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LE MOUVEMENT OUVRIER DE 1871 A 1884 2G

parurent soudainement au Congrès de Lyon en 1878. La majorité partageait les mêmes idées que le Congrès de Paris. M. Finance, appartenant à l'école positiviste, un des leaders du précédent congrès, parlait de ménager, de gagner l'opinion publique. La plupart des orateurs exposaient des vues proudhoniennes. On définissait le salariat : « un état transitoire entre le servage et un état innomé ". On détournait des grèves, qui font hausser les prix des marchandises et nuisent à la consommation. D'autres orateurs ne voyaient de progrès que dans la liberté individuelle. On ne voulait plus de révolutions, qui font trop de victimes et mènent à la dictature. — Ces paroles ont d'autant plus d'importance qu'un nouveau courant se dessinait dans le sens du collectivisme, le courant coopérateur ayant dérivé au précédent Congrès de Paris. Les collectivistes, deux guesdistes, demandaient que les syndicats fussent considérés, non comme des moyens d'améliorer la condition de la classe ouvrière, mais, à l'imitation des cercles d'études, comme une organisation de forces de combat : ils doivent maudire tout rapport avec la démocratie bourgeoise, organiser les ouvriers en parti politique, afin de renverser un jour l'ordre existant. La proposition collectiviste ne put rallier qu'une dizaine de voix. Mais l'impulsion était donnée ; le Congrès de Lyon indiquait déjà que les syndicats allaient glisser dans les eaux politiques et révolutionnaires. La minorité se trouve la majorité l'année suivante, au congrès de JMarseille. Ce fut, en partie, l'etfet de la propagande par

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la presse. A U Egalité, organe officiel de M. Guesde et des collectivistes purs, se joint Le Prolétaire^ passé en 1878 sous la direction de Benoît Malon et de M. Brousse, qui alliaient les doctrines proudhoniennes aux théories marxistes, mitigées par celles de César de Paepe, et réclamaient la transformation successive des services privés, constitués en monopoles, en services publics, non seulement dans l'intérêt matériel de la classe» ouvrière, mais au nom de la justice. A côté de L'Egalité et du Prolétaire, surgissent Le Citot/pî}^ La Bataille^ La Commune libre, etc., etc. Un procès retentissant intenté à M. Guesde et aux principaux chefs des syndicats, à propos du Congrès international qu'ils avaient tenté d'organiser au mois d'août 1878, donnait à la propagande une grande publicité. Entre tant de groupes, de journaux, il manquait au parti communiste une organisation, une unité, qui lui permît d'arriver au parlement, grâce au suffrage universel. Le Congrès de Marseille fut son berceau.

Le Congrès de Marseille, u à jamais mémorable », est, aux yeux des marxistes, le plus important des Congrès qui se soient tenus en France jusqu'au Congrès international de Paris en 1889, tant à cause du nombre des délégués, que des décisions qui furent prises, et de leurs conséquences. (( La classe ouvrière, dit M. Lafargue, « remuée en ses profondeurs par les événements de la guerre, par la Commune, et surtout par le développement économique colossal qui eut lieu après la cession de l'Alsace -Lorraine,

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