‹ L'évolution du règne végétal: Les phanérogamesChapitre 95 sur 162 · Voy. Il. of, cretac. and. tert. Plants, pl. UL, fig · texte numérisé non relu

Voy. Il. of, cretac. and. tert. Plants, pl. UL, fig

les temps immédiatement antérieurs de l'éocène supérieur et du tongrien, ils paraissent absents de tous les gisements explorés. Dans les gypses d'Aix, les seuls vestiges de peuplier consistent en des capsules bivalves, en quelques écailles bractéales éparses, qui dénotent vraisemblablement la présence du type euphratica, comme si quelque peuplier de ce type, cantonné à l'écart, avait livré au mouvement des eaux de légers débris, détachés au moment de la floraison, sans que les feuilles eussent eu la facilité de suivre le même chemin.

Le peuplier d’Armissan, un des mieux connus, a les crénelures de ses feuilles visiblement glanduleuses ; le contour est largement ovale, le sommet atténué en une pointe fine. Le limbe mesure jusqu’à 15 centimètres de long, sur une largeur maximum de 12 centimètres. Cette belle espèce tient à la fois des Populus candicans Aït., et ciliata Wall. À Ménat, on rencontre un autre peuplier encore inédit, le P. palæocandicans Sap., dont le double lien avec le P. candicans actuel, d’une part,et le P. Zaddachi de la zone arctique, de l’autre, ne saurait être contesté.

Ce mouvement de diffusion et de développement des peupliers ne s'arrête plus en Europe, à partir de l’aquitanien. On voit alors se montrer le type éremula, dont la zone arctique comprend une première épreuve dans le P. Richardsoni de Heer. Les angiles miocènes du bassin de Marseille ont fourni en effet, à côté d’autres formes se rattachant aux types nigra, candicans, ciliata un véritable tremble, P. fremulæfolia; à Radobo)j, à la même époque, c'est le Populus heliadum Ung. Ces espèces sont les ancêtres et les prédécesseurs des nôtres. Les liens multiples qui les rattachent aux espèces vivantes de l'Amérique du nord, la découverte de plusieurs d’entre elles, à l’état fossile, dans le miocèné de l'Alaska, montrent bien que leur berceau primitif doit être placé assez avant vers le nord, dans une région attenante aux terres circumpolaires, d’où elles auraient rayonné dans plusieurs directions à la fois, en gagnant le sud. Mais dans cet exode dont les épisodes nous demeurent inconnus, les divers types de peupliers peuvent avoir été cantonnés çà là dans le sein, sur la croupe ou vers le sommet des montagnes, de manière à revêtir peu à peu des caractères spéciaux et à aboutir à un parallélisme morphologique qui expliquerait l’homologie des formes américaines et européennes ou asiatiques, sans qu'il fût

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