‹ L'évolution du socialismeChapitre 2 sur 78 · II. - LE SOCIALISME D'ÉTAT DE NAPOLÉON III · texte numérisé non relu

II. - LE SOCIALISME D'ÉTAT DE NAPOLÉON III

Par 7.481.8G3 voix contre 238.582, la nation avait acclamé l'Empire. Le suffrage universel, établi par la République, faisait passer l'influence du côté du grand nombre. C'est là un événement immense, sans précédent dans l'histoire, que ce déplacement de souveraineté. Il est le résultat des transformations économiques, de l'importance croissante des classes laborieuses. Sous peine de courir aux abîmes, tout gouvernement sera tenu désormais de servir les intérêts de ceux dont il tient le pouvoir.

Dans les grands changements qui étaient en train de s'accomplir depuis quinze ans, — développement de l'industrie, du crédit, des chemins de fer, réforme douanière, — la bourgoisie, à la tête de toutes les entreprises, ne demandait qu'ordre et stabilité. Les petits bourgeois, les petits rentiers, dont le nombre s'élève de 292.000 en 1848 à 1.095.688 en 1867, se montraient bonapartistes ardents. Les classes rurales, satisfaites d'un énorme accroissement de bien-être et de profit, ont toujours témoigné, dans tous les plébiscites, leur attachement à l'Empire.

Restait la classe ouvrière, la plus inquiète et la plus remuante. La Révolution de i848 avait éclairé sur le danger des questions sociales, sur la nécessité d€^s remèdes. La politique du second Empire fut de 4étourner, comme le premier, vers la gloire juilitg^fe, les cpyrants révolutionnaires; de main-

Page 1