Neue Zeit, 1890, p
marxistes ne voulaient pas démordre de leur pro gramme visant exclusivement la suppression de la propriété privée, les possibilistes, alors de beaucoup les plus nombreux et les plus influents dans les syndicats, et tout en maintenant le même idéal de société collectiviste de Favenir, s'attachaient exclusivement à des questions pratiques, telles que les meilleurs moyens d'assurer la représentation des intérêts ouvriers dans la société actuelle, et de rendre leurs revendications efficaces dans les corps élus. A partir de 1881, lorsque Joffrin pénétrait au Conseil municipal de Paris, leur nombre augmentait à chaque élection, ainsi que leur influence au sein du Conseil. En 1890, ils comptaient huit conseillers. On créa une commission des questions ouvrières et, pour les travaux publics, on mit des stipulations de salaire et de temps de travail dans le cahier des charges. Une Bourse du travail, dont il avait été question dès 1884, fut ouverte le 28 avril 1887, rue Jean- Jacques-Rousseau, dans un local provisoire, sous les auspices du Conseil municipal, avec une subvention annuelle de 20.000 francs. Les syndicats légaux et illégaux y étaient admis sans distinction. En 1892, elle était transportée dans le vaste édifice qu'elle occupe actuellement, avec une subvention annuelle de 100.000 francs ; la gestion en était confiée aux syndicats ouvriers.
La première idée des Bourses du travail n'est pas sortie des milieux ouvriers. Elle fut émise pour la première fois par j\L de Molinari en i843. Le but naturel, c'est la tarification des salaires,
les statistiques du travail, la substitution aux bureaux de placement pour les demandes et les offres d'emploi, un des points les plus importants des revendications ouvrières. Mais, à mesure qu'elles se développent, elles exercent, par leur mécanisme même, une grande influence sur l'organisation ouvrière, et tendent à la soustraire aux influences politiciennes, ou du moins à diminuer ces influences au profit des tendances purement syndicales.
Il s'était formé en France, depuis la loi de i884, des fédérations de syndicats par métiers, et des fédérations locales, entre syndicats d'une même ville. Mais ces fédérations locales, bien que théoriquement ouvertes à tous, ne contenaient eftectivement que les syndicats faisant partie des mêmes groupes politiques. Au contraire, dans les Bourses du travail, l'existence d'un syndicat suffit à l'amener à prendre place à côté des syndicats voisins ; il n'a qu'à accepter un règlement et non plus un Credo politique. Les syndicats et les groupes, divisés par la politique, se rencontrent à la Bourse du travail. Ils reconnaissent que seules les questions économiques les unissent. La Bourse, à cause des avantages qu'elle offre, attire des gens qui ne s'occupent que de leurs intérêts économiques, et qui ne se dérangeraient pas pour assister à des réunions socialistes, mais qui justement, par le groupement même de la Bourse, sont accessibles à la propagande socialiste. « La création des Bourses du travail, écrit M. Sombart, est une preuve de la façon intensive dont
une partie du mouvement syndical se développe en France... Les ouvriers français, jusqu'ici révolutionnaires et politiques, commencent à s'attacher à l'action économique, tandis qu'au contraire les Anglais accusent des velléités de s'écarter du point de vue exclusivement économique, malgré l'antipathie des Trade Unions pour le socialisme continental. »
Cet effet des Bourses du travail ne s'est produit, il est vrai, que peu à peu. A peine fondée, la Bourse du travail de Paris devint un champ de lutte des influences politiciennes et révolutionnaires. Les possibilistes, autour desquels s'était précédemment rangée la majorité des syndicaux parisiens, s'y trouvèrent prédominants, mais ils ne purent tenir devant l'invasion de la Bourse par les syndicats qu'on vit éclore spontanément de toutes parts, à la suite de la grève des employés d'omnibus de Paris, et qui apportèrent à la Bourse des ferments anarchistes de révolte et d'insubordination contre toute discipline : la lutte fut rendue plus aiguë encore par la complication des éléments politiques, à ce moment séparés en deux fractions sur la question boulangiste. La nomination du citoyen Ribanier, directeur delà Bourse, comme membre de la commission supérieure du travail, créée au commencement de 1891, détermina l'explosion. Un véritable coup d'Etat eut lieu à la Bourse même. La commission executive fut renversée par un coup de force, en une nuit. Les possibilistes, accusés de se servir de la Bourse du travail pour subvenlionner leurs orga-
nisations, étaient détrônés par les allemanistes, qui prétendirent tenir la Bourse en dehors de la politique, mais au service de la révolution. Les entrepreneurs n'allaient pas à la Bourse du travail et les placements étaient peu nombreux.
