CHAPITRE XIV
— Suite —
Les centres nerveux des mammifères présentent suivant les ordres, des différences beaucoup plus grandes que celles que nous avons trouvées chez les oiseaux
Bbaunis, L'Evolution du système nerveux. 15
La mocUe èpinière (fig. 182 et 1 83) est cependant construite sur un plan a peu près uniforme chez tous les mammifères et chez l'homme. On y rencontre les deux renflements, cervical et lombaire, le cône médullaire et le fil terminal. Un sillon collatéral poslcrieifr, très marqué chez certaines espèces, comme le cheval, divise chaque moitié de la moelle en cordon postérieur et cordon anférolatéral (fig. 1 84).
Le bulbe racbidien (moelle allongée) est volumineux. Il présente, sur sa face antérieure (fig. 185), le sillon médian qui prolonge le sillon longitudinal antérieur de la moelle, et de chaque côté de ce sillon, les pyramides antérieures, qui s'entre-croisent à ce niveau (décnssaiion des pyramides) et plus en dehors, les olives, petites saillies ovoïdes en dedans desquelles émergent les racines du nerf hypoglosse (fig. 185, XII).
Chez les mammifères inférieurs, l'olive est très réduite et cachée dans la profondeur du bulbe (fig. 186 et 187) ; elle apparaît, mais très petite encore, chez les singes inférieurs (fig. 188). Chez les singes supérieurs et les cétacés, elle a à peu près le même volume que chez rhomme. Les pyramides antérieures sont aussi beaucoup plus petites chez les mammifères inférieurs. .
La face postérieure du bulbe (fig. 189) présente des parties qui ont été déjà décrites dans les pages précédentes et pour les détails desquelles je renvoie à la légende qui accompagne la figure.
Il en est de même de la face latérale du bulbe réprésentée dans la figure 1 90.
Le cervelet comprend le lobe médian ou vermis et deux lobes latéraux ou bémisphères. Chez les mammi-
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fères inférieurs, comme les marsupiaux par exemple (fig. 191), le lobe médian est plus développé que les lobes latéraux ; il en est de même chez les édentés, les chauves-souris, quoique ces lobes latéraux soient déjà un peu plus volumineux; ils augmentent encore plus chez les rongeurs (fig. 192) ; cl^^çç^olipèdes, les ruminants, les carnivores, ils deviennent plus volumineux que le vermis et acquièrent leur maximum de volume chez les cétacés, l'éléphant, les singes supérieurs et surtout chez l'homme.
Les figures 195 et 194 représentent les deux faces du cervelet humain, et Ja légende explicative qui les accompagne donne les divers détails de structure que Ion rencontre sur ces deux faces. A part même le plus ou moins de développement des hémisphères et des lamelles qui composent le cervelet, on rencontre chez certaines espèces des caractères qui le différencient. C'est ainsi que chez les mammifères inférieurs, au floccitltis ou lobule du pneumogastrique (F/, fig. 193), s'ajoute souvent un lobule accessoire, lobttîe auriculaire, qui se loge dans une fossette du rocher circonscrite par le canaldemicirculaire supérieur; très développé chez les marsupiaux {fig. 191), les rongeurs (fig. 192), les carnassiers et chez Fateles, il est très réduit chez les singes de l'ancien continent et manque chez les éléphants, les primates et l'homme; on trouve cependant quelquefois chez ce dernier un petit flocculus accessoire qui en est probablement le représentant. Le flocculus est du reste lui-même très compliqué chez les carnassiers, les ruminants, les rongeurs et la plupart des pachydermes.
Les lamelles du cervelet sont quelquefois disposées,
VERTEBRES
."3~3 U Ul-O- Cï — ^ ^ -^^ ^ ^3 ^ "^ ^5 ^r^
Fxc. i8a. — y ut Mtéri4ur€ de la ModU ittk
Fia. 183. — f^ue postérieure de la f^^
^ ji & y. "
FiC. 184. — Section transversale de la moMe de l'homme ***
»/r« rabîaiion des raeitus nerveuses **.
* Les racines nerveuses sortent à travers la dure-mere.
Entre la dure-mère et la moelle se trouve le ligament dentela, Lrf ;
N^^a. deuxième nerf cervical ;
Ndi, premier nerf dorsal ;
N/i, premier nerf lombaire;
Nsi, premi-r nerf sacré (Edtnger, d'après Henle). •* le, renflement cervical de la moelle, correspondant à l'origine des nerfs du membre supérieur ;
I/, renflemsnt lombaire correspondant à l'origine des nerfs du msmbre inférieur ;
Fw^, sillon médian longitudinal postérieur ; . .
F^, cordons postérieurs;
S»^, sillon postérieur intermédiaire ;
F^, cordon grêle;
Fc, cordon cunéiforme ;
F/, cordon latéral ;
O, cône terminal ;
F/, fil terminal (Edinger, d'après Henle) .
