‹ L'évolution du système nerveuxChapitre 14 sur 50 · ARACHNIDES IO · texte numérisé non relu

ARACHNIDES IO

tions, la façon dont elles construisent leurs toiles ou leurs nids, etc., il en est certainement que l'instinct seul ne suffit pas à expliquer. On peut les apprivoiser, et il n'y a qu'à se rappeler Taraignée de Pélisson et celle de Christian II, de Danemark. Léon Dufour conserva six mois une tarentule d'Espagne, et l'animal était devenu si familier qu*il venait prendre une mouche entre ses doigts. Voraces, rusées et cruelles comme tous les animaux qui vivent de proie vivante, elles ne s'épargnent pas même entre elles, et, sauf quelques genres, comme les attides par exemple, elles se livrent des combats à mort quand elles se rencontrent; mais elles savent aussi, suivant les circonstances, modifier leur manière de faire, et suivant la nature de la proie dont elles veulent s emparer, elles choisissent très bien entre la hardiesse et la prudence. Rien de plus curieux que de suivre dans sa chasse aux mouches ou aux moustiques le saltique arlequin qui, dès les premiers jours de printemps, paraît sur nos murs et sur nos croisées. Il y a plus que de l'instinct dans les manœuvres que Taraignée exécute et dans le plan d'attaque qu'elle emploie pour arriver à saisir sa victime au moment propice. Il y a, dans la patience inépuisable et dans la ruse qu'elle apporte dans sa chasse et dans la rapidité avec laquelle elle bondit sur sa proie quand le moment est venu, quelque chose qui rappelle le tigre ; c'est le félin des invertébrés.

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