CŒLENTÉRÉS
S en assurer en jetant un coup d'œil sur les figures 26 27, 28 et 29. Les figures 26 et 27 représentent les types les plus simples, tels qu'on les rencontre chez les méduses craspédotes. Chez les acraspèdes l'œil est plus hautement différencié.
Les organes auditifs se présentent sous plusieurs types que je ne puis décrire ici mais dont les figures 28 et 29 pourront facilement donner une idée. Chez les polypes, les actinies, au contraire, on n'a pu jusqu'à présent constater d'une façon positive l'existence d'organes sensitifs particuliers, à l'exception des organes tactiles qui, chez tous ces êtres inférieurs, sont très multipliés et suppléent, par leur nombre et leur sensibilité, à l'absence de la vue et de l'ouïe. Cette sensibilité tactile est surtout très vive dans les organes urticants ou nématocystes (fig. 30) qui se rencontrent chez la plupart de ces animaux. L'existence d'organes olfactifs est encore douteuse, quoique des recherches récentes tendent à la rendre très vraisemblable.
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Fie. 30 «t 31. — NémMtocjrtiis *,
Le système nerveux des cténopbores, comme la beroé, la ceinture de l^énus, n'est pas encore complètement connu. 11 paraît constitué par un centre situé au pôle anal de l'animal, à la base de la vésicule otolithique, et
* Les nimatocjstes sont constitués par une capsule qui contient un liquide «kiir eC un filament enroulé en spirale. Ce filament est creux, en forme de tube grêle, armé de piquants fmset se projette au dehors au moindre contact en se retournant en doigt de gant (J. Haime).
d'où partiraient huit troncs nerveux se rendant aux huit côtes qui supportent les rangées des palettes natatoires. Mais l'existence de cellules ganglionnaires véritables n'a pu encore être constatée dans ce centre d'une façon certair j. La vésicule otolithique dont la situation et le développement peuvent être étudiés sur la figure ^2, paraît aussi être un organe de direction, déterminant le sens du mouvement plutôt qu'un organe auditif proprement dit. Il en est, du reste, peut-être de même des vésicules dites auditives des méduses.
Fio. 3a. ~ Deux stétdes du dèvdopptmemt d'urne cydippide^ U PUurokracbia rbododacfyU *.
L'activité physiologique de ces animaux est en rapport avec l'état rudimentaire de leur système nerveux. C'est surtout chez les hydres et les actinies que cette activité est réduite au minimum. Tout le monde connaît les célèbres expériences de Trembley, répétées avec succès par Rœsel et Laurent, etc., sur les premiers de ces animaux. On peut diviser un polype d'eau douce en plusieurs fragments et chaque fragment constitue bientôt
* On voit sur cette ligure, dans laquelle l'animal est vu du côté aboral, comment les otoUthes, oi^ situes d'abord en face des rangées de palettes natatoires. A, se portent ensuite au centre de la vésicule, B. Ces figures montrent bien le rapport de Torgane sensoriel avec les palettes natatoires. En <, tentacule. Il y en a deux aux deux côtés opposés de l'animal (Agassizj.
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un individu complet. Trembley a pu ainsi couper un polype en cinquante morceaux et produire ainsi cinquante polypes nouveaux. Cette étonnante faculté de régénération, qui ne se retrouve à ce degré chez aucun animal, est en rapport avec la dissémination du système nerveux. Il ne s'en passe pas moins, chez ces êtres inférieurs, des actions nerveuses assez compliquées. Ainsi les polypes reconnaissent la proie qui nage dans leur voisinage et la saisissent avec leurs tentacules; en touchant un coquillage, ils reconnaissent si l'animal contenu dans son intérieur peut servir ou non à leur nourriture. Ils accrochent leur proie avec un seul bras ou avec plusieurs, suivant son volume ou la résistance qu'elle oppose. Il peut arriver que deux hydres saisissent la même proie, un ver, par exemple, chacune par un bout; il arrive alors un moment où l'ayant engloutie chacune de leur côté, elles se trouvent bec à bec ; il y a alors un moment d'arrêt, comme une sorte d'hésitation ; puis Tune des deux se décide ; c'est ordinairement la plus grosse, d'autres fois la plus hardie, pourrait-on dire ; elle ouvre la bouche aussi large que possible et engouffre la proie avec l'autre hydre. Il est vrai que, comme ces animaux ne se digèrent pas entre eux, rhydre engloutie ne tarde pas à reparaître, vidée de tout ce qu'elle avait avalé elle-mcme, mais intacte. Chez les méduses, les expériences d'Eimer et de Romanes ont révélé des faits intéressants au point de vue de l'innervation et des mouvements. Eimer a vu que le bord de lombrelle se divise en huit zones contractiles indépendantes l'une de l'autre et qui, séparées de ranimai, peuvent encore exécuter des contractions
rythmiques ; c'est de ces zones, véritables centres locomoteurs, que partent les contractions qui se propagent ensuite à Tombrelle tout entière pour permettre ces alternatives de renflement et d'aplatissement que présente l'ombrelle quand lanimal est en mouvement. Les» centres des mouvements sont situés aux corpuscules marginaux ou autour de ces corpuscules. Après l'ablation complète du rebord de l'ombrelle et de ces corpuscules, tous les mouvements spontanés s'arrêtent; cependant, d'après Romanes, il serait encore possible de déterminer une contraction par l'excitation d'un point quelconque et même de produire, par une série d'excitations successives, de véritables mouvements d'ensemble et de progression.
Des phénomènes d'action réflexe se produisent d'une façon évidente chez les méduses. Quand, chez une Aurélia on excite le pédicule stomacal, on produit des contractions de l'ombrelle, contractions qui partent du bord maginal. Sur la Sarsia, l'excitation d'un tentacule amène des contractions des autres tentacules, du pédicule stomacal et de l'ombrelle ; quand on a sectionné le rebord de l'ombrelle, les contractions réflexes des tentacules ne se font plus. La chaleur, un éclairage subit agissent comme excitants sur les mouvements; un obscurcissement soudain, au contraire, arrête le mouvement commencé.
On voit donc que, quelque rudimentaire que soit le système nerveux des méduses, il offre cependant déjà une certainecomplexité de fonctionnement correspondant à la concentration commençante du système nerveux et à la présence de centres distincts sensitifs et moteurs.