**• Région cervicale de la moelle (grossiss. lo) :
/, cordons postérieurs; ' u; subsUnce gélatineuse de la C3rns postérieure;
k^ racines postérieures ;
/, racines antérieures; . ""'
c, sillon médian postérieur ;
b, canal central de la moelle ; a, sillon médian antérieur; /-, cornes antérieures;
^, cornes postérieures ; •
c, cordon latéral (Stilling).
VERTEBRES I II
Tic, 183. -- Foc* antérieure du bulbe et partie moyenne de la bats ds t'eftcépbala * l à XII, nerfs crâniens (Huguenin).
MAMMIFERES
Il a
"" -ri
• a, cordon antéro-Utc'ral ; /, corps trap«20Îd«« (Hugu«nin). ** t, corpt trapézoide» ; o, olivt (Huguenin).
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comme* chez le chat, le cheval, etc., en lobules très ; r irréguliers s'enroulant dans tous les sens au Heu de ^s constituer des lamelles régulièrement feuilletées. [
Fio. 189. '— Face postériture du bulbe et de la protubérance *.
L'arbre de vie est très développé comme on peut le voir sur des coupes du cervelet (fig. 198, 1 1). Le ventricule cérébelleux, dont on trouve les derniers vestiges chez les oiseaux, n^existe- pas chez les mammifères et
* a, tubercules quadrijumeaux; b^ pédoncules ce'rébeltcux supérieurs; e^ ruban de Reil {lemniicust; <f, pédoncule cérébral ; /, pédoncule cérébelleux moyen ;^, cordons ^rftles ; b^ cordons cunéiformes : i, cordons antëro-latéraux ; A, valvule de Vieussens; /, racine superficielle du nerf acoustique; m, barbes du calamus; u, locus caeruieus^ o, noyau de l'acoustique; p, cordons ronds; 7, noyau de l'hypoglosse : r, noyau du pneumogastrique; s. noyau de l'acoustique (sa partie inférieure); {, saillie du coude du facial (Hugucninj.
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ths n'est représenté que par le petit espace triangulaire qui de se trouve à la jonction des deux moitiés de la face supé-
Fie. 190. — Fact latcra/e du bulbe ♦.
rieure du quatrième ventricule et qui est bien visible sur des coupes antéro-postérieures (fig. 1 98).
* a, pédoncule cérébral; bj protubérance annulaire; t, pédoncule cérébelleux supérieur ; <f, masse du pédoncule cérébelleux inférieur comprenant le cordon grêle, /, et le ccrdon cunéiforme avec le' corps restiforme, ^; t, olive; f\ pyramide antér>rure ;/m, cordons postérieurs dt la moelle ; *, cordon latéral ; /, tubercule de Rolando rHugucnini,
La protubérance annulaire ou pont de Parole, très peu développée chez les marsupiaux et les gionotrèmes, lest un peu plus chez les carnivores et les autres mammifères inférieurs. A sa face antérieure, chez ces espèces, les fibres superficielles manquent à sa partie inférieure (fig. 186 et 188), laissant a découvert les pyramides antérieures et les fibres transversales profondes ; celles-
Fic. 191. — Cervelet de kangiiroo ♦.
ci constituent ce qu'on appelle les corps trapé:{pîJes, /, situés au-dessus de lolive; les corps trapézoïdes manquent chez les espèces supérieures (fig. 187) ou plutôt sont masqués par la présence des fibres transversales superficielles.
Le cerveau moyen est constitué en haut par les tubercules quadrijuweaux, représentants des lobes optiques des vertébrés inférieurs, en bas par \ts pédoncules cérébraux. Mais pour bien comprendre sa conforrnation chez les mammifères il faut l'examiner sur une coupe transversale. On voit alors (fig. 195) qu'il se compose de trois parties ou étages superposés: un étage inférieur, a,
* ip, lobe mcdUin; ^, .lobes latéraux (I.eurct et Cratiolet).
** tt', lobe médian ; a, Ickes latéraux. Le cervekt est vu en arrière et d'en haut (Lcurct et Cratiolet).
* N, nodule; U, uvula oa luette; PV. pyramide dj vermi»; TV, tubercule du v^rmis; F/, floca$îui ou lobule du pneumogastrique; t^ amygdale; VM, valvule de Xairin ; LiJ» lobule inférieur et antérieur ; L^, lobule grêle ; Li'p, lobule inférieur et postérieur; a, corps restiforme; h, cordon grêle; c% plancher du 4e ventricule. Le cervelet est soulevé, éloigné du bu!be et récliné en haut et en avant (Hugueninj.
formé par les pédoncules cérébraux proprement dits; un étage moyen, b, ou calofte (Hanbe des auteurs alle-
mands) qui contient les pédoncules cérébelleux supérieurs, d, et un étage supérieur, c, formé par les tuber-
♦ SAw, grande scissure horizontale; Lip^ lobe Inférieur et postérieur; Ls^, lobe supérieur et postérieur; L, linj^ula ; Le, lobule central; Mv, éminencc du verrais supérieur; Fc^folium cacuminù ou lobule terminal; A/, aile du lobule central; Ls, lobule supérieur et antérieur (Huguenin).
