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Devenir social, novembre 189G, p

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difficile qu'une révolution idéaliste ne soit pas sanguinaire. Nous autres, nous sommes pour une révolution fondée sur la connaissance du possible, et une pareille transformation ne comporte point de prescriptions. » — Nous doutons seulement que les marxistes militants soient aussi modérés que M. Sorel. Le vieil esprit marxiste était plein de fureur révolutionnaire, mais du moins la violence de ses actes eût été en harmonie parfaite avec sa philosophie, qui se rit du droit, de la justice, de la fraternité, « et autres principes mirobolants », et ne songe qu'à mettre la force au service de rintérêt, afin de hâter révolution fatale.

Mais il ne faudrait pas attribuer trop d'importance à ces querelles théoriques. Nous fûmes frappé de Tair dédaigneux, presque méprisant, avec lequel un des chefs du socialisme allemand, M. de Volmar, prononçait un jour devant nous ce mot theoretisch ; il y mettait un accent tout particulier. Nous avons entendu de môme, dans des congrès, d'autres chefs faire bon marché des doctrines. Les discussions purement doctrinales n'ont jamais amené de scissions dans les partis, ou du moins elles en ont été le prétexte plutôt que la cause véritable. La contradiction des doctrines n'a pas empêché M. Gabriel Deville et ^L Renard de voter d'accord au Congrès de Londres. M. Jaurès n'a môme pas pris la peine de défendre contre ^L Deville la mémoire de Benoît Malon, et il a fait, dans la Petite République, un éloge magnanime de son livre Principes socialistes. Les vraies causes de division dans le monde socialiste, ce sont les

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