe. Mais ces premiers peupliers semblent avoir eu des feuilles coriaces et persistantes.
Il n’en est pas de même du Populus Zaddachi Hr., que M. Heer rapproche des Populus balsamif era, angulata, monilifera actuels et qui touche également au Populus candicans. C’est là certainement un vrai peuplier de la section des Marginatæ. Il existe au Spitzherg et au Groënland et se retrouve plus au sud dans les flores miocènes de l’île Sakalin et de l’Alaska. Dans la seconde de ces localités, il est accompagné des Populus balsamoides, latior et glandulifera. Des formes analogues de peupliers se montrent à la même époque dans le Zignitic des territoires de l’Ouestaméricain. Dans l’Europe contemporaine, c’est la région de l’ambre, au bord de la Baltique, qui laisse voir ce même Populus Zaddachi de l'extrême nord. Enfin, toujours sur l'horizon de l’Aquitanien, Manosque, Armissan et Ménat nous révèlent la présence de formes analogues de peupliers. Partout alors, qu’ils arrivassent des contrées polaires ou qu'ils descendissent des montagnes, ces arbres commençaient à se propager au bord des lacs.
Ils croissaient en nombre et en importance, tandis que dans