MAMMIFERES 2}J
cules quadrijumeaux; c'est dans cet étage que se trouve Yaqjieduc de Sylvius. Qyand on examine des coupes semblables dans la série des mammifères, on voit peu à peu, à mesure qu'on s'élève dans la série, le volume de l'étage inférieur augmenter relativement au volume des deux autres étages; c'est qu'en effet le volume des pédoncules cérébraux est en rapport avec le volume même des hémisphères cérébraux dont ils représentent les conducteurs pour les impressions conscientes et les mouvements volontaires.
Fie. 195. "^ Coupe au travers de la région des tubercules quadrijumeaux postérieurs *.
Les tubercules quadrijumeaux (fig. 196) sont au nombre de quatre : deux antérieurs, deux postérieurs ; cependant cette division est à peine indiquée chez les monotrèmes qui se rapprochent à ce point de vue des oiseaux. D'une façon générale leur volume diminue relativement à celui du cerveau et spécialement à celui
* a, ét«jB^ inférieur ou pédoncule cérébral ; fr, étage moyen ou calotte^ contenant les pédoncules cérébelleux supérieurs, d; c, étage supérieur ou tubercules quadrijumeaux (d'après Hugueninj. La figure, un peu trop schématique, ne représente pas la forme réelle que les trois étages présentent sur une coupe.
des couches optiques à mesure qu'on s'élève dans la série, et leur grandeur, comme le dit Gratiolet, est un signe d'abaissement ; très petits chez l'homme; les pri-
Fic. 196. — Tubercules quadrijumeaux *. .
mates, l'éléphant, ils sont plus gros chez les ruminants et les carnivores et plus volumineux encore chez les marsupiaux et les rongeurs. Ils ne contiennent pas de
* a. ventricule moyen; b^ couches optiques; c, tubercules quadrijumeaux antérieurs; d, tubercules quadrijumeaux postérieurs; /, pédoncule cérébelleux supérieur; g^ pédoncule cérébral : b, Ummseus (ruban de Reil); >, quatrième ventricule; A. pédoncules cérébelleux inférieurs; /, pédoncule cérébelleux moyen; w, corps genouillé externe; 9, corps genouillé interne; ;/, couche optique; o, bras du tubercule quadrijumeau antérieur; p, bras du tubercule postérieur (Huguenin).
Fia. 197. — Bulbe^ protubérance et pédoncules cérêbrattXy vus par leur face inférieure *,
* a. chî«sma des nerfs optiques ; b, corps genouillé externe; e, couche optique; d^ corps genouillé interne; /, portion de la bandelette optique allant au corps genouillé interne; b^b^ pédoncules cérébraux; i\ pont de Varole; h,k^ pédoncule» cérébelleux moyens ; /, pyramides antérieures : m, olives ; n, cordons antéro-laté> raux de la moelle; o, infundibulum et tige pituitaire; p^ tubercules mamillaires; 9, substance perforée postérieure ; CS, corps strié (noyau intra*ventricula're ou caudé) ; L, noyau lenticulaire (extra*ventriculairej«
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cavité dans leur intérieur. Les tubercules quadrijumeaux antérieurs (nates), qui représentent plus spécialement les homologues des tubercules bijumeaux des vertébrés inférieurs, sont blancs chez l'homme et les singes, grisrougeâtre chez les autres mammifères; ils sont plus volumineux que les postérieurs, sauf chez les carnivores et quelques cétacés.
Les pédoncules cérébraux (fig. 197) constituent deux gros cordons, bien visibles à la face inférieure de l'encéphale ; ils vont obliquement du bord antérieur de la protubérance à la bandelette optique et là disparaissent pour s'enfoncer dans la profondeur du cerveau. En s'écnrtant, ils interceptent un espace triangulaire, espace interpédoucuîaire formé par une lamelle perforée de trous, substance perforée postérieure, q, et limitée en avant par deux corpuscules blancs, tuberailes tnamillaireSf p.
Le cerveau intermédiaire ou tbalamencépbale, comme on l'appelle aussi, se divise en deux portions, une supérieure, région tbalamique ou de 'la coucbe optique (tbalamus, couche optique), et une inférieure, région de Vinfundibulum. La cavité du cerveau intermédiaire constitue, comme on Ta vu, le troisième ventricute ou ventricule moyen. Cette région du cerveau est complètement masquée par les hémisphères cérébraux et recouverte, en outre, chez Thomme et les mammifères par des parties nouvelles qui n'existent pas chez les vertébrés inférieurs, et dont on peut se faire facilement une idée soit sur des coupes antéro-postérieures (fig. 198) soit sur des coupes transversales (fig. 199). Ces parties qu'il faut enlever successivement pour mettre à découvert