La Bourse de Paris devint, dès lors, la citadelle des syndicats révolutionnaires hostiles à la loi de 1884. Ils éliminèrent les ouvriers non syndiqués et les syndicats suspects demodérantisme. Ils publièrent Le Journal de la Bourse du Travail^ contre le capitalisme et les patrons, organisèrent des réunions publiques, constituèrent une caisse des grèves, et agitèrent la perspective d'une grève générale. Ils envoyèrent des délégués à différents Congrès sociahstes, et l'un d'eux, M. Chausse, lui-même conseiller municipal de Paris, au retour du Congrès de Saint-Quentin, publiait un plan de stratégie pour la guerre civile. On préparait des cadres comme, en 1871, les délégués des bataillons de la garde nationale, formant le Comité central, organisèrent la Commune.
Le gouvernement s'émut. Le ministre de l'intérieur, M. Dupuy, exigea des syndicats irréguliers, jusque-là tolérés, une soumission à la loi de 1884, avant le 5 juillet 1898. Sur leur refus, la Bourse fut fermée. Le 7 juillet, les syndicats publièrent une protestation insurrectionnelle ^ Cet appel à la population parisienne était signé des noms de Lafargue, Jaurès, Brousse, sans distinc-
1. Numéro du !» juillet 1893 du Dullel'in officiel de la Bourse du travail.
tion de parti. Il invitait les travailleurs à se préparer à la grève générale.
En réalité, les guesdistes considéraient que M. Dupuy leur avait rendu un plus grand service qu'à la société menacée, en fermant la Bourse devenue le foyer d'un mouvement révolutionnaire préparé par leurs adversaires, et dont la direction leur échappait. Dans un article du Matin, M. Guesde félicitait M. Dupuy, qui encombrait de sa police et de ses troupes à cheval « l'impasse syndicale ou corporative^ dans laquelle menaçaient de s'égarer un trop grand nombre de travailleurs ». « Le ministre, ajoutait ]\1. Guesde, avait rejeté dans le mouvement politique, c'est-à-dire dans la vraie voie socialiste, le parti ouvrier tout entier, « désormais convaincu qu'en dehors du gouvernement conquis par la classe ouvrière, il n'y a pas de salut, pas d'émancipation du travail. »
Le revirement des marxistes venait de leurs succès électoraux croissants. Depuis que leur parti était constitué, ils n'avaient jamais répudié l'action électorale, mais, comme on a pu le voir par la citation que nous avons faite plus haut de M. Lafargue, ils la subordonnaient à l'action révolutionnaire. Et c'est cette tactique qui avait amené la scission de Saint-Étienne. Mais, depuis 1882, ils avaient fait des progrès dans les corps élus, et se proposaient pour but immédiat la conquête des municipalités et des sièges de députés. Aux élections de mai 1892, le parti ouvrier guesdiste, autrefois devancé par les possibilistes au
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Conseil municipal de Paris, prenait sa revanche en province: il recueillait, assurait-il, 160.000 voix et remportait dans 29 hôtels de ville, parmi lesquels Roubaix et Montluçon. Les socialistes de diverses nuances avaient, dès 1889, forcé l'entrée de la Chambre des députés ; ils avaient profité habilement du boulangisme, les uns alliés au général Boulanger, les autres à ses adversaires. Une douzaine entrèrentà la Chambre, sept d'entre eux formèrent une fraction socialiste à la Chambre des députés, qui nomma M. Guesde — qui n'avait pas été élu — son secrétaire. Enfin, en 1898, — grâce à l'Union socialiste, — une trentaine de députés furent nommés, qui, alliés aux radicaux socialistes, formèrent un parti de soixante membres. Les guesdistes à eux seuls s'attribuaient, non sans exagération, 246.000 suffrages dansSi départements. Ils deviennent dès lors les opportunistes du socialisme, s'orientent vers la conquête légale de la majorité électorale, et s'attachent dans leurs programmes à la défense de la petite propriété paysanne. Ils se présentent comme les défenseurs des paysans, des employés, tout en maintenant le principe collectiviste. Ils se trouvent par là en conflit avec les ouvriers et les syndicats imbus de l'esprit insurrectionnel parisien. Pour ces derniers, moins favorisés par les élections, et d'ailleurs maîtres de leurs députés, qui ne sont que des syndiqués pourvus d'un mandat impératif, — les guesdistes sont des politiciens suspects, des régents, envers lesquels ils ont des défiances trop ustifices par toute l'histoire du siècle. C'est de
cet étal de choses qu'est née la scission du Congrès de Nantes en 1894.
En février 1892, s'était fondée, à un Congrès de Saint-Etienne, une fédération des- Bourses du travail organisées dans onze villes, et qui comprenaient 5oo syndicats. Un second Congrès avait lieu en 1898 à Toulouse, où le Comité fédéral des Bourses du travail proposait de convoquer un Congrès national de toutes les Chambres syndicales et groupes corporatifs de France. Au Congrès national de Paris, juillet 1898, au lendemain de la fermeture de la Bourse du travail de Paris, on avait décidé d'envoyer un questionnaire à tous les syndiqués sur la question de la grève générale. Enfin on proposait de ne tenir Tannée suivante, à Nantes, qu'un seul Congrès de la Fédération des Bourses du Travail, et de la Fédération nationale des Chambres sijndicales , malgré l'opposition du Comité de cette fédération, due à des causes « qu'on ne voulait pas rechercher ». Mais ne fallait-il pas à tout prix faire l'Union de tous les svndiqués?
" Les guesdistes protestèrent énergiquement contre cette prétention de ne réunir qu'un seul Congrès corporatif. Nous avons constaté combien ils étaient peu favorables aux Bourses du travail, qui, dit M. Guesde, h ont grisé les ouvriers )>. A Roubaix, la ville sainte de M. Guesde, on n'a pas organisé de Bourse du travail, bien qu'elle figure au programme municipal, parce que « le besoin ne s'en faisait pas sentir », eu égard au o-enre spécial d'industrie. Les Bourses du tracail,
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disait une circulaire signée par M. Lavigne, de Bordeaux, comme les bibliothèques, les maisons du peuple, etc., ont été créées pour les besoins des syndicats ; elles ne doivent pas les subordonner, les amoindrir. Simple instrument pour le service des syndicats, la Fédération des Bourses prétend se substituer à la Fédération nationale, qui a un si glorieux passé, qui a organisé le Congrès international de Paris en 1889, décidé le 1*"^ Mai. « C'est raideî » Sous prétexte de fusion et d'union amicale, on veut l'effacement de la province devant Paris, siège de la Fédération des Bourses. La tradition des Congrès corporatifs, leurs précédents statuts sont violés *. Bref, les guesdistes s'opposaient à ce que les syndicats fussent consultés sur l'opportunité d'un seul Congrès^.
Ils eurent le dessous. La majorité des syndicats se déclara pour un seul Congrès des deux Fédérations : la question de la grève yéné/ale figurait à Tordre du jour.
Les guesdistes tinrent leur Congrès politique à Nantes le i5 septembre, huit jours avant le Congrès corporatif, et condamnèrent, à une grande majorité, le principe de la grève générale, qu'ils avaient voté à Lille en 1890, et au-dessous duquel ils avaient mis leur signature en juil-
1. Le Congrès national de la Fédération des Chambres syndicales, au Congrès de Marseille en 1892. avait choisi Nantes pour siège du Congrès de 1894.
2. Les broussistcs adressaient le même reproche aux guesdistes, lors de la convocation du Congrès international de Paris en 1S89.
LE MOUVEMENT SYNDICAL DEPUIS LA LOI DE 1884 28:j
lel 1893, dans le manifeste lancé au sujet de la fermeture de la Bourse du travail de Paris. Depuis qu'ils sont au Parlement, les guesdistes ne veulent plus entendre parler de grève générale. — En même temps, ils traitèrent à leur Congrès de Nantes la petite propriété rurale avec les plus grands ménagements, tandis que le Congrès du Havre (1880) s'était prononcé pour l'expropriation la plus rapide.
Au contraire, au Congrès corporatif, les violents l'emportèrent sur les habiles, les syndicaux sur les politiciens, et votèrent en principe la grève gé7iéra!e par 63 voix contre 36, et 9 abstentions. A la séance suivante, après des scènes violentes, la minorité des syndicaux guesdistes se retira du Congrès. Il se fit une scission inverse de celle qui s'était opérée, l'année précédente, au Congrès international de Zurich, entre parlementaires et révolutionnaires.
Le mouvement corporatif socialiste, uni depuis la loi de 1884, au moins dans ses Congrès, malgré tant de tiraillements, se trouvait cette fois coupé en deux tronçons. En 1890, il y eut deux Congrès corporatifs séparés : le Congrès de la Fédération des Chambres syndicales (guesdiste), à Troyes, qui contenait la moitié environ des organisations représentées à Nantes, et le 7° Congrès national corporatif organisé par te Conseil national ouvrier à Limoges.
A ce dernier Congrès, les guesdistes comptaient encore quelques amis.
Depuis, la Fédération des chambres syndicales
n'a plus fait parler d'elle : elle n'a pas réuni en 1896 de Congrès spécial corporatif; les syndicats guesdistes se sont unis au groupe politique, au Congrès de Lille, à la fin de juillet, et à la veille du Congrès international de Londres.
C'est à Londres qu'a été portée la querelle entre les socialistes français, et on peut dire qu'elle a rempli presque tout le Congrès, au grand scandale de Trades Unionistes anglais. Cette querelle s'était agitée dans les précédents Congrès internationaux : au Congrès de Bruxelles, en août 1891, il Y aA^ait eu deux rapports distincts sur le mouvement socialiste en France : Tun émanant du parti ouvrier français (guesdiste) ; l'autre émanant du parti ouvrier socialiste révolutionnaire (allemaniste). Au Congrès international de Zurich, en 1898, les anarchistes avaient été exclus, mais la majorité marxiste prétendit faire de la reconnaissance de l'action politique la condition sine qua non de l'admission des syndicats aux futurs congrès internationaux. Cette question de savoir si l'action corporative devait être subordonnée à l'action politique ou inversement, revint plus aiguë au Congrès de Londres. Des politiciens dirigeants voulurent, dit M. Dalle, « créer une confusion entre les anarchistes et les syndicats qui refusaient teur adhésion à une école politique ». Des députés, M. Jaurès, ]\L Millerand, vinrent au Congrès sans mandat, pour mieux affirmer la priorité de l'action politique, et prétendirent expulser du Congrès les syndicaux régulièrement mandatés. Ils se trouvèrent en minorité et exigèrent
Lf: M0UVE:\IENT syndical depuis la loi de 18S4 2ST
une scission et un double vote pour la délégalion française. La nappe fut complètement déchirée entre les syndicaux et les politiciens exclusivement parlementaires, qui prétendent substituer la méthode d'évolution politique à celle d'évolution syndicale ou de révolution. Elle ne s'est pas solidement recousue depuis.
Résumons l'attitude actuelle des divers partis socialistes à l'égard du mouvement syndical. L'existence d'organisations absolument indépendantes et de tendances extrêmement hostiles a exercé sur le développement des syndicats une influence marquée.
Les guesdistes et les socialistes indépendants, leurs alliés, n'admettent comme tactique que la conquête du pouvoir dans les corps élus par l'action légale, le bulletin de vote. L'organisation syndicale, l'agitation économique, les grèves, les intérêts ouvriers passent pour eux au second plan.
Les guesdistes justifient leur tactique par la considération suivante : grâce au bulletin de vote, disent-ils, les ouvriers forment l'immense majorité contre les patrons, tandis que dans la grève, ils souffrent de leur infériorité économique. L'expropriation politique doit précéder l'expropriation économique.
Les allemanistes, qui ont passé de la théorie possibiliste au communisme révolutionnaire, c'est-à-dire à la première tactique des marxistes, ne se servent de l'agitation électorale que comme moyen de propagande; ils opposent au drapeau de la conquête des pouvoirs publics celui de la
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grève générale. C'est, au fond, une question de souveraineté, de direction, de subordination, quis'agite entre politiciens et syndicaux, entre socialistes bourgeois, « prolétaires intellectuels », comme ils disent, et socialistes ouvriers. Mais, alliés aux indépendants, les allemanistes se convertissent à Faction politique.
Les blanquistes résolvent la difficulté en séparant absolument l'armée socialiste en deux corps indépendants. Leur organisation du comité révolutionnaire central exclut, par principe, les syndicats. Il se défendent à l'égard des syndicats de toute prétention autoritaire. « Que les bataillons politiques et les bataillons économiques, disentils, suivent une marche parallèle indépendante. » Les blanquistes ne partagent pas la foi absolue des allemanistes dans la grève générale, mais ils s'en accommodent, comme d'un moyen de propagande révolutionnaire. Leurs amis dans le monde ouvrier font tous leurs efforts pour unifier l'action syndicale.
Les broussistes exercent peu d'influence sur le mouvement syndical. Les adversaires de INL Brousse lui reprochent d'avoir passé, enseignes déployées, dans le camp des autoritaires, des partisans du socialisme d'Etat, des adorateurs de l'action politique. Les broussistes, après avoir voté en 1892 la grève générale, en sont aujourd'hui les adversaires dans les Congrès corporatifs.
Depuis la loi promulguée contre eux, les anarchistes suivent la lactique des socialistes après la
LE MOUVEiMENÏ SYNDICAL DEPUIS LA LOI DE 1884 289
Commune : ils renoncent à Faction individuelle, à la « propagande par le fait », et se terrent dans les syndicats, s'y infiltrent u sans bruyances ni flafla » ^ Ils poursuivent, comme le recommandait Bakounine, l'éducation révolutionnaire des ouvriers syndiqués.
Enfin, les syndicaux sans couleur politique, dont quelques-uns très importants, tels que la Fédération du livre, qui ont une organisation analogue à celle des Trade Unions, sont encore représentés dans les Congrès socialistes, et s'attachent à y faire prévaloir, contre les théories révolutionnaires, les idées pratiques d'organisation syndicale et de réforme sociale. Les typographes forment l'élite intellectuelle de la classe ouvrière.
- Quant à la géographie, à la zone d'influences des sectes, les guesdistes exercent leur influence en province, dans le Nord, à Lille, à Roubaix, dans la région de Lyon, à Marseille, à Bordeaux. Les allemanistes ont leurs partisans à Paris, les broussistes dans certains quartiers parisiens et dans des vifles de l'Ouest, Blois, Châtellerault, Poitiers, Tours, que leur disputent les blanquistes, également influents dans le Cher.
Cette répartition tient soit à l'influence de certaines personnalités, à des tournées de conférences, soit à un état d'esprit qui résulte du genre de travail, soit à un tempérament inné. Les marxistes, dont les chefs sont des socialistes